dimanche, 22 septembre 2019
 

Côte d’Ivoire : IL FAUT A TOUT PRIX METTRE FIN A LA GUERRE CIVILE REACTIONNAIRE

Le peuple croyait sortir de la crise après son vote massif du 28 novembre 2011 en faveur d’Alassane Ouattara. Il se rend compte que le bulletin de vote ne suffit pas pour transformer un régime néocolonial en un système démocratique. Il se rend à l’évidence qu’il lui est nécessaire de faire preuve d’héroïsme (en témoigne la montée en puissance des manifestations surtout des femmes dans tous les quartiers d’Abidjan et les villes de l’intérieur du pays). Depuis lors, il a compris qu’il lui faut consentir des sacrifices (la lutte continue bien qu’en moins de 3 mois, la répression aveugle pratiquée par certains éléments des forces de défense et de sécurité et leurs supplétifs ait déjà occasionné plus de 350 morts parmi les manifestants dont la dizaine de femmes froidement exécutées le 3 mars dernier à Abobo).

Les mauvais perdants ne se situent plus dans la perspective du règlement d’un conflit postélectoral. Ils affirment mener une « lutte de libération de la Côte d’Ivoire, de l’Afrique et même du monde ». Ils prétendent faire la révolution africaine. Fort heureusement, les peuples tunisiens et égyptiens ont inauguré des processus de véritables révolutions qui sont des sources d’inspiration pour les peuples africains. La démagogie des xénophobes et tribalistes ivoiriens aura donc du mal à faire recette. Même des patriotes africains et du monde qui certainement de bonne foi sont un tant soi peu sensibles au discours faussement panafricaniste et anti-impérialiste des tenants de la refondation du FPI finiront par savoir où se trouve la vérité. Une anecdote permet d’avoir des éléments de compréhension de cette dernière assertion. Les tenants de l’Apartheid en Afrique du Sud ont tenté une opération de séduction au début des années 1970. Ils ont offert une visite guidée à un membre du gouvernement d’Houphouët-Boigny. Le ministre Laurent Dona Fologo, l’actuel président du Conseil économique et social y fut dépêché. Le rapport de mission du ministre contenait une affirmation ahurissante formulée comme suit : « Il n’existe pas d’Apartheid en Afrique du Sud car j’y ai été reçu par tous les responsables politiques ». Ce danger peut guetter tout auteur de confusion entre le nécessaire soutien à la lutte du peuple ivoirien et le soutien au régime xénophobe de Gbagbo. Gbagbo et ses partisans s’estiment chargés d’une mission mystique de diriger la Côte d’Ivoire même contre la volonté populaire.

Les prétendus lutteurs pour l’alternance politique en Côte d’Ivoire en vue de « l’instauration de la démocratie par la voie pacifique » sont totalement mis à nus. Ils sont contraints de répéter sans relâche : « Nous savons que nous avons perdu l’élection, mais nous ne céderons pas le pouvoir, à moins qu’on ne nous passe sur le corps ».

« Passer sur le corps » de Laurent Gbagbo signifie faire la guerre civile. Cette guerre civile connaît d’ailleurs un rebondissement depuis le 16 décembre 2010. Les forces engagées pour la confiscation du pouvoir s’évertuent à donner un contenu ethnique et religieux à la guerre : des habitations sont marquées de croix en vue d’être attaquées ; des hommes sont aspergés d’essence et brulés vifs en raison de leur appartenance ethnique, de leur origine, de leur religion ou pour possession d’amulettes ; des lieux de cultes sont attaqués et incendiés (notamment à Abidjan et à Grand-Bassam).

La confiscation des libertés s’aggrave avec les exactions contre les journalistes qui ne chantent pas les louanges de Gbagbo et tous les leaders politiques (des journaux sont contraints d’arrêter leur parution, les domiciles d’une dizaine de personnalités politiques ont été pillés, saccagés ou incendiés par les miliciens en armes, la fourniture de l’eau et de l’électricité est interrompue dans certaines communes d’Abidjan et surtout dans la partie septentrionale du pays).

L’Union africaine (U.A) hésite à prendre une position, même pour confirmer ce qu’elle a déjà déclaré, à savoir qu’Alassane Ouattara a gagné l’élection présidentielle. Après avoir tergiversé pendant aussi longtemps, il est quasi certain que la décision que l’U.A rendra à travers son panel sera difficilement applicable. Le peuple ivoirien est donc plus que jamais mis devant ses responsabilités pour trouver la solution à ses problèmes en comptant sur ses propres forces.

Fait à Abidjan, le 5 mars 2011.

Le Parti Communiste Révolutionnaire de Côte d’Ivoire

 
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