dimanche, 20 janvier 2019
 

Un putsch qui ne peut rien arranger au Mali

Un putsch a eu lieu le 22 mars 2012 au matin par un groupe de mutins conduit par le Capitaine Amadou SANOGO. La prise de la télévision et du palais présidentiel, la mise en place d’un couvre-feu, la fermeture de l’aéroport, la dissolution des institutions et de l’ordre constitutionnel ont été les premières mesures prises par les putschistes. En effet, « Le CNRDRE (Comité national pour le redressement de la démocratie et la restauration de l’Etat) a décidé de prendre ses responsabilités en mettant fin au régime incompétent et désavoué de monsieur Amadou Toumani Touré. La constitution est suspendue jusqu’à nouvel ordre, toutes les institutions de l’Etat sont dissoutes jusqu’à nouvel ordre », telles sont en substance les principales lignes du communiqué lu sur les antennes de la télévision nationale.

L’on ignore jusqu’ici où se trouve le président Amadou Toumani Touré (ATT) après sa destitution par les putschistes. Les putschistes lui reprochent « L’incapacité notoire du régime à gérer la crise qui sévit au nord du Mali (...) l’inaction du gouvernement à doter de moyens adéquats les forces armées et de sécurité pour accomplir leurs missions de défense de l’intégrité du territoire national. Le nord du pays est en effet en proie à une rébellion touareg, animée principalement par les Touareg du MNLA (Mouvement National pour la Libération de l’Azawad).

Alors que nous nous trouvons à un mois de la tenue d’élections présidentielles où ATT ne peut se positionner pour succéder à lui-même, le groupe de putschistes prétend-il du seul fait qu’il porte des armes détenir la solution infuse à tous les problèmes qu’il évoque en lieu et place des partis politiques maliens ?

Le Parti Communiste du Bénin s’est toujours opposé à toute action putschiste dans la mesure où elle est en général le fait d’un groupe isolé du peuple et n’ayant pas présenté un projet politique préalablement défendu au vu et au su de tous. Aussi le Parti Communiste du Bénin se dissocie-t-il du putsch du 22 mars 2012, putsch qui ne peut rien arranger au Mali.

En tout état de cause, les partis politiques maliens se prononcent pour ou contre le putsch. Il en est de même de différentes couches populaires qui manifestent leur position. C’est un signe certain de maturité.

Sur le plan international on assiste à un concert de condamnations du putsch : France, Etats-Unis, Union Européenne, CEDEAO, UA, etc. Et, c’est dans ce contexte que dans une « déclaration de presse de la Présidence béninoise de l’Union Africaine » en date du 26 mars 2012, il est dit : « La République du Bénin, en sa double qualité d’Etat souverain et de pays assumant la présidence en exercice de l’Union Africaine (…) soumettra, en tout état de cause, aussi bien aux instances de la CEDEAO que de l’Union Africaine, toute intervention que nécessite la situation pour le rétablissement de l’ordre constitutionnel » ; cette déclaration est assortie d’une interview sur les ondes de RFI où le Ministre béninois des Affaires Etrangères précise qu’il s’agit bien de « toute intervention, y compris militaire… ». Le Parti Communiste du Bénin dénonce cette prise de position comme relevant d’une ingérence grossière dans les affaires intérieures du Mali et d’une surenchère guerrière devant favoriser une réédition de menées agressives des impérialistes français et américains dans cette région qui est une véritable poudrière. Le Mali est un Etat souverain et seul son peuple est à même de prendre des mesures idoines contre toute dérive, y compris une aventure putschiste. C’est pourquoi le Parti Communiste du Bénin trouve irresponsable et même dangereux pour les peuples africains et du monde que notre gouvernement, soi-disant au nom de la souveraineté de l’Etat béninois, prenne la tête d’une attaque frontale voire armée contre la souveraineté du peuple et de l’Etat maliens.

VIVE LA SOUVERAINETE DU PEUPLE MALIEN !

NON A L’INGERENCE MILITAIRE AU MALI !

Cotonou, le 27 mars 2012

Le Parti Communiste du Bénin

 
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