vendredi, 22 novembre 2019
 

Libération de Guy Marius : De hautes personnalités s’engagent…

Libération de Guy Marius : De hautes personnalités s’engagent…

2 août 2019 La libération de l’activiste Guy Marius Sagna pour laquelle Frapp appelle à une mobilisation ce vendredi 2 août, interpelle des écrivains, hommes et femmes de culture, des enseignants, qui ont signé une pétition pour la libération de l’activiste en prison.

Des enseignants, écrivains, hommes et hommes de culture, ont signé une pétition pour exiger la libération de Guy Marius Sagna. Un communiqué a été publié en ce sens. L’arrestation de Guy Marius Sagna a fait sortir des intellectuels de leur réserve. À travers le communiqué sur cette pétition, les signataires rappellent les faits :

« Le mardi 16 juillet 2019, l’activiste Guy Marius Sagna est arrêté et conduit à la Section de recherche de la gendarmerie nationale sur ordre du procureur de la République, pour s’expliquer sur deux publications faites sur le réseau social Facebook ».

Dans ces publications, renseignent les intellectuels, « l’activiste Guy Marius Sagna déplore le fait qu’après 59 années d’indépendance, les élites politiques du Sénégal vont se soigner ou finir leurs jours dans les hôpitaux de l’ancienne puissance coloniale, après avoir échoué à doter le pays d’infrastructures hospitalières capables de fournir aux populations des soins de qualité ». Ils rappellent que « ces publications ont été faites à l’occasion du décès en France du Secrétaire général du Parti socialiste et président du Haut conseil des collectivités territoriales (Hcct), et de l’admission dans un hôpital en France de l’ancien Premier ministre de Macky Sall, Boun Abdallah Dione ».

Ces deux publications, rappellent les signataires, « ne pouvant fonder une infraction, le procureur, après deux jours de détention, a mis les enquêteurs sur une autre piste, à la recherche d’une infraction à retenir contre l’activiste pour ainsi pouvoir le garder en prison ». C’est ainsi, font savoir les souteneurs de Sagna, qu’« après quatre jours entre la Section de recherche de la gendarmerie, la Cave du tribunal de Dakar et la cellule du Commissariat central de Dakar, Guy Marius Sagna est placé sous mandat de dépôt sous le chef d’accusation de « fausse alerte au terrorisme ».

L’infraction est constituée, selon le procureur, « par un texte que l’activiste aurait partagé sur sa page Facebook, parlant de la France qui préparerait un attentat terroriste au Sénégal ». Pourtant, informent les écrivains, femmes et hommes de culture, « l’activiste Guy Marius Sagna n’a pas partagé ce texte sur sa page Facebook. De plus, l’auteur du texte c’est l’organisation Frapp (Front pour une révolution anti-impérialiste, populaire et panafricaine), qui l’a rendu public lors d’une conférence de presse tenue à Dakar, le lundi 15 juillet 2019 ».

En clair, pour voler au secours de Guy, les signataires de la pétition soutiennent que « l’activiste Guy Marius Sagna n’était pas au présidium ce jour-là. Enfin, même s’il est un membre du Frapp, il n’en est pas le Coordonnateur ». Dès lors, font-il remarquer, « s’il y a à convoquer quelqu’un pour ce texte, ce sont tous les membres de l’organisation qui devraient l’être. Or, ni le coordonnateur ni aucun autre membre du Frapp n’a été convoqué ». Et les intellos pro Guy Marius de signaler que « ce texte est l’écho de propos tenus le 18 février 2019 à Kasnack (région de Kaolack) par un député de la mouvance présidentielle, M. Khoureichi Niasse, pour justifier la concession par l’État du Sénégal de blocs pétroliers à l’entreprise française Total, en violation du code pétrolier, et expliquer la brouille entre le ministre de l’Énergie démissionnaire et le Président Macky Sall ».

Les propos de M. Niasse ainsi rappelés, sont : « C’est la France qui nous a colonisés durant plus de deux siècles. Et la France n’a jamais pensé que le Sénégal pouvait disposer du pétrole, du gaz, ou d’autres ressources. Elle pensait que le Sénégal se limitait à la pêche, à l’agriculture, à la mendicité et à l’élevage. Mais on se réveille un jour et on découvre que le Sénégal a du pétrole et du gaz et bien d’autres ressources ».

Toujours à l’appui de leur cause, les pétitionnaires rappellent que « le 21 mai 2019, soit trois mois plus tard, c’est Christophe Castaner, ministre français de l’Intérieur, en visite au Sénégal, qui a affirmé sans ambages que « le terrorisme est présent au Sénégal ».

Dans cette affaire, qui est pour les signataires de la pétition « un gros scandale, il ne s’agit ni plus ni moins que d’une cabale montée de toutes pièces par le régime de Macky Sall, utilisant la justice… pour se débarrasser de Guy Marius Sagna et de l’organisation Frapp/France Dégage, dont le tort est d’être debout contre l’impérialisme et l’oppression sous toutes leurs formes, mais aussi, pour la défense de l’État de droit et de la démocratie ». Selon eux, « Guy Marius Sagna est ciblé à travers l’organisation Frapp et on cherche à le faire taire par des méthodes dignes des régimes autocratiques ». On veut, par cette détention arbitraire, notent-ils, « décourager les mobilisations populaires contre les injustices et les faits de corruption qui accablent le régime en place ».

Cette énième arrestation de l’activiste panafricaniste Guy Marius Sagna a, selon le groupe d’intellos en question, « choqué une bonne frange de l’opinion sénégalaise, poussant des organisations de défense des droits de l’homme et de la société civile, comme la Rencontre africaine des droits de l’homme (Raddho), Amnesty international, le mouvement Y’en a marre, Legs Africa, des artistes comme Dj Awadi et de nombreux blogueurs et citoyens à se mobiliser pour dénoncer sa détention arbitraire et exiger sa libération ».

Et de souligner que « Guy Marius Sagna dérange à cause des différents fronts sur lesquels il se bat contre les dérives du régime et aussi contre le néocolonialisme français au Sénégal et en Afrique », rappelant que « dans un passé récent, il s’est illustré dans le combat citoyen contre la signature des Accords de partenariat économique (Non aux Ape !), la campagne « Pour une souveraineté monétaire, France Dégage ! », l’opposition à l’érection d’une Place de l’Europe à côté de la Maison des Esclaves à Gorée, le combat pour la débaptisation des rues et avenues qui portent le nom d’esclavagistes et/ou de colons, etc. ».

Ont signé cette pétition :

Boubacar Boris Diop écrivain, Sénégal Koulsy Lamko écrivain, et universitaire tchadien établi au Mexique Makhily Gassama, écrivain, ancien ministre de la Culture du Sénégal Théo Ananissoh écrivain et universitaire togolais établi en Allemagne Ngugi Wa Thiong’O, écrivain, Kenya/États-Unis Cornel West, Écrivain, Professeur Harvard University Danny Glover, comédien, réalisateur de cinéma, États-Unis Juan Villoro écrivain, journaliste et membre du Collège National du Mexique, Claudio Albertani écrivain, enseignant, Uacm, Italie/Mexique) Anna Badkhen, écrivaine, Guggenheim Fellow, États-Unis Mario Bellatin écrivain, Pérou-Mexique Rosina Condé écrivaine, poétesse, enseignante, Académie de Création Littéraire Uacm, Mexique Bojana Coulibaly, enseignante-chercheure, États-Unis Palmira Télesforo Cruz écrivaine, journaliste, Mexique Diaspora-Mexico Région 6, Collectif pour les Droits des Afro mexicains Moshen Elmadi écrivain, Iran Samba Gadjigo, Professeur, Massachusetts, Usa Hankili So África Centre de Promotion de Cultures Africaines et Afrodiaspora, Méxique David Huerta, écrivain, poète, enseignant, Prix National de Sciences et Arts, Mexique Abdoulaye Khouma dit Pap, écrivain et journaliste sénégalais établi à Milan, Italie Benjamin Mayer écrivain, psychanalyste, Directeur de Instituto 17, Mexique Véronica Murguía écrivaine, Mexique Khadim Ndiaye, écrivain et universitaire Sénégal/Canada Mahamadou Lamine Sagna, Sénégal professeur American University of Nigeria/Chercheur Laboratoire Changement politique et social, Paris VII-Diderot Conrado Tostado, Poète et philosophe, Mexique Zanicuepa Collectif d’Études sur l’Afrique, Mexique

 
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