dimanche, 20 janvier 2019
 

Suivi de la Conférence des donateurs de Bruxelles : LA CAD-MALI FAIT ENTENDRE UNE AUTRE VOIX

La Coalition des alternatives africaine dette et développement (CAD-Mali) a organisé la semaine dernière au Musée national un point de presse sur l’analyse des fonds de Bruxelles et les relations entre notre pays et le Fonds monétaire international (FMI). Les conférenciers Souleymane Dembélé, directeur exécutif de la CAD-Mali, Moussa Coulibaly et Issa Kamissoko, tous deux membres de la coalition, ont fourni des éléments d’appréciation sur le système de dette du FMI et surtout ce qui en découle pour notre pays.

Dans une déclaration liminaire sur l’analyse des fonds de Bruxelles, le directeur exécutif a rappelé la conférence internationale des donateurs « Ensemble pour le renouveau du Mali » tenue à Bruxelles le 15 mai 2013 qui avait abouti à une promesse de 3,25 milliards d’euros formulée par 80 pays et 28 organisations internationales dans le cadre de la relance du développement économique durable (PRED) de notre pays. A la suite de cette rencontre, trois réunions de suivi ont été organisées : une à Bruxelles et deux à Bamako.

A ce jour, a indiqué Souleymane Dembélé, sur le montant promis en mai 2013, 1 474 milliards Fcfa soit plus de 2,2 milliards d’euros ont fait l’objet d’engagements à travers des accords et conventions de financement. Les fonds réellement décaissés s’élèvent à 965 milliards Fcfa soit 1,471 milliard d’euros. Le FMI est l’un des donateurs principaux dont l’engagement est constitué à 100% de prêts, qui se matérialise par une lettre d’intention signée par le gouvernement du Mali, a-t-il noté.

De l’analyse de la CAD-Mali, l’aide est composée de nombreux prêts qui vont alourdir la dette malienne. A titre d’exemple, 36% de l’aide promise par la France sont des prêts. Pour la Banque africaine de développement (BAD), la Banque mondiale et la Banque islamique de développement (BID), ces prêts représentent respectivement 87, 78, et 88% de leurs contributions. En ce qui concerne la Banque ouest africaine de Développement (BOAD) et le FMI, leur « aide » est composée uniquement de prêts, a précisé le directeur exécutif de CAD-Mali.

De façon globale, sur 3,3 milliards d’euros d’aide promise, presque 70% ont déjà été engagés sur lesquels 43% ont été décaissés. Fait remarquable : les deux tiers du financement mobilisés sont exécutés hors budget de l’Etat. Cette aide inclut des montants qui avaient déjà été annoncés avant le coup d’Etat du 22 mars 2012, a- t- il assuré.

Souleymane Dembélé a souligné que parmi les conditions attachées à ces prêts, dont celui de 46 millions de dollars signé avec le FMI, le gouvernement malien s’est engagé en décembre 2013 à mettre en œuvre un programme d’ajustement structurel pendant 3 ans (2014-2016) sous la supervision du FMI qui en évaluera l’application tous les 6 mois. Et ce programme fait du remboursement de la dette extérieure du Mali, la priorité absolue du nouveau gouvernement.

Maintenant pour pouvoir la rembourser, il doit notamment améliorer le « climat des affaires », autrement dit privatiser, libéraliser les secteurs stratégiques comme l’eau et l’énergie, a soutenu le principal conférencier. Pour lui, la lettre d’intention du FMI, a été signée en décembre 2013 par le gouvernement dans une situation de fragilité eu égard au contexte de crise sociopolitique et sécuritaire que le pays traversait.

A cet effet, la CAD-Mali exige des partenaires techniques l’annulation des conditionnalités liées aux promesses de Bruxelles et la transformation des prêts accordés au Mali dans le cadre du PRED, en dons pour permettre au pays de relancer efficacement son économie comme cela fut le cas en Europe de l’ouest avec le plan Marshall à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Elle demande aussi l’annulation de toutes les dettes illégitimes du Mali notamment celles contractées pendant la période de transition.

La Coalition invite le gouvernement à son tour, à suspendre le paiement de la dette extérieure, à se retirer du programme de Facilité élargie de crédits (FEC) conclu avec le FMI et à impliquer réellement les acteurs de la société civile malienne dans la planification et le suivi des fonds de Bruxelles.

Youssouf KONATE

Source : http://maliactu.net

 
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