samedi, 16 décembre 2017
 

Nigéria : Un réseau routier effroyable et la précarisation forcent le NUPENG à intervenir directement

Après trois jours de blocus pétrolier partiel de la capitale nigériane, Abuja, notre affilié NUPENG, le syndicat des travailleurs du pétrole et du gaz naturel, et les chauffeurs de camions-citernes affiliés ont levé la grève le 6 août, après que des ministres du gouvernement et des responsables du NUPENG et de PENGASSAN, qui représente les cadres du secteur pétrolier et gazier, aient signé des mémorandums d’accord à propos de la dégradation du réseau routier nigérian et l’utilisation croissante de travailleurs intermittents par les compagnies pétrolières et gazières, en particulier les multinationales.

Quoi qu’il en soit, le NUPENG a adressé au gouvernement un préavis de grève de 14 jours pour un autre problème, celui de l’assainissement de l’Agence de régulation des prix des produits pétroliers du Nigéria (PPPRA). Si le gouvernement ne met pas en place une structure chargée de remédier au manque de transparence et aux anomalies dans la répartition des produits entre les entreprises de commercialisation, le NUPENG paralysera les dépôts de pétrole et de gaz de plusieurs multinationales du delta du Niger dans le courant du mois d’août.

"La corruption règne dans la répartition des produits pétroliers", a déclaré le Président du NUPENG, Achese Igwe. "Nous contestons les activités de la PPPRA qui attribue des produits à des entreprises de commercialisation dont l’identité est inconnue et la PPPRA refuse de communiquer ses archives ou ses chiffres en la matière."

La réunion de vendredi a permis de signer deux mémorandums sur l’état du réseau routier et sur la précarisation du travail. À la réunion avec le ministre du Travail et de la Productivité, Chukwuemeka Wogu, le ministre d’État des entreprises, Works Chris Ogiemwonyi, des responsables de la Nigerian National Petroleum Corp. (NNPC) et de la Nigerian Liquefied Natural Gas Co. (NNLG), et du groupement des employeurs des multinationales présentes au Nigeria, la Oil Producers’ Trade Section (OPTS), les dirigeants du NUPENG et du PENGASSAN ont obtenu des engagements immédiats.

S’agissant de la précarisation du travail et du recours croissant à de la main-d’œuvre temporaire et à des travailleurs non statutaires, un organe tripartite a été créé, le "Groupe de travail technique sur la précarisation et la main-d’œuvre contractuelle dans le secteur pétrolier et gazier". Il devra, dans un délai de 30 à 90 jours, dresser une feuille de route qui analysera notamment les raisons pour lesquelles des mémorandums antérieurs n’ont pas été appliqués et élaborera des garanties acceptables assurant la sécurité d’emploi des travailleurs occasionnels.

Le NUPENG et le PENGASSAN veulent que toutes les compagnies pétrolières et gazières proposent immédiatement à ces personnels des postes à temps plein s’ils ont les qualifications requises. En cas d’impossibilité, les syndicats exigent que soient publiées et strictement respectées des conditions d’emploi qui octroient aux travailleurs temporaires les mêmes droits et prestations sociales que le personnel permanent.

Selon Achese Igwe, l’immense majorité des travailleurs occasionnels de l’industrie pétrolière et gazière n’a pas de plan de pension ni d’assurance maladie.

Après la réunion de vendredi, Chukwuemeka Wogu s’est dit heureux que le blocus des produits pétroliers dans la région d’Abuja soit levé ; il a ajouté que "cette grève pouvait ruiner l’économie parce que le NUPENG est trop stratégique."

S’agissant de l’état du réseau routier, qui est responsable des décès de huit conducteurs de camions-citernes affiliés au NUPENG au cours des trois derniers mois, une Équipe de surveillance des routes a été créée avec deux représentants du NUPENG en son sein. Dans un délai de deux mois, elle devra étudier l’état des routes et déterminer lesquelles nécessitent des interventions immédiates.

Achese Igwe a souligné l’importance de cette question en faisant remarquer que l’état des routes impose des arrêts inutiles, propices aux vols et aux enlèvements de conducteurs. Par ailleurs, le risque pour la sécurité publique est évident parce que de mauvaises routes, causes d’accidents, ont entraîné de véritables catastrophes compte tenu de l’inflammabilité des chargements.

À propos de la PPPRA, Achese Igwe a précisé qu’on ne sait toujours pas à quel ministère ou département du gouvernement cette autorité rend compte. La question de la transparence et de la responsabilité de la PPPRA est d’une importance capitale dans la perspective de la prochaine adoption d’une Loi sur l’industrie pétrolière.

Source : http://www.icem.org/

 
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