samedi, 17 novembre 2018
 

Il faut abolir les flagellations de femmes au Soudan

Le 7 septembre 2009, Lubna Hussein, une journaliste soudanaise, a été condamnée à un mois d’emprisonnement ou une amende de 500 livres soudanaises (environ 150 euros) pour le port d’un pantalon. Lubna Hussein a interjeté appel. Un an plus tard, la Cour constitutionnelle ne s’est toujours pas prononcée sur cette affaire.

Lubna Hussein a été arrêtée le 13 juillet 2009 dans un restaurant de la capitale soudanaise, Khartoum. Elle et 12 autres femmes ont été inculpées de port d’un vêtement « indécent ou immoral » au titre de l’article 152 du Code pénal de 1991. Lubna Hussein a bravé les règles de l’ordre public, aux termes desquelles femmes et hommes sont passibles de peines pour leur habillement et leur comportement en public, elle s’est joint les services d’un avocat et elle a porté l’affaire devant un tribunal de droit commun.

À la suite du jugement du 7 septembre 2009, elle a refusé de payer l’amende. Elle a été emmenée à la prison pour femmes d’Omdurman, d’où elle a été libérée après que l’Association des journalistes a payé son amende malgré ses protestations. À sa remise en liberté, Lubna Hussein a annoncé qu’elle continuerait à s’opposer à la décision du tribunal et à dénoncer la flagellation des femmes au Soudan.

Un an a passé, très exactement. Toutes les étapes de la procédure d’appel ont été franchies, mais la Cour constitutionnelle ne s’est toujours pas prononcée sur le cas de Lubna Hussein.

Le fait de porter un vêtement indécent ou immoral ou de se comporter de manière indécente ou immorale en public est passible d’une peine pouvant aller jusqu’à 40 coups de fouet, et/ou à une amende. Or, en novembre 2009 une jeune fille âgée de 16 ans a été condamnée à 50 coups de fouet. Ce jugement a été prononcé par le juge d’un tribunal de l’ordre public immédiatement après l’arrestation de l’adolescente, dans une rue de Khartoum, pour le port d’une jupe lui arrivant aux genoux.

Dix des femmes arrêtées en même temps que Lubna Hussein dans le restaurant ont été condamnées à 10 coups de fouet et à une amende de 250 livres soudanaises. Lubna Hussein a été parmi les premières à se prononcer contre la pratique de la flagellation au Soudan et à dénoncer l’article 152 du Code pénal de 1991.

À la connaissance d’Amnesty International, des milliers de personnes, essentiellement des femmes et des jeunes filles, sont arrêtées à Khartoum tous les ans parce qu’elles portent un vêtement considéré arbitrairement comme « indécent ». La plupart d’entre elles se taisent cependant, traumatisées par leur arrestation et leur sentence ou craignant d’être montrées du doigt si on venait à apprendre qu’elles ont été arrêtées.

La majorité sont condamnées à la flagellation par des tribunaux de l’ordre public, n’ont pas le droit de consulter un avocat et reçoivent les coups de fouet dans les heures qui suivent.

PASSEZ À L’ACTION !

Signez la pétition qui demande aux autorités soudanaises :

d’abroger le régime de l’ordre public et notamment les lois relatives à l’ordre public et l’article 152 du Code pénal de 1991, dont la formulation est vague et discriminatoire dans la pratique et qui sont contraires aux obligations du Soudan en matière de droits humains ;

de respecter les engagements du Soudan vis-à-vis du droit international relatif aux droits humains, notamment l’article 7 du Pacte international relatif aux droits civils et politique et l’article 5 de la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples ;

d’abolir la peine de flagellation pour les atteintes à l’ordre public, car il s’agit d’une peine cruelle, inhumaine et dégradante.

Pour signer la pétition : http://www.amnesty.org/fr/appeals-f...

 
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