mardi, 23 janvier 2018
 

Les autorités guinéennes doivent garantir la sécurité des manifestants et organiser des élections législatives

La FIDH et son organisation membre en Guinée, l’OGDH, sont vivement préoccupées par la situation politique et sécuritaire qui prévaut à Conakry, à la suite des violences survenues en marge d’une manifestation, le lundi 27 août. Nos organisations appellent le gouvernement guinéen, les forces de l’ordre et les partis d’opposition à s’abstenir de toute violence et à la mise en place d’un cadre consensuel en vue de la tenue d’élections législatives, dernière étape de la transition politique initiée en 2010.

Lundi 27 août 2012, de nombreux affrontements ont eu lieu à Conakry, dans les communes de Dixinn et Matoto notamment, entre les forces de l’ordre et des partisans des principaux partis de l’opposition, réunis au sein du Collectif des partis politiques pour la finalisation de la transition (CPPFT) et de l’Alliance pour la démocratie et le progrès (ADP) qui avaient appelé à une manifestation pour protester en faveur de l’organisation des élections législatives. Cette journée a notamment été marquée par l’arrestation de plusieurs dizaines de militants de l’opposition et par de nombreux blessés, tant dans les rangs des manifestants qu’au sein des forces de l’ordre.

Selon certaines informations, plusieurs leaders politiques auraient été pris à partie par des agents de la police et de la gendarmerie et notamment Cellou Dalein DIALLO, président de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG), dont le domicile aurait été la cible de plusieurs jets de grenades lacrymogènes dans la matinée et Lansana KOUYATE, président du Parti de l’espoir pour le développement national (PEDN), qui a vu son véhicule recevoir plusieurs projectiles, de nature encore non déterminée formellement, alors qu’il transportait également M. DIALLO et M. Sidya TOURE, président de l’Union des forces républicaines (UFR), dans l’après-midi.

« Il est important de faire la lumière, dans les meilleurs délais, sur les violences commises hier, dont il semblerait qu’elles aient pu excéder le strict cadre du maintien de l’ordre et de garantir, en toutes circonstances la sécurité et le droit à manifester des responsables politiques et de leurs militants »a déclaré Paul Nsapu, Secrétaire général de la FIDH, qui a ajouté : « s’il faut se féliciter de l’absence de militaires dans le maintien de l’ordre, qui revient désormais exclusivement aux forces de police et de gendarmerie, les autorités guinéennes doivent garantir l’usage d’armes conventionnelles et non létales, ainsi qu’un recours proportionnel à la force »

Ces violences s’inscrivent dans un contexte politique particulièrement tendu, autour de l’organisation des élections législatives et des négociations sur la composition de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) (cf. http://fidh.org/Guinee-La-commemora...). De précédentes manifestations, en particulier le 10 mai 2012 et le 27 septembre 2011, s’étaient déjà soldées par d’importantes violences.

« La Guinée, avec l’organisation d’élections présidentielles libres et transparentes en 2010 qui ont vu Alpha Condé accéder au pouvoir, s’est engagée sur la voie de l’instauration d’un Etat de droit. Il est urgent qu’elle achève sa transition politique en organisant des élections législatives au terme d’un processus inclusif, conformément aux accords de Ouagadougou du 15 janvier 2010. Les guinéens dans leur ensemble aspirent à la démocratie et aux respect de leurs droits fondamentaux », a déclaré Thierno Maadjou SOW, président de l’OGDH.

 
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