mercredi, 21 août 2019
 

Côte d’Ivoire  : l’investiture… de la France

Alors que tous les charniers ne sont pas encore découverts en Côte d’Ivoire, Alassane Ouattara vient de dépenser plusieurs millions d’euros pour organiser son investiture à Yamoussoukro, la capitale politique du pays. Dans son discours il a confirmé la reconduction de Guillaume Soro comme Premier ministre et ministre de la Défense. Ancien Premier ministre de Gbagbo, Soro reste la pièce maîtresse du pouvoir en Côte d’Ivoire grâce à la mainmise sur les troupes armées du nord du pays, rebaptisées Forces républicaine de Côte d’Ivoire (FRCI), qui ont permis avec l’aide de la France, d’installer Ouattara au pouvoir.

Le nouveau président a aussi confirmé son intention de saisir la Cour pénale internationale pour les crimes de guerre et les crimes contre l’humanité qui ont été commis. À l’évidence, cette demande vise Gbagbo et sa garde rapprochée, mais elle est aussi une menace pour les seigneurs de guerre des FRCI, bien encombrants depuis qu’ils se sont partagé Abidjan en zones d’influence et tentent de reproduire ce qu’ils ont fait dans le nord du pays en s’enrichissant par le racket de la population et en contrôlant les activités économiques informelles. Enfin, Ouattara a indiqué sa demande d’un positionnement des troupes françaises dans le pays. Demande aussitôt acceptée par Sarkozy qui pour l’occasion avait fait le déplacement accompagné de philanthropes désintéressés (Bouygues, Bolloré ou Vilgrain).

Dans son discours au relent colonialiste au « camp de Port-Bouët, haut-lieu de la présence militaire française en Côte d’Ivoire  », Sarkozy a salué les militaires français sous les applaudissements de la communauté française, promettant de renouer les bonnes relations d’autrefois entre les deux pays.

Pendant les discours et les libations des fauteurs de guerre, la population ivoirienne traumatisée par les 3000 morts et les milliers de blessés, les viols et les pillages des soudards des camps Gbagbo et Ouattara, tente de survivre dans des conditions économiques et de sécurité déplorables.

Paul Martial

 
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