samedi, 16 décembre 2017
 

CRISE POST-ELECTORALE EN COTE D’IVOIRE : LE PCRCI MET LE PEUPLE EN GARDE CONTRE LES ACTIONS AVENTURISTES

Les différentes fractions de la haute-bourgeoisie ivoirienne dans leurs luttes pour le pouvoir, instrumentalisent les masses en les appelant à des actions aventuristes. Le 16 décembre 2010, le camp Ouattara lança des actions pour la libération de la télévision d’Etat et du siège du Gouvernement. Il fut demandé à des partisans à qui il a été demandé depuis toujours de n’avoir pour « seule arme que le bulletin de vote », de conduire des actions de type insurrectionnel. Malgré la détermination de certains groupes de manifestants, l’échec ne pouvait qu’être retentissant comme tout le monde a pu le constater.

Le camp Gbagbo, pour sa part, projette à nouveau de se servir de l’énergie des masses. Une fois encore la probabilité est grande de les conduire à l’abattoir. Rappelons que les « jeunes patriotes » soutenant Gbagbo avaient projeté un « grand rassemblement » Place de la République le mercredi 29 décembre 2010. Mais, contre toute attente, ils avaient reporté cette action sine die au motif qu’il « fallait laisser la chance à la diplomatie » parce que trois chefs d’Etats de la CEDEAO arrivaient à Abidjan pour des entretiens avec Laurent Gbagbo et Alassane Ouattara. Curieusement, alors qu’une nouvelle édition de ces entretiens est prévue pour le 3 janvier 2011, les « jeunes patriotes » décident de « libérer le Golf Hôtel, les mains nues », endroit où sont retranchés Ouattara et son Gouvernement gardés par près d’un millier de casques bleus de l’ONUCI puissamment armés. L’objectif n’est autre que de se servir comme des boucliers humains des jeunes alors qu’ils ne sont pas préparés à ce type d’affrontement. Ces jeunes seront sûrement pris entre les feux des militaires défendant l’hôtel et ceux faisant le siège de l’hôtel. Pourquoi faire jouer à des jeunes aux mains nues un rôle normalement dévolu à l’armée nationale ? Une raison de ce comportement réside dans le fait que les forces étrangères présentes sur le territoire ivoirien (forces des Nations-Unies, forces françaises Licorne) le sont à la demande de Laurent Gbagbo. Ce denier avait espéré bénéficier au moment crucial du soutien de ces forces, ce qu’il continue d’espérer vainement. C’est ainsi que de façon opportuniste il demande, sans conviction, leur départ, une demande formulée au moment où il n’est plus qualifié pour engager la Côte d’Ivoire. Gbagbo a une curieuse façon de mener son « combat patriotique ou anti-impérialiste ». Gbagbo ne fait pas confiance à l’armée nationale et recourt abondamment aux mercenaires libériens et angolais. Ces derniers ne peuvent pas se présenter à visage découvert à l’Hôtel du Golf, d’où l’appel à des chairs à canon, un rôle que le clan Gbagbo a pris l’habitude de faire jouer aux masses populaires ivoiriennes.

Le PCRCI estime qu’à l’heure actuelle le peuple a plutôt les vrais combats suivants à mener :

- dénoncer les menaces d’interventions militaires étrangères, en particulier celle de l’ECOMOG, afin de les conjurer ; s’opposer par tous moyens aux fauteurs de guerre réactionnaire.

- continuer le combat pour le respect de la volonté populaire exprimée dans les urnes le 28 novembre et réduire ainsi le risque de guerre civile réactionnaire.

Le PCRCI appelle le peuple et particulièrement la jeunesse à se tenir à l’écart des mots d’ordre aventuristes et à ne pas participer à la « prise de l’hôtel du Golf » dont le seul but est de créer l’émoi suite à un bain de sang. Un tel sacrifice n’en vaut pas la peine si le but est le maintien au pouvoir de Laurent Gbagbo et son régime militaro-civil de type fasciste.

Fait à Abidjan, le 31 décembre 2010

Le Parti Communiste Révolutionnaire de Côte d’Ivoire

 
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