mardi, 24 octobre 2017
 

ALERTE A TOUS LES PATRIOTE BENINOIS

Non au sabotage De la construction de notre ligne ferroviaire Bénin- Niger- Burkina- Abidjan

Non à l’humiliation continue de notre Patrie par l’Entreprise française Bolloré ! Peuples et travailleurs du Bénin !

Le Journal « La Nation » dans sa livraison du 17 Mars 2015 annonce à la « Une », « Réhabilitation du chemin de fer, les travaux ferroviaires démarrent jeudi prochain ». C’est dire que le jeudi 19 Mars 2015 démarre selon le journal, le « lancement de reconstruction des rails de ligne ferroviaire Cotonou-Parakou » sur une distance de 435 km. Et le journal d’entonner des chants de gloire tels « Ces travaux devront générer de milliers d’emplois directs et indirects, notamment dans les zones traversées par les rails. Pour le lancement des travaux, le groupe Bolloré a mis les petits plats dans les grands, avec l’envoi au Bénin de quatre wagons de 56 places assises chacun » Au-delà de ces apparences et accents enthousiastes, un grand crime se trame en ce moment par le groupe Bolloré à l’encontre des peuples du Bénin, du Niger, du Burkina-Faso et de la Côte –d’Ivoire.

De quoi s’agit-il ?

Il ya environ quatre ans, les Chefs d’Etat, Hautes Autorités des quatre Etats que sont le Bénin, le Burkina-Faso, le Niger et la Côte d’Ivoire se sont réunies pour décider dans le cadre de l’intégration régionale des quatre pays, la construction d’une boucle ferroviaire moderne reliant Cotonou –Niamey- Ouaga- Abidjan, longue de 2950 km environ avec raccordement au Togo soit une distance de plus de 3000 km au total. Il faut entendre par boucle ferroviaire moderne une ligne de chemin de fer aux normes standard UIC–avec écartement standard des rails, c’est-à-dire de 1.435 mm. L’écartement des rails est la distance séparant le flanc interne des deux files de rails d’une voie ferrée. L’écartement standard de 1.435 mm (soit 4 pieds 8 pouces et demi), définit la voie « normale », - tel qu’il existe dans la plupart des pays sur la planète ; en effet c’est le plus utilisé à travers le monde (60 % des lignes) ; au contraire d’autres écartements non standard comme la ligne métrique datant du dix-neuvième siècle et que les colons français ont imposé à nos colonies en Afrique. Avec la ligne métrique- ou voie étriquée- comme ce que nous avons en ce moment, on n’aura pas facilement de locomotive ni de wagon moderne pour circuler. La vitesse des trains sera très limitée au risque d’accidents ferroviaires.

Belle ambition d’intégration et de développement collectif des peuples de la sous-région ! On ne peut que la saluer. Précisons que sur ces 2950 km, ou plus de 3000 km en incluant le Togo, il existe déjà le système RAN (Réseau Abidjan- Niger) qui s’arrête à Ouagadougou et le système OCBN entre le Bénin et le Niger qui s’est arrêté depuis les années 1930 à Parakou. Le schéma retenu sera de reconstruire les voies existantes et de construire les distances non encore couvertes au système moderne comme dit plus haut. Les Chefs d’Etat ont mis sur pied un Comité de pilotage à présidence tournante annuelle chargé de l’étude et de la réalisation de cet ambitieux projet. C’est-à-dire que chaque Etat assurera la direction de ce Comité pendant un an. A la fin des quatre le projet sera terminé. Un Secrétariat a été installé.

Pour l’étude des travaux, la Banque Islamique de Développement (BID) a offert un crédit de deux milliards.

Les premières études ont été réalisées par un consortium tchèque qui a retenu une boucle moderne avec construction de rail à écartement standard et non métrique, construction de ponts et autres ballasts, de balises et autres signaux d’électrification et de sécurité modernes, sans oublier les gares modernes.

Par la suite un groupe français du nom de SOFRECO a fait les mêmes études et a conclu aux mêmes résultats.

Toutes ces études étant terminées, des bailleurs de fonds se présentent pour le financement dont les Chinois. Les Nigérians qui sont en train de rénover leur système ferroviaire sur le système moderne avec même un projet de TGV reliant Lagos à Abidjan se sont mis de la partie pour apporter leur appui. Venue ici pour exposer leur projet, la délégation nigériane n’a pas été reçue par le Chef de l’Etat.

On était en novembre 2013. Lorsqu’intervient en ce moment le groupe Bolloré. Avec toutes les pressions et relents colonialistes dont on la sait capable, elle balaie du revers de la main toutes ces études réalisées et fait imposer un mémorandum « d’entente » signé à Cotonou le 07 Novembre 2013 par lequel les Chefs d’Etat des quatre Etats lui confient le soin de construire la boucle ferroviaire. Ceci au grand désarroi d’autres accords antérieurs (tel avec le groupe de Dossou Aworet Samuel ; au grand désarroi de l’équipe des Experts, hauts Cadres et Techniciens béninois, comme de tous les Experts des autres Etats concernés. Car l’on sait que le groupe Bolloré n’est pas un groupe Constructeur mais d’Exploitation.

Au lieu d’une Voie moderne, Bolloré retient des rails de 1910 à écartement métrique. Allez regarder ce qu’ils ont commencé à Niamey qui serait le prolongement de notre ligne Cotonou-Niamey pour comprendre la portée du complot en cours contre nos pays. A grands renforts de publicité, on nous a présenté la réfection de la gare réalisé à coup de centaines de millions de francs CFA alors que le coût réel ne peut dépasser quelques dizaines de millions de CFA. Au lieu d’une voie pour une durée de 200 ans environ, Bolloré veut nous imposer une ligne vieille, non compétitive pouvant poser d’énormes problèmes d’incompatibilités avec le réseau ferroviaire du Nigeria et nécessitant des réfections tous les cinq ans avec des surcoûts artificiels que l’on peut imaginer et ceci au profit de qui l’on sait.

Patriotes béninois, le Groupe Bolloré à l’heure où nous parlons ne dispose d’aucun Cahier de charges signé en bonne et due forme permettant la réalisation de ces travaux.

Il s’agit d’un Complot de destruction de notre pays comme des Pays de la sous-région par le Groupe Bolloré. Il s’agit d’une humiliation que l’on veut faire subir à nos peuples. Le développement (notamment ferroviaire) de nos pays est plombé pour des années. C’est extrêmement grave ! On ne peut se taire devant un tel crime. Le silence actuel des Chefs d’Etat des quatre Etats concernés ne peut être interprété que comme une complicité coupable que ne leur pardonneront jamais leurs peuples. C’est proprement inacceptable si l’on sait que les rails constituent un grand outil de développement. Car il n’y a pas de pays développé sans voie ferrée moderne.

En tous cas le peuple béninois n’acceptera jamais un tel forfait. C’est pourquoi la Convention Patriotique des Forces de Gauche en appelle à tous les Patriotes béninois, aux organisations de Jeunes, de Travailleurs, de Femmes, de Dignitaires et Rois de ce pays, à tous les Amis du Bénin, à tous ceux qui aiment véritablement cette terre béninoise et veut la voir monter dans les rangs de pays développé à dire non à ce crime.

Elle vous appelle à
-  Exiger l’arrêt de la construction de la voie ferrée métrique par le groupe Bolloré ;
-  Exiger que soit construite une voie ferrée moderne à écartement normal avec reconstruction des ponts, des ballasts et système de sécurisation conformément aux études réalisées à cet effet.
-  Exiger la publication de tout Contrat avec cahier de charges concernant cette boucle ferroviaire.
-  Vous opposer par tous les moyens à cette forfaiture.

Cotonou le 18 Mars 2015

CONVENTION PATRIOTIQUE DES FORCES DE GAUCHE (CPFG)

PCB, CDP, PSD-Bélier, CSTB, FESYNTRA-Finances, UNSEB, UNAPEEB, ANADEC, ODHP, CCUMAB, CPCM, MFLPP

 
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