mardi, 21 novembre 2017
 

Côte d’Ivoire : DISCOURS DU CANDIDAT DU PCRCI AUX ELECTIONS PRESIDENTIELLES DE 2015

A

- Messieurs les présidents des partis politiques
- Messieurs les Secrétaires Généraux des partis politiques
- Messieurs les Secrétaires Généraux des syndicats
- Messieurs les responsables des ONG
- Mesdames et Messieurs les journalistes
- Chers amis du PCRCI
- Chers congressistes

A la suite du président du Comité d’organisation, le camarade Gnagnon yokoré, je vous salue et vous souhaite la bienvenue. Merci d’avoir répondu à notre invitation à la cérémonie de clôture du congrès d’investiture du candidat du PCRCI aux élections présidentielles de 2015. Merci, mille fois merci.

Mesdames et Messieurs

Mon intervention va se structurer en 3 points :

Premièrement, je situerai le contexte international dans lequel vont se dérouler les élections prochaines en Côte d’Ivoire. Deuxièmement, je préciserai la motivation qui induit notre volonté de proposer aux peuples de Côte d’Ivoire, l’alternative révolutionnaire vu la situation nationale actuelle. Enfin, troisièmement, j’exposerai le contenu de cette alternative révolutionnaire.

Cela étant entendu, permettez-moi mesdames et messieurs de commencer mes propos par un tour d’horizon du contexte international.

Mesdames et messieurs

J’observe que la grande crise économique et sociale qui a commencé en 2008, continue de sévir. Les effets pervers de cette crise qui touchent directement les masses populaires, au centre comme à la périphérie du système impérialiste, sont, le chômage, la dégradation des conditions de vie, le recul des conquêtes du prolétariat, le recul des libertés et de la démocratie, le développement des tendances fascistes. On peut noter pêle-mêle qu’en France le chômage a atteint 15% et tend à la hausse, la classe moyenne est plus que désemparée, d’où une avancée spectaculaire du Front National, parti fasciste. Les petits bourgeois flétris par la crise, voient leur ennemi dans les populations immigrées poussées par la crise à partir de leurs pays dans l’espoir de trouver des meilleures conditions de vie ailleurs.. Comme au début du 20ème siècle, la petite bourgeoisie espère sauver sa peau en adhérant au chauvinisme, au nationalisme. Le capital financier européen, dominé par la puissance impérialiste allemande, traite certains pays de l’UE, comme par exemple la Grèce, comme des néo colonies auxquelles l’on applique les remèdes drastiques d’ajustements structurels bien connus chez nous, sur le dos du prolétariat et des masses populaires. Les politiques inventées par les savants du système impérialiste mondial n’ont jusque là pas donné les résultats escomptés. L’autre conséquence de cette crise est la multiplication des guerres locales qui traduisent, à y regarder de près, l’ampleur de la course pour le repartage du monde en zones d’influence entre les anciennes puissances impérialistes et les nouvelles, appelées pays « émergents ». C’est le cas en Syrie, en Ukraine. C’est aussi le cas en Lybie, en Centrafrique, au Mali, etc.

J’observe également que cette crise s’accompagne d’un phénomène apparemment surprenant, le mouvement Djihadiste. Ce mouvement entend instaurer à terme sur la planète terre, une société mondiale islamisée, un Etat mondial assis sur un pouvoir fondé sur les lois islamiques. Le développement de ce mouvement répondrait-il aux vœux des impérialistes de tenter de substituer le choc des cultures à la lutte des classes ? Que comptent gagner les tenants du système impérialiste dans pareille évolution ? Les djihadistes semblent très déterminés à remporter ce choc des cultures. Pourtant, la logique aurait voulu qu’après avoir célébré ensemble le "triomphe" du capitalisme financier impérialiste en 1989, aux cris de « la fin du communisme », « la fin des pouvoirs des athées », que l’entente soit parfaite entre tous les anti-communistes. Mais, que non, la lutte des classes, la lutte pour les intérêts économiques maintient sa primauté sur tous les autres motifs de lutte. Le monde a de la peine à devenir théocratique. Une nouvelle guerre de classe habillée du manteau religieux fait rage. Les étudiants Afghans en islam, soutenus dans les années 1980 par la CIA américaine contre les Russes, sont devenus des talibans, des djihadistes. Cette tendance est entrain d’essaimer partout, y compris en Afrique. La nouvelle cible principale de ces mouvements, ce sont les Etats Unis d’Amérique (USA) le « grand satan » à abattre par tous moyens. Les Européens alliés des USA sont logés à la même enseigne. Comme le capital a fabriqué le prolétariat qui va le détruire, les impérialistes ont fabriqué les monstres qui les attaquent aujourd’hui. Les islamistes ont décrété la guerre contre « le grand satan » et ses valets. Naturellement, cette guerre arrive chez nous parce que tout d’abord nos dirigeants sont des valets de l’impérialisme international ; ensuite, dans la conquête pour le pouvoir, les sciences politiques et militaires enseignent que les maillons les plus faibles sont ceux qui sont attaqués en premier lieu. Le développement de ce mouvement repose également sur la grande misère qui règne dans nos pays, misère dont sont responsables l’impérialisme et les valets à leurs services. Nos Etats sont donc en guerre contre le djihadisme. Incapables de se défendre, ils se tournent naturellement vers leurs maitres qui eux-mêmes ont du mal à contrer ce phénomène sur leur sol. Que c’est triste pour nos pays. Que c’est triste pour la Côte d’Ivoire. Il faut que cela change, et cela changera avec vous, par votre mobilisation, votre engagement.

Intéressons nous maintenant au contexte national, à la situation dans notre pays.

Mesdames et Messieurs

Quel est le contexte national des élections ?

Les travailleurs et les peuples de Côte d’Ivoire luttent depuis plusieurs années pour parvenir à une forme de gouvernement conforme à leurs aspirations. A certaines étapes, leurs luttes ont revêtu un caractère insurrectionnel face aux forces impérialistes et à leurs alliés qui les oppriment.

Il en a été ainsi pour faire comprendre à l’ancien colonisateur que son système était révolu et qu’il fallait le dépasser ; ce qui aboutit à l’indépendance juridique de 1960.

En 1990, les peuples de Côte d’Ivoire ont encore été amenés à s’insurger pour obtenir l’ouverture de la compétition politique pour la prise et l’exercice du pouvoir d’Etat à tous les courants d’idées.

Ils ont une fois de plus dû s’insurger en 1995 contre les conditions d’élections entièrement favorables à la haute-bourgeoisie au pouvoir. La période 1999 à 2011 a aussi vu le déploiement de l’énergie et de l’héroïsme des travailleurs et des peuples, toujours avec la ferme volonté de parvenir à la mise en place d’un pouvoir pour leur propre compte. Mais dans cette période, les luttes des peuples ont été utilisées par l’impérialisme et les clans de la haute bourgeoisie pour régler leurs contradictions en vue de maintenir et renforcer le pouvoir néocolonial.

Alors que le paradigme officiel de la haute bourgeoisie au pouvoir est « la paix pour le développement permettant l’émergence », les événements de cette période ont montré l’utilisation de la violence réactionnaire la plus extrême dans la conquête du pouvoir d’Etat par les différents clans de hauts bourgeois. Ils ont successivement recouru aux armes en 1999, en 2002, en 2010-2011, pour la conquête du pouvoir, contrairement à leur profession de foi magnifiant la paix, rien que la paix, profession de foi inscrite dans leur manifeste et leur programme et répétée à tout vent comme parole d’évangile.

Les travailleurs et les peuples de Côte d’Ivoire, insatisfaits des politiques des hauts bourgeois, poursuivent leurs luttes pour se donner un pouvoir à même de résoudre les questions essentielles qui se posent.

A l’observation, les raisons de l’insatisfaction du peuple sont nombreuses.
- Rien n’est fait pour permettre au peuple de Côte d’Ivoire de s’émanciper de la domination des puissances étrangères, de l’emprise de l’impérialisme français en particulier. Après cinquante cinq ans d’indépendance : (1) les ressorts économiques sont encore entre les mains de la France, les initiatives des privés ivoiriens sont ainsi brisées ; (2) la France maintient son armée sur le sol national et utilise celle-ci dans le choix des gouvernants, le cas de la crise post électorale de 2010-2011 est encore frais dans la mémoire collective, (3) l’usage de la langue française comme langue officielle renforce l’illettrisme, l’analphabétisme, enlève aux ivoiriens leur culture, leur être, leur dignité. Dans un tel contexte, les initiatives du peuple ivoirien sont contrariées au profit de celles des pays dominants. Son génie propre, c’est-à-dire sa capacité à inventer, à créer, à innover pour son bien-être et sa capacité à contribuer à la culture universelle, sont étouffés. C’est triste et il faut en finir.
- La paupérisation gagne du terrain et ravale la grande majorité des ivoiriens en dessous du seuil de pauvreté, alors qu’une infime minorité accumule des richesses et vit dans le luxe. C’est triste et il faut en finir.
- Les hauts bourgeois font la promotion du tribalisme, du népotisme, du favoritisme. Un ministre de Gbagbo a cru bon de dire aux ivoiriens qu’il réservait des places aux différents concours et recrutements pour sa famille politique et ethnique. Alassane Ouattara a cru bon de dire aux ivoiriens qu’il pratique le rattrapage ethnique. C’est triste et il faut en finir
- Les hauts bourgeois ne respectent pas la constitution qu’ils se sont donnée. Les ivoiriens ne sont pas traités sur un pied d’égalité devant la loi. Quelques exemples : En 2010, Le président Gbagbo se fondant sur une interprétation de l’article 48 de la constitution et aussi sur recommandation expresse des puissances impérialistes, autorise les signataires des accords de Linas Marcoussis à participer sans conditions aux élections présidentielles. Quelle parjure ? Depuis au moins le mois de janvier 2014, des chefs de partis politiques, des personnalités ont annoncé leur intention de se présenter aux présidentielles d’octobre 2015. Le bal est donc ouvert avant la date. Mais là n’est pas l’essentiel car ne dit-on pas que les partis politiques sont en campagne tout le temps, même si la loi dispose autrement ? Ce qui est à noter est qu’Alassane Ouattara, président de la république, donc garant de la constitution, est le premier à fouler aux pieds la loi électorale en lançant sa campagne avant l’heure. Plus grave, il utilise les tribunes d’’Etat, les visites d’Etat, les missions d’Etat, les médiats d’Etat pour faire campagne. C’est triste pour la Côte d’Ivoire. Il faut que cela s’arrête et cela s’arrêtera assurément avec la démocratie révolutionnaire.
- Les pouvoirs successifs des hauts bourgeois sont congénitalement opposés aux libertés en général, à la liberté d’expression et d’organisation en particulier. Une directive d’un ministre de l’éducation suffit pour supprimer le droit à la liberté d’organisation des élèves et étudiants de Côte d’Ivoire. Une simple circulaire d’un ministre de l‘enseignement supérieur suffit pour supprimer la franchise universitaire en Côte d’Ivoire. Les grévistes sont menacés et réprimés sauvagement, leurs salaires sont suspendus. Ces hauts bourgeois confisquent les médias d’Etat à leur profit. C’est triste et il faut en finir.

On peut multiplier les exemples et les domaines où les travailleurs et les peuples sont frustrés, insatisfaits.

En analysant profondément ce contexte, je conclue ceci : Tant que la Côte d’Ivoire sera dominée par l’impérialisme international en particulier français, elle restera sous développée. Si construire des routes et des ponts étaient la condition pour émerger, la Côte d’Ivoire serait parmi les pays émergents depuis 1980 sous Houphouët Boigny. Tant que les hauts bourgeois appliqueront des politiques liberticides, répressives, des politiques qui violent les droits humains, divisent les nationalités, etc. la Côte d’Ivoire restera un pays pauvre, arriéré.

Or, les politiques à l’origine de cette situation continuent d’être maintenues avec le pouvoir RHDP dirigé par Ouattara. Ce pouvoir envisage de se maintenir à la faveur des élections annoncées. Pour mettre fin à cette politique incapable de sortir la Côte d’Ivoire du sous-développement, une alternative est indispensable. Cette alternative permettra d’éviter les illusions engendrées par la promesse du gouvernement Ouattara de faire de la Côte d’Ivoire un pays émergent en 2020. Rappelons que tous les pays actuellement émergents ont, entre autres décisions stratégiques, refusé les plans d’ajustement structurel et autres programmes des institutions financières internationales, ce qui n’est pas le cas du gouvernement actuel ; ces pays n’ont pas de bases militaires de puissances étrangères sur leur sol. Or ces programmes enlèvent la maîtrise des décisions importantes relatives aux orientations économiques en entrainant la confiscation des entreprises nationales et matières premières stratégiques aux pays qui les appliquent.

L’alternative révolutionnaire s’impose donc.

Mesdames et messieurs,

Il faut que les politiques au service des impérialistes, les politiques qui maintiennent la Côte d’Ivoire dans l’arriération, s’arrêtent. Je propose avec le PCRCI, un nouveau paradigme à savoir la lutte avec les travailleurs et les peuples pour une Côte d’Ivoire émancipée, c’est à dire une Côte d’Ivoire débarrassée de la domination impérialiste et qui en conséquence, maîtrise ses choix politiques et économiques pour un avenir meilleur. Les élections générales de 2015 donnent l’occasion au PCRCI, d’offrir au peuple ivoirien la possibilité de progresser sur le chemin de la souveraineté, la liberté, la dignité, et le développement économique et social.

Mesdames et messieurs

Tel est le sens de ma candidature aux élections présidentielles de 2015, tel est le sens du combat du Parti Communiste Révolutionnaire de Côte d’Ivoire au tournant actuel de l’histoire de la Côte d’Ivoire.

Je dis à tous et à chacun, allons-y, avec détermination pour faire gagner la Côte d’Ivoire des ouvriers, paysans, des autres travailleurs, des femmes, des jeunes ; débout pour le changement révolutionnaire. Je suis le candidat de la révolution, le candidat pour l’émancipation de la Côte d’Ivoire.

Ensemble, en avant pour la victoire des travailleurs et des peuples !

Je vous remercie

 
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