jeudi, 22 juin 2017
 

La CEDEAO doit refuser son annexion par l’Union Européenne en bloquant l’APE !

La 49e session ordinaire de la conférence des Chefs d’Etat et de gouvernement de la Cedeao s’ouvre le 04 juin à Dakar. Il sera aussi question du mémorandum sur l’état d’avancement des négociations de l’Accord pour le Partenariat Economique (APE) entre l’Afrique de l’Ouest (AO) et l’Union Européenne (UE).

La Coalition Nationale NON AUX APE dit « STOP ! ». Au moment où en Europe énormément de voix s’élèvent contre TAFTA en le qualifiant de traité d’annexion économique des nations européennes par les Etats-Unis, il ne peut être question de passer de la Françafric à l’EurAfric qui est l’impérialisme collectif des 28 pays européen sur les 16 pays de l’Afrique de l’Ouest. Ce serait un recul tragique si les peuples devaient passer de l’Afrique Occidentale Française (AOF) à l’Afrique Occidentale Européenne.

L’APE va causer pour le Sénégal des pertes de 75 milliards de francs CFA au moins par an dès la première année et 240 milliards de francs CFA au moins par an à partir de la 20e année. Accorder cet APE à l’EurAfric c’est condamner les peuples de l’Afrique de l’Ouest à demeurer dans le chômage endémique, la pauvreté, les crises migratoire et environnementale, les insécurités, les mortalités infanto maternelles…

Les importations alimentaires de l’Afrique de l’Ouest ont augmenté de 300% ces 10 dernières années. Avec l’APE c’est 99,9% des céréales, à l’exception de certaines qualités de riz, qui vont être libéralisées. En réduisant de plus de 1301 milliards de francs CFA par an les recettes douanières de l’Afrique de l’Ouest, l’APE réduirait d’autant les budgets consacrés à l’éducation, à la santé, à la défense…

Il y a moins d’un an, le premier ministre sénégalais disait : « nos performances en matière d’échanges interafricain sont encore très peu. Les chiffres qui l’illustrent sont à la fois éloquents et cruels. Alors que le volume des échanges inter-asiatiques et intra-européens tourne respectivement autour de 52% et de 72%, celui des échanges interafricains peine à franchir le seuil de 12%. ». Comment dans ces conditions les chefs d’Etat de l’Afrique de l’Ouest, à l’exception du Nigéria et de la Gambie, peuvent-ils signer l’APE ? Comment le Sénégal qui n’a pas 75 milliards de FCFA pour transformer les 6.000 abris provisoires en salles de classes en dur, qui cherche 16 milliards de FCFA pour réhabiliter les digues du barrage de Diama, qui n’a pas suffisamment d’argent pour satisfaire ses accords « réalistes et réalisables » avec les enseignants, qui fait face à une facture laitière annuelle de 60 milliards de francs CFA et à une facture céréalière de 400 milliards de francs CFA, qui a un gap de financement des PME de 500 milliards…peut-il signer l’APE ?

 
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