lundi, 21 août 2017
 

INSURRECTION POPULAIRE ET TRANSITION AU BURKINA FASO : QUELS CHANGEMENTS ?

La Fondation Gabriel Péri organise cette conférence,

Mardi 31 mars 2015 à 18h00 Espace Oscar Niemeyer, salle des Conférences (1er sous-sol) 2, place du Colonel Fabien (entrée 6 av. Mathurin Moreau) 75019 Paris Métro Colonel Fabien (ligne 2)

Entrée sur inscription. Pour s’inscrire cliquer sur le lien : inscription@gabrielperi.fr

avec :

Newton Ahmed Barry, Rédacteur en chef du bimestriel L’Evénement

Nacanabo Sagado, secrétaire exécutif adjoint du Réseau national de lutte anti-corruption (REN-LAC) Laurent Bigot, consultant indépendant, fondateur du cabinet Odysée au Maroc

Albert Bourgi, professeur des universités en droit public

Discutants :

- Dragoss Ouedraogo, MBDHP Section de France ;

- Makaila Nguebla, blogueur, militant des droits de l’Homme, Média citoyen en exil, http://makaila.over-blog.com/

Présentation :

Les 30 et 31 octobre 2014, le peuple burkinabè dans ses différentes composantes (travailleurs des villes et des campagnes, couches populaires urbaines du secteur informel, femmes, élèves et étudiants, etc.) et la jeunesse dans un vaste et profond mouvement insurrectionnel ont chassé l’autocrate Blaise Compaoré du pouvoir. Ils ont mis ainsi un terme à 27 ans de pouvoir oppressif de la IVe République. Cette insurrection populaire est le témoignage vivant de la prise de conscience politique des populations, de leur combativité, de leur esprit de sacrifice dans les luttes populaires pour la démocratie, les libertés et le progrès social. Cette détermination puise ses sources dans le processus des luttes organisées depuis l’élan et la forte impulsion des mobilisations massives suite à l’assassinat du journaliste Norbert Zongo le 13 décembre 1998. De façon régulière et en des périodes de crise majeure et de tournant dans la vie politique du pays, le peuple et la jeunesse à l’appel des organisations démocratiques de la société civile se sont toujours mobilisés à travers des mouvements sociaux radicaux contre le régime de Blaise Compaoré.

Ce régime s’est illustré par une gestion violente du pouvoir à travers de nombreux crimes de sang (assassinats en toute impunité de citoyens et citoyennes, disparitions forcées d’opposants) et de crimes économiques (trafics en tous genres notamment d’armes et de minerais, accaparement de secteurs essentiels de l’économie nationale pour son clan et ses alliés, corruption à une large échelle).

Sur le plan international, Blaise Compaoré a été au centre des conflits armés qui ont ensanglanté des pays comme le Liberia, la Sierra Leone, la Côte-d’Ivoire, le Mali, tout en se positionnant par ailleurs comme le médiateur faiseur de paix sur le continent africain. Il s’est rendu ainsi incontournable conférant au Burkina Faso une position clé dans le dispositif géostratégique des puissances occidentales (Etats-Unis, France, Union européenne) en Afrique de l’Ouest.

Les luttes contre ce régime autoritaire ont incorporé les couches profondes de la société, confrontées à la précarité, à la misère (problèmes de la faim, de l’éducation, de santé, de logements, etc.). A ce triste tableau, il faut ajouter le verrouillage systématique de la vie politique et la remise en cause permanente des libertés démocratiques. D’où la détermination et la vitalité de ce soulèvement populaire qui a renversé Blaise Compaoré contrariant ainsi son ambition de rester à vie à la tête de l’Etat en tripatouillant la Constitution. Malgré le rejet massif de l’opinion, Blaise Compaoré avec son aréopage de serviteurs zélés agglutinés au sein de son parti le CDP et d’autres partis politiques, a convoqué l’Assemblée nationale à une session extraordinaire le jeudi 30 octobre en vue de modifier l’article 37 de la Constitution de limitation du mandat présidentiel. Cette forfaiture de trop lui aura été fatale puisqu’elle a servi de déclencheur à l’insurrection populaire qui mit fin au régime du clan Compaoré.

La colère populaire s’est transformée eu une insurrection décisive pour en finir avec l’ère Compaoré, la mal gouvernance, l’impunité des crimes, la corruption généralisée, la gestion mafieuses des ressources économiques du pays.

Mais dès la fuite organisée du dictateur avec l’aide de la France et du Régiment de Sécurité Présidentiel, un coup d’Etat militaire a été opéré pour étouffer le soulèvement populaire et son approfondissement. Face au refus du peuple de se voir à nouveau confisquer sa victoire par un régime militaire, les militaires avec à leur tête le lieutenant-colonel Zida par ailleurs N°2 du Régiment de Sécurité Présidentiel tristement célèbre, ont dû composer avec l’idée d’installer un Gouvernement de transition chargé de préparer des élections présidentielles et législatives en octobre 2015. Les organes de transition sont instaurés mais doivent faire face à l’esprit de lutte plus que jamais présent au sein du peuple, et des grandes organisations démocratiques de la société civile qui entendent exercer la vigilance et affirmer les exigences des revendications économiques et sociales des travailleurs et de la jeunesse.

Cet évènement politique d’une grande portée historique est un moment important pour le peuple du Burkina Faso mais il l’est aussi pour d’autres peuples d’Afrique et d’ailleurs qui y voient un élan salvateur pour l’émancipation populaire ; c’est pourquoi, il s’avère important que des leçons soient tirées de cette insurrection populaire saluée et retenue comme un exemple dans de nombreux pays africains.

La conférence vise à susciter des débats et réflexions autour de cette expérience de luttes populaires, source d’espoir en Afrique où les peuples sont en quête d’alternative face aux régimes autoritaires et de prédation gouvernant aujourd’hui dans de nombreux pays. Ces luttes ont pour objectif de créer des espaces de liberté et de démocratie favorables à l’émergence et à la consolidation de progrès social en faveur des peuples. Cette conférence réunira plusieurs intervenants, des citoyens et citoyennes de divers horizons intéressés par l’analyse des enjeux actuels de cette expérience au Burkina Faso et sur le plan international.

 
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