samedi, 16 décembre 2017
 

Election présidentielle 2010 en Côte d’Ivoire : Oui à la souveraineté populaire ! Non à une guerre civile réactionnaire ! Non aux interventions militaires étrangères !

Nous l’avons déjà écrit, Laurent Gbagbo a perdu l’élection présidentielle du 28 novembre 2010 et doit partir. Mais comme il se croit investi d’une mission salvatrice il en appelle au peuple afin que celui-ci le défende en vue de son maintien en place en dépit de la volonté populaire largement exprimée contre lui. Il tente de se présenter comme un « résistant », un « patriote » que l’impérialisme veut « injustement » privé de « son fauteuil présidentiel ». Tout cela n’est que pur bavardage pour demeurer au pouvoir et perpétuer les intérêts maffieux de son clan. C’est même faire une injure au peuple ivoirien que de considérer que Gbagbo est anti-impérialiste ou patriote. En octobre 2000, c’est grâce à l’appui du gouvernement français qui l’a mis « en lieu sûr », qui lui a prêté un puissant média (Radio France Internationale) qu’il a réussi à s’imposer au général Robert Guéi un de ses complices du coup d’Etat de 1999, puis à se hisser au pouvoir dans des conditions qualifiées par lui-même de calamiteuses.

Un pouvoir acquis avec le ferme soutien de l’impérialisme français et qui a de tout temps été dévoué au gouvernement français ne peut être qualifié d’anti-impérialiste. Que l’impérialisme français influence le jeu politique et électoral ivoirien en 2000 (en préférant et en imposant Gbagbo) puis en 2010 (en préférant et en imposant Ouattara) signifie tout simplement que le peuple ivoirien a encore des luttes héroïques à mener pour parvenir à s’autodéterminer et à être le véritable souverain.

Ce sont les turpitudes du système Gbagbo qui nous impose en ce moment une menace d’intervention armée extérieure, en l’occurrence celle de la CEDEAO, avec au moins, l’appui logistique de l’impérialisme français et américain. Les turpitudes, c’est le fait de signer des accords contre la souveraineté nationale dans l’espoir de s’en défaire le moment venu dans un acte de mauvaise foi manifeste (appel aux armées étrangères pour régler le conflit avec la rébellion puis demande expresse de leur départ parce qu’elles ne le soutiennent pas dans son hold-up électoral, signatures d’accords internationaux foulant aux pieds les lois ivoiriennes telle que la certification des résultats des élections par l’ONU, etc). Les turpitudes, c’est aussi d’accepter d’aller à des élections pour soi-disant « mettre fin à la crise identitaire » et refuser les résultats issus des urnes par l’annulation des votes dans tous les départements concernés par l’essentiel des problèmes identitaires à résoudre. Cela signifie l’externalisation des populations de ces zones par rapport à la communauté nationale et au corps électoral en particulier. C’est enclencher le retour à la case départ, après 10 ans d’efforts de luttes contre l’ivoirité.

Pour le PCRCI, Gbagbo est le principal responsable de la guerre civile réactionnaire qui a commencé depuis la proclamation des résultats de cette élection. Cette guerre civile réactionnaire est déjà en cours car la garde prétorienne, les miliciens et les mercenaires de Gbagbo sont à l’œuvre depuis le premier tour de l’élection présidentielle. Des personnes soupçonnées d’opposition au camp du président sortant ou appartenant à des groupes déterminés sont pourchassées, extraites de leurs habitations au préalable marquées d’une croix et sommairement abattues. Des centaines de morts et disparus sont enregistrés à ce jour sans compter les centaines de personnes arbitrairement détenues.

Face à la résistance populaire, Gbagbo et ses affidés qui ne peuvent plus se prévaloir d’aucune légitimité ni d’aucune légalité sont contraints de dévoiler davantage le caractère militaro-civil de type fasciste de leur système.

Au projet de l’intervention militaire extérieure, Gbagbo oppose un appel à la « guerre civile » avec des menaces directes contre certaines communautés nationales et étrangères. En fait Gbagbo appelle à l’aggravation de la guerre civile avec un accent sur ses formes intercommunautaires.

Cette intervention militaire est expressément demandée par le camp Alassane Ouattara, opposé aux luttes populaires et de ce fait incapable de mobiliser les masses pour une victoire sur l’imposture. Ce clan attend de l’impérialisme international qu’il vienne pour l’installer. Ainsi, l’impérialisme français et l’impérialisme américain préparent-ils par l’entremise de la CEDEAO une agression contre le pouvoir Gbagbo en vue d’installer Ouattara au pouvoir.

Toute agression de l’impérialisme va aggraver à l’exponentielle les souffrances des masses populaires et la domination impérialiste. Gbagbo prendra prétexte de cette intervention pour mettre à exécution ses menaces contre les ressortissants de la CEDEAO. Cette guerre ne donnera pas au peuple de Côte d’Ivoire sa souveraineté populaire et nationale ; bien au contraire, elle va installer des hauts bourgeois qui vont avec les impérialistes piétiner encore plus cette souveraineté. Historiquement ce sera un cas d’école pour les impérialistes dans les luttes politiques dans les pays de chasser les pouvoirs qui ne leur plaisent pas et d’installer leurs préférés.

Pour le Parti Communiste Révolutionnaire de Côte d’Ivoire, la crise née des élections présidentielles de 2010 en Côte d’Ivoire vient de franchir une étape dangereuse pour le mouvement démocratique et révolutionnaire. Sous le couvert de faire respecter la souveraineté populaire, l’impérialisme veut installer par une intervention armée le vainqueur. Cela est inacceptable pour le peuple. La libération de la nation ivoirienne des imposteurs, des fascistes et des tortionnaires ne peut être que l’œuvre des masses populaires elles mêmes. Les peuples dans cette lutte ne doivent pas remettre leur sort dans les mains de l’impérialisme contre qui en dernier ressort, ils luttent.

C’est pourquoi, le Parti Communiste Révolutionnaire de Côte d’Ivoire,

- dénonce les menaces d’interventions militaires étrangères d’où qu’elles viennent.

- dénonce l’usage des mercenaires libériens et angolais par le clan Gbagbo

- dénonce la démagogie du clan Gbagbo qui veut appeler les masses populaires à servir de bouclier humain pour sauverson régime militaro-civil de type fasciste.

- appelle les peuples de Côte d’Ivoire à s’opposer par tous moyens aux fauteurs de guerre réactionnaire.

Pour donner le plus de chances possibles à la victoire sur l’imposture et éviter la guerre civile réactionnaire, le PCRCI appelle à la formation d’un front uni dirigé contre tous ceux qui veulent user de la violence pour imposer Gbagbo Laurent et contre les armées étrangères.

Non à la guerre civile réactionnaire dans la quelle les fractions bourgeoises veulent entraîner le peuple,

non aux interventions armées étrangères, non à l’imposture de Gbagbo Laurent.

Tous unis pour la démocratie, les libertés et l’indépendance.

Fait à Abidjan, le 27 décembre 2010.

Parti Communiste Révolutionnaire de Côte d’Ivoire

 
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