vendredi, 15 décembre 2017
 

Sénégal : 1er MAI 2011 : UNE ETAPE SUR LE CHEMIN DE L’UNITE DES TRAVAILLEURS ET DE LA GAUCHE POUR LA LIBERATION NATIONALE ET L’EMANCIPATION SOCIALE DES PEUPLES AFRICAINS !

DECLARATION COMMUNE DE LA GAUCHE SENEGALAISE

Le 1er Mai 2011 se déroule dans un contexte marqué par la tenue, le 20 Avril, de la première élection de représentativité syndicale dans notre pays. Les objectifs du pouvoir, à travers ces élections, étaient :

- d’imposer aux travailleurs la suprématie de centrales syndicales considérées comme acquises à sa cause du fait de sa politique de corruption faite de financements occultes, de distribution de situations de rente et de sinécures ;

- de couronner ses dix ans de politique de morcellement du mouvement syndical, de division des grandes Centrales syndicales qui existaient depuis avant l’Alternance ;

- de s’assurer la collaboration des dirigeants syndicaux ou leur neutralisation, afin de brouiller les luttes des travailleurs ou de les réduire à leur plus simple expression. Pour faciliter l’atteinte de tels objectifs, le fichier électoral était conçu de manière à minimiser le poids des travailleurs de la Région de Dakar, où la CNTS a une implantation historique véritable.

C’est ainsi qu’avec la complicité évidente d’une frange du patronat, le pouvoir est parvenu à réduire à 35%, le nombre de travailleurs inscrits sur le fichier de ladite région, alors que 87% des travailleurs du secteur moderne s’y trouvent. Ainsi, Wade comptait sur les enseignants de la « Génération du Concret », largement recrutés dans les autres régions, pour faire émerger les centrales sur lesquelles il projetait de mettre en œuvre une nouvelle version de « participation responsable ». Mais l’aggravation de la crise économique et sociale dans le pays a fait foirer cet objectif de domestication du mouvement syndical. Les résultats des élections de représentativité traduisent l’échec des complots ourdis contre le mouvement syndical combatif, confirment le leadership de la CNTS, de l’UNSAS et de la CSA qui existaient avant l’Alternance et que dix ans durant, le pouvoir a tenté vainement de détruire ou de domestiquer.

Ces élections consacrent également la combativité de centrales telle que la FGTS. Plusieurs syndicats de base dans les secteurs du transport aérien, de l’énergie et des hydrocarbures, de l’éducation et de la santé, entre autres, n’ont jamais accepté de baisser pavillon face à la dégradation des conditions de vie et de travail dans ces secteurs sociaux cruciaux pour les populations. Les traditions de luttes des travailleurs pour la défense de leurs Intérêts, la promotion des valeurs républicaines et des libertés démocratiques sont plus que jamais d’actualité, pour s’opposer à la volonté cynique de Wade de diviser et de détruire l’UNACOIS, de liquider Bara Tall, son groupe Talix et de jeter dans les affres de la misère les trois mille travailleurs de son entreprise : pareille forfaiture, en tous points inacceptable, ne passera pas.

Parmi les enjeux majeurs de ces élections de représentativité, figuraient aussi, d’une part, le plan de Wade de réformer le Code du Travail pour précariser davantage le secteur, ce qu’il n’a pas pu faire avaliser par les représentants des travailleurs au sein du Conseil National Consultatif pour le Travail et la Sécurité Sociale (CNCTSS), d’autre part, le projet de fusion de l’IPRES et de la Caisse de Sécurité Sociale, pour réunir leurs importantes réserves, avec l’objectif prédateur d’en faire la base d’une politique de « Fonds de pension », déjà instituée par une Loi mais que Wade a eu, jusqu’ici, du mal à matérialiser à cause du refus constant de la majorité des représentants des travailleurs dans les Conseils d’Administration de ces institutions sociales.

Il est du devoir de la Gauche anti libérale, républicaine, démocratique et citoyenne, de mettre tout en œuvre pour contribuer à la libération du mouvement syndical de la corruption et de la division, afin qu’il puisse assumer souverainement le destin des travailleurs du Sénégal. Ainsi, est-il attendu des travailleurs et de leurs organisations syndicales l’unité et la lutte pour éradiquer toutes les sources pouvant enfanter une nouvelle forme de « participation responsable ». Au lendemain des élections de représentativité, le défi véritable pour les travailleurs et leurs organisations est de se mettre résolument à l’avant-garde des batailles démocratiques, sociales et républicaines, ici et maintenant, pour contribuer à mettre fin urgemment à la précarisation continue des conditions de travail, aux fermetures d’entreprises, au chômage massif des jeunes et des moins jeunes, au coût de la vie de plus en plus cher, à la pauvreté galopante dans les villes comme dans les campagnes, à la récurrence des inondations, aux privations endémiques d’électricité, au sabotage des campagnes de commercialisation des produits agricoles, à l’enlisement dans la guerre meurtrière en Casamance, au piétinement de l’éthique et à l’érection des antivaleurs en modèles de vie et de comportements.

Les travailleurs et leurs organisations syndicales ont le devoir citoyen de s’opposer à la corruption, à la mal gouvernance généralisée et à la monarchie rampante, au dispositif de fraude mis en place par Wade pour réussir un parfait hold up électoral en 2012. Il leur appartient de s’impliquer dans la bataille démocratique pour construire une dynamique populaire capable de « DEGAGER » les auteurs responsables des politiques meurtrières qui les oppriment et qui oppriment toute la nation. Ils ont la responsabilité, d’autant plus que nombre de leurs organisations parmi les plus représentatives ont participé aux Assises Nationales et signé leurs conclusions, d’œuvrer de toutes leurs forces à leur application effective, d’en être acteurs et garants, en parfaite conformité avec la défense conséquente de leurs intérêts.

CE RÔLE PERSONNE NE POURRA LE JOUER A LEUR PLACE.

En Afrique, les travailleurs, les peuples et la gauche doivent dénoncer les guerres coloniales impérialistes en Côte d’Ivoire et en Libye, tirer les enseignements essentiels des tenants et aboutissants de ces évènements tragiques, des révoltes actuelles des jeunes et des soldats au Burkina Faso près d’un quart de siècle après l’assassinat du capitaine Thomas Sankara, des soulèvements populaires en cours en Tunisie, en Egypte et plus généralement dans le monde Arabe, ainsi que des putschs électoraux au Togo, au Gabon, en Centrafrique et au Bénin. Ce qu’au delà de leur diversité partagent ces crises, c’est leur rapport au mode plus ou moins violent et contentieux de conquête, d’exercice, de conservation, de transmission ou de dévolution du pouvoir d’Etat sur notre continent. Si leur cause profonde réside dans l’oppression, l’exploitation et la misère inhumaine imposées à la grande majorité des masses africaines par des élites traitresses, corrompues et soumises aux intérêts impérialistes, dans l’échec des politiques libérales des Institutions de Bretton Woods ainsi que dans la nature des régimes politiques despotiques basés sur le présidentialisme néocolonial, leur origine immédiate se trouve le plus souvent dans la compétition sans merci pour l’accaparement du pouvoir politique et le contrôle des richesses par cette même élite bureaucratique et compradore, compétition favorisée, entretenue ou exacerbée par les puissances impérialistes selon la courbe variable de leurs intérêts égoïstes.

Pareille situation renvoie indubitablement à l’absence de souveraineté de nos Etats, illustrant le fait, qu’aujourd’hui encore, plus de cinquante ans après la « Bataille d’Alger » ou le kidnapping et l’assassinat du Premier Ministre congolais Patrice Lumumba, pourtant démocratiquement élu, nos Etats, abusivement qualifiés de “post-coloniaux”, demeurent toujours sous tutelle politique, militaire et diplomatique, monétaire, financière et technologique, sans occulter la domination culturelle et linguistique. S’y ajoute que l’unité nationale dans nos pays respectifs, au même titre que leur intégration organique réelle, restent des chantiers vitaux inachevés, sinon largement en friche.

Série infernale et sans fin de tragédies sanglantes qui continuent de dévaster l’Afrique, mais sans jamais interrompre le pillage des ressources humaines et naturelles ni le transfert massif des capitaux au bénéfice des puissances d’argent !

Ainsi donc, la peur du suffrage universel libre, égal et sincère ainsi que le refus de la démocratie véritable, c’est-à-dire non pas seulement politique mais aussi économique et sociale, perdurent dans la plupart de nos pays, en dépit d’aménagements de pure forme destinés à leurrer surtout les autorités de tutelle transnationales ouvertement complaisantes. Il est alors plus que temps, pour les forces africaines révolutionnaires et de progrès, de surmonter leur émiettement et leurs faiblesses, pour mieux s’engager dans les nécessaires mobilisations populaires, sociales et démocratiques, afin d’œuvrer efficacement à la paix véritable, au triomphe d’alternatives crédibles au service des travailleurs et des peuples. Il sera alors possible de redonner confiance et espoir à la jeunesse de notre continent et de permettre à l’Afrique de conquérir sa juste place dans le monde contemporain.

Pour une dynamique ouvrière et populaire capable de « DEGAGER » Wade et tous ses souteneurs !

Pour l’application effective des conclusions des Assises Nationales ! Forces armées impérialistes, OTAN, ONU-CI, LICORNE, 41ème BIMA, hors de Libye, de Côte d’Ivoire et d’Afrique !

Non aux tentatives d’assassinat prémédité de Khadaffi et de Gbagbo ! Contre l’impunité, pour la paix, la démocratie et la souveraineté populaire : vérité, justice et réconciliation en RCI et en Libye !

Contre les tueries, les exactions et les violations des droits humains en Côte d’Ivoire et en Libye !

Contre toute politique néocoloniale de spoliation des peuples africains, d’accaparement et de pillage de leurs ressources naturelles !

Contre les politiques néolibérales dévastatrices pour les travailleurs et les masses africaines ! Pour la libération nationale et l’émancipation sociale, pour la construction de l’unité nationale véritable dans le respect de la diversité et de la pluralité sur des bases endogènes, pacifiques, démocratiques et populaires !

Pour le panafricanisme des travailleurs et des peuples, pour la solidarité internationaliste, vive le 1er Mai !

ONT SIGNE :

FERNENT/ MTPS, LIGUE DEMOCRATIQUE, OBSERVATOIRE REPUBLICAIN POUR LA DEMOCRATIE ET LA CITOYENNETE, PARTI DE L’INDEPENDANCE ET DU TRAVAIL/SENEGAL, RASSEMBLEMENT DES TRAVAILLEURS AFRICAINS/ SENEGAL, RASSEMBLEMENT NATIONAL DEMOCRATIQUE, UDF/ MBOOLOO MI, YOONU ASKAN WI/ MAP

 
A propos de Afriques en Lutte

Afriques en lutte est un collectif de militant(e)s anticapitalistes membres ou non de plusieurs organisations politiques. Ce site présente les articles parus dans le bulletin (envoi gratuit sur simple demande) ou d’autres publications amies. Notre objectif est de diffuser, à partir d’un point de vue militant, un maximum d’informations (politiques, économiques, sociales et culturelles) sur le continent africain et sa diaspora.

Si les articles présents sur ce site reflètent une démarche volontairement ouverte et pluraliste, leurs contenus n’engagent, bien évidemment, que leurs auteur-e-s. Tous les commentaires sont bienvenus. La rédaction se réserve toutefois le droit de les modérer : les propos injurieux, racistes, sexistes, homophobes, diffamatoires, à caractère pornographique, pédophile, ou contenant des incitations à la haine ne seront pas publiés.

Pour nous contacter : afriquesenlutte@gmail.com

Thèmes