jeudi, 15 novembre 2018
 

SOUDAN-SOUDAN DU SUD : Détérioration alarmante des conditions humanitaires

NAIROBI - Les organisations d’aide humanitaire doivent maintenant se préparer à faire face à une dans les États soudanais du Sud-Kordofan et du Nil bleu. Le conflit persistant qui oppose les Forces armées soudanaises (FAS) et l’Armée populaire de libération du Soudan (SPLA-branche Nord) a en effet entraîné le déplacement massif de civils vers les États sud-soudanais d’Unity et du Nil supérieur et vers l’Éthiopie voisine.

Depuis le début du mois de juillet 2011, quelque 20 000 réfugiés ont fui le Sud-Kordofan et 30 000 autres ont quitté le Nil bleu pour se rendre au Soudan du Sud, a dit à IRIN Mireille Girard, représentante du Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) au Soudan du Sud. Leur départ a été précédé par le retour spontané au pays de 12 000 Sud-Soudanais qui habitaient le Nil bleu à la suite d’une éruption de violence dans cet État.

Selon un bulletin du Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA), environ 36 000 réfugiés soudanais auraient quitté le Nil bleu pour l’Éthiopie depuis le mois de septembre. La reprise par les FAS des villes de Kurmuk et de Geissan, situées dans cet État, aurait entraîné une augmentation du nombre de réfugiés traversant en Éthiopie au début du mois de novembre.

« Étant donné le refus répété d’autoriser l’accès [humanitaire] aux États du Sud-Kordofan et du Nil bleu, nous devons nous préparer à assister à une détérioration des conditions de vie des habitants, et notamment à une hausse de la malnutrition et de l’insécurité alimentaire et aux conséquences de la présence de munitions non explosées et de mines », a dit Valerie Amos, sous-secrétaire générale des Nations Unies pour les affaires humanitaires et coordonnatrice des secours d’urgence, dans un communiqué publié le 6 décembre.

Des combats qui « font rage »

Dans l’État d’Unity, les réfugiés se sont surtout installés à Yida, dans le comté de Pariang, à la frontière du Sud-Kordofan.

Le camp de réfugiés de Yida est aussi situé à proximité de Jaw, où les combats entre les FAS et le SPLA-N font rage, a dit Mme Girard, ajoutant que « la situation à Yida demeurait complexe avec l’intensification des combats à Jaw ».

« Au cours des dernières semaines, les évacuations répétées ont provoqué des interruptions temporaires de l’aide et la réduction des effectifs dans le camp », a-t-elle dit. « Il est tout à fait possible que d’autres bombardements aériens aient lieu ou que les combats au sol affectent Yida ».

Entre 60 et 110 personnes arrivent chaque jour du Sud-Kordofan. En raison de l’insécurité ambiante toutefois, les réfugiés ont été priés de s’éloigner de la frontière et de se diriger là où les services essentiels sont fournis. Dans l’État du Nil supérieur, les réfugiés ont afflué à un rythme de 650 par jour au cours des deux dernières semaines, selon le HCR.

Les mines qui ont récemment été posées dans le comté de Pariang, dans l’État d’Unity, et les anciens champs de mines du comté de Maban, dans l’État du Nil supérieur, limitent les déplacements des réfugiés.

Outre l’afflux de réfugiés dans les zones frontalières isolées, les récents bombardements qui ont eu lieu près de New Guffa et de Yida, qui sont des points d’entrée dans les États d’Unity et du Nil supérieur, ont aggravé l’insécurité.

« Nous prévoyons relocaliser les réfugiés dès que les conditions le permettront », a indiqué Mme Girard.

Les défis de l’accès

En dépit des difficultés d’accès aux populations vulnérables, une réponse coordonnée à l’afflux de réfugiés a été mise en ouvre. Des denrées alimentaires, de l’eau, des soins de santé et des fournitures de secours sont distribués aux réfugiés et leur protection est assurée, a ajouté Mme Girard.

« L’empressement du gouvernement du Soudan du Sud à offrir de l’aide aux nouveaux arrivants et la rapidité de la réponse humanitaire a permis, jusqu’à présent, de prévenir une éventuelle crise humanitaire »

Davantage de ressources sont toutefois nécessaires pour mettre en ouvre une réponse à long terme. « Pour accueillir tous ces nouveaux arrivants, il faut mettre en place des camps de réfugiés à divers endroits », a dit Mme Girard. « Le conflit ne risque pas de prendre fin rapidement et le manque d’infrastructures dans ce nouveau pays rend toute réponse humanitaire très coûteuse ».

Selon Mme Amos, la coordonnatrice des secours d’urgence, « les affrontements au Sud-Kordofan et au Nil bleu doivent cesser. Au cours des derniers jours, nous avons reçu des rapports inquiétants faisant état de bombardements aériens et de tirs d’artillerie qui ont mis en danger la vie de milliers de personnes sur la frontière entre le Soudan et le Soudan du Sud. En attendant la fin des combats, tout doit être fait pour assurer la protection des civils pris dans les zones de conflit ».

Source : http://www.irinnews.org

 
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