mardi, 15 octobre 2019
 

Déstabilisation et crise ivoirienne, toutes les responsabilités doivent être établies

Le PCF prend acte de la décision de la Cours pénale internationale (CPI) de confirmer les charges retenues contre Laurent Gbagbo après plus de trois ans de détention et de procédures judiciaires en Côte d’Ivoire et aux Pays-Bas. Cette décision a été prise par deux juges sur trois, la magistrate Christine Van den Wyngaert ayant estimé que les preuves restaient insuffisantes. Espérons que le procès permettra de faire cheminer la vérité sur les diverses responsabilités dans la déstabilisation et les violences qui ont entaché la Côte d’Ivoire depuis de longues années.

Il est plus que temps que la CPI s’intéresse également au rôle des dirigeants actuellement au pouvoir en Côte d’Ivoire – dont Alassane Ouattara, Guillaume Soro et les « comzones » (commandants de zones, anciens chefs rebelles) – ainsi que des acteurs internationaux, dont la France et certains pays voisins de la Côte d’Ivoire, tout comme aux violations des droits humains commises depuis septembre 2002 dont le tristement célèbre massacre de Duékoué de mars 2011. Ne pas le faire maintenant contribuerait à une justice des vainqueurs semblable à celle en cours en Côte d’Ivoire.

Le PCF rappelle concernant la Côte d’Ivoire que ses parlementaires ont déposé une demande de commission d’enquête parlementaire quant aux responsabilités des tenants des pouvoirs français dans cette crise. Il serait également souhaitable que dans ce conflit comme dans d’autres la question du rôle des multinationales soit clairement posée. Certaines d’entre elles apparaissent en Côte d’Ivoire, comme en RDC et au Liberia par exemple, parmi les principaux facteurs de déclenchement et de perpétuation des guerres et des coups de force ayant des conséquences désastreuses du point de vue des droits de l’Homme.

Le gouvernement français devrait en ce qui concerne la Côte d’Ivoire agir auprès du Conseil de Sécurité en faveur de la mise en place d’un groupe d’experts chargé d’enquêter sur ce phénomène comme notre pays l’avait fait au début des années 2000 pour la RDC et le Liberia. Plus largement il faudrait agir auprès de l’ONU, comme le propose le PCF depuis l’année 2003, pour la mise en place d’une commission d’enquête internationale qui établira le rôle et les responsabilités éventuels de tous les acteurs, dont les multinationales, dans la déstabilisation des États et le déclenchement des conflits en Afrique et ailleurs, ces 40 dernières années.

La prise en compte effective des éléments qui ressortiraient d’une telle commission d’enquête nécessiterait sans doute une réforme démocratique et progressiste du droit international - et notamment des textes fondateurs de la CPI - à défaut de laquelle les institutions dans lesquelles il s’incarne se discréditeront chaque jour davantage. Au plan international, il ne doit y avoir ni absence de justice, ni justice des vainqueurs.

Le Parti Communiste Français, le 13 juin 2014

 
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