lundi, 22 janvier 2018
 

communiqué du Collectif de solidarité Senegal Palestine

Communiqué

JERUSALEM—EST, CAPITALE DE L’ETAT INDEPENDANT DE PALESTINE ! ARRÊTER DONALD TRUMP, UNE ŒUVRE DE SALUBRITE INTERNATIONALE POUR LA JUSTICE ET LA PAIX !

Le jeudi 21 Décembre 2017, malgré les pressions diplomatiques de toutes sortes, les chantages financiers et les menaces ouvertes proférés par les autorités américaines, l’Assemblée Générale de l’ONU a condamné à une large majorité (128 voix pour, 35 abstentions et 9 contre -21 pays n’ayant pas participé au vote), la décision du président américain Donald Trump de reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël et d’y transférer le siège de son Ambassade. Cette position de l’AG faisait ainsi suite au projet de Résolution présenté lundi 18 au Conseil de sécurité, mais rejeté du seul fait du droit de veto des Etats-Unis. Dès le 06 décembre, Trump avait déjà annoncé à la planète entière sa décision maléfique, faisant à l’avance un pied de nez au message de bénédiction urbi et orbi du Pape, en ce jour de Noel.

Il faut le souligner sans hésitation aucune, cette position de Trump est parfaitement illégale, contraire au droit international, notamment aux Résolutions pertinentes des Nations Unies. Le plan de partage, établi en Novembre 1947 à travers la Résolution 181 de l’Assemblée Générale des Nations Unies, conférait explicitement à la ville sainte de Jérusalem un statut particulier de corpus separatum, une entité à part ne relevant à titre exclusif d’aucune religion, d’aucune nationalité ni d’aucun Etat. Quand après la guerre de 1948, Israël annexe la partie Ouest de la ville de Jérusalem, puis la partie Est après la « guerre des six jours » de 1967, il a été condamné par la Résolution 2253 de l’Assemblée générale des Nations unies, laquelle réaffirme que « l’acquisition de territoire par la conquête militaire est inadmissible » et que « toutes les mesures et dispositions législatives et administratives prises par Israël qui tendent à modifier le statut juridique de Jérusalem, sont non valables et ne peuvent modifier ce statut ».

Passant outre, le parlement israélien vote en juillet 1980 une loi proclamant « Jérusalem réunifiée, la capitale éternelle et indivisible du peuple juif et de l’Etat d’Israël ». Là aussi, les Résolutions 476 et 478 du Conseil de sécurité dénoncent clairement « une violation du droit international » par Israël et somment également les « États qui ont établi des missions diplomatiques à Jérusalem de retirer ces missions de la Ville sainte ». C’est donc dire que, depuis près de 70 ans, la communauté des nations, la légalité et le droit international ont déjà explicitement condamné les agissements dont continuent de se prévaloir, encore aujourd’hui, le Président américain Donald Trump et son allié d’extrême droite, le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou.

Outre qu’elle viole sans fard le droit international, méprise la dignité des autres peuples et pays du monde, la décision de Monsieur Trump encourage les fauteurs de guerre et attise un feu qui risque non seulement d’embraser le Proche et le Moyen Orient, mais aussi de plonger le monde entier dans une guerre aux relents de guerre de religion, de race ou d’ethnie. Comme le dit un proverbe wolof de chez nous, « Gaalu dof du teer, walla book fa muy teer du neex mbokk ya », autrement dit : la pirogue conduite par un fou ne sait pas s’arrêter, ou quand elle finit par le faire, ce sera pour le plus grand malheur de ses parents ! Qui sait, c’est peut être cela le but de Trump et autres tenants de l’industrie d’armement ou de la stratégie du chaos, dans l’espoir criminel de booster l’économie américaine déclinante et concurrencée de toutes parts par les nouvelles puissances émergentes. Il est temps d’arrêter Monsieur Trump ! Le peuple palestinien martyr, sur les traces du Président Yasser Arafat, persévère avec foi, courage et ténacité dans la résistance à l’occupation, à la colonisation, à l’apartheid, aux emprisonnements, aux massacres génocidaires et au déni de justice. Il a remporté des victoires importantes à l’UNESCO, à l’ONU, à la CPI, à divers niveaux politiques et diplomatiques. Les résultats obtenus à la suite de la première comme de la deuxième intifada en 1987 puis en 2 000, et aujourd’hui les avancées dans la recherche de l’unité de combat entre le Fatah et le Hamas sous l’égide de l’autorité palestinienne, constituent de précieux points d’appui pour de nouvelles luttes et de nouvelles victoires. Mais plus que jamais, la cause du peuple palestinien mérite soutien actif et solidarité multiforme.

Le gouvernement de la République du Sénégal a fort justement condamné la décision de Trump, tout comme en Décembre 2016, il a eu à parrainer fermement, aux côtés du Venezuela, de la Malaisie et de la Nouvelle Zélande, la Résolution 2334 du Conseil de Sécurité des Nations Unies condamnant l’occupation par Israël des territoires palestiniens, y compris Jérusalem Est. C’est pourquoi, seul pays au monde à diriger sans interruption depuis 1975 le Comité des Nations Unies pour l’exercice des droits inaliénables du peuple palestinien, le Sénégal a assurément la responsabilité de devoir toujours faire plus que les autres, que ce soit en matière de relations bilatérales avec Israël ou au sein de la CEDEAO, de l’OCI, de l’UA, de l’ONU et d’autres instances internationales. Dans ce cadre, un signal fort, à tout le moins, doit opportunément être envoyé à Netanyahou à travers un plaidoyer énergique en faveur d’une décision officielle et publique d’annulation définitive du honteux Sommet Afrique – Israël prévu pour se tenir à Lomé en Octobre dernier et empêché jusqu’ici grâce à la lutte opiniâtre du peuple togolais contre le régime cinquantenaire du clan des Gnassingbé.

Sur un autre plan, les nombreuses Résolutions votées par l’ONU et non suivies d’effet, la logique de ‘’deux poids, deux mesures’’ pratiquée par les principales puissances dominantes, la composition inéquitable du Conseil de Sécurité, le maintien d’un droit de veto d’un autre âge réservé à cinq pays qui exercent tout seuls le privilège injuste d’engager ou de bloquer l’Organisation des Nations Unies, tout cela devrait convaincre les démocrates à travers le monde, épris de paix et de justice, à se rendre à l’évidence que l’ONU aujourd’hui comme hier la SDN qu’elle a remplacée en 1945, a fait son temps et doit céder la place à une nouvelle instance mondiale capable de se mettre en théorie et surtout en actes, à la hauteur des exigences contemporaines de liberté, de justice, de paix, de respect, de solidarité, d’égalité et d’équité, pour les personnes comme pour les nations. Le Collectif de Solidarité Sénégal-Palestine, les mouvements citoyens, les partis politiques, les associations religieuses, les organisations de protection des droits humains, les collectivités territoriales ainsi que les personnalités indépendantes se doivent de renforcer leur coordination et leur mobilisation au Sénégal, afin d’être mieux à même d’apporter un soutien plus déterminant à la cause et à la résistance du peuple palestinien jusqu’à la victoire finale, qui passe par l’établissement de l’Etat de Palestine indépendant et viable, libre et démocratique, dans les frontières de 1967, avec Jérusalem Est comme capitale.

Fait à Dakar le 25 Décembre 2017

Le Collectif de Solidarité Sénégal-Palestine Contact : Madieye Mbodj, téléphone 77 644 18 30

 
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