LA MISE A MORT DE L’ UNIVERSITE IVOIRIENNE
CONFERENCE DE PRESSE
Droit humain
le 28 novembre, 18h30, au 21bis, Rue des Ecoles(5°) M° Maubert ou Cluny-la Sorbonne A l’occasion de la sortie des actes des colloques d’Abengourou et San Pedro (dirigés en 2010 par les professeurs Pierre Kipré et Gilbert Aké N’gbo)
Michel Galy, politologue, et Denis Pryen, directeur des éditions l’Harmattan échangeront avec la presse sur
LA MISE A MORT DE L’ UNIVERSITE IVOIRIENNE
Dans l’indifférence générale des intellectuels et universitaires du monde, francophones et français en particulier, les établissements d’enseignement supérieur de Cote d’ivoire sont mis à mal par le nouveau pouvoir d’Abidjan. Le campus de l’Université de Cocody a particulièrement souffert, ainsi que les cités universitaires, occupées au détriment des étudiants depuis six mois par les FRCI et les Dozos, troupes de chocs du nouveau régime. Les pillages sont nombreux, à la fois des bâtiments et des équipements, mais aussi des bibliothèques ; les évènements d’avril 2011 ont fait de nombreux dégâts matériels ainsi que des victimes civiles, dont certains peuvent être attribués aux bombardements et à la répression de la force Licorne et de l’ONUCI. Bien que l’enseignement supérieur comporte des militants des deux camps, c’est tout un pan de l’activité intellectuelle qui est touché- comme si le monde universitaire, enseignement et recherche, était considéré comme ennemi collectif du régime d’Alassane Ouattara et de Guillame Soro. Bien pire que les destructions et la prolétarisation de milliers d’étudiants, plane le risque de plusieurs « années blanches » : l’Université, toujours fermée, ne semble pas devoir rouvrir de sitôt ! Peut -on sacrifier une génération au ressentiment d’un parti, d’un clan, d’une faction ?Les parrains du nouveau régime, français ,américains, onusiens, sont silencieux : approuvent-ils cette mise à mort de l’Université ivoirienne, en sont-ils les complices ? Pour se racheter de leurs actions d’avril 2011, lors du coup d ‘Etat franco onusien, les « bailleurs de fond » se doivent de participer activement à la reconstruction des campus et des cités ; d’obliger le nouveau régime à expulser les corps armés parallèles des campus et des résidences étudiantes ; de mener une campagne active pour la réouverture urgente des universités, avant le début de 2012. De fournir des livres pour reconstituer les bibliothèques, des enseignants et des moyens financiers pour cette réouverture d’urgence.
Que dire du silence et de la passivité de l’Université française, alors que leurs collègues en Côte d’ivoire ou en exil soufrent en silence ? Avant avril, soucieux de dénoncer le régime précédent, signataires de pétitions sans risques tant elles allaient dans le sens de la coalition sarko-outtariste, ils semblent aujourd’hui bien silencieux, si ce n’est extrêmement gênés -voire honteux, constatant à quel point le remède escompté est pire que le mal estimé ! Il est temps pour eux, ainsi qu’aux politiques français de dénoncer cette mise à mort de l’université et ces insultes à l’intelligence- et de participer à la reconstruction ! Très pratiquement, d’envoyer livres et équipements, et d’obliger le gouvernement français à financer la reconstruction. La moindre de choses serait d’accueillir en France les universitaires exilés politiques, et comme en d’autres temps, leur trouver des fonctions provisoires dans les universités françaises et les instituts de recherche, ou encore les organisations internationales.
L’université ivoirienne n’est pas encore morte, mais on l’assassine tous les jours !
Il est temps que cela cesse, et qu’intellectuels et politiques franco –ivoiriens fassent cesser cette situation insupportable à tout homme de culture, quels que soient ses opinions ou son pays d’origine

