samedi, 25 novembre 2017
 

SENEGAL : Dans l’incertitude d’une deuxième alternance libérale

Mars 2012. Comme en 2000, un nouveau pouvoir libéral est aux commandes avec ses alliés. Comme en 2000, la comédie politique se répète, la gauche (Ligue Démocratique, Parti de l’indépendance et du travail, Parti africain pour la démocratie et le socialisme, RTAS, Yoonou Askan Wi…) incapable de se retrouver puisque minée par des guerres fratricides et un reniement de plus en plus fort des valeurs de gauche, s’arrime aux coalitions regroupant des libéraux (Alliance pour la République du président de la République, Rewmi d’Idrissa Seck, ancien Premier ministre de Wade) et des sociaux-démocrates (Parti socialiste, Alliance des forces du progrès du président de l’Assemblée nationale).

Sous le prétexte fallacieux de faire partir un despote, son but, en fait, est de participer au banquet final, comme la société civile sénégalaise opportuniste à souhait, des partis et des mouvements sans orientation (ceux du chanteur opportuniste Youssou Ndour, de la couturière Diouma Dieng Diakhaté, de la juriste Amsatou Sow Sidibé, etc.) qui rejoignent ce grand rassemblement disparate et incohérent.

Après 15 mois de gestion, le pays reste quasiment au point ou l’avait laissé le régime sortant. Aucun signal fort faisant naître de l’espoir n’est perçu. Les élites politiques sont préoccupées par la conservation de leurs privilèges et les élections municipales à venir, les organisations sociales reprennent la lutte et les populations crient leur mal face au non-respect des engagements immédiats du président de la République d’alléger leurs souffrances et face à des problèmes qui ne correspondent pas aux besoins des Sénégalais et font diversion.

Pléthore de ministres, népotisme et clientélisme érigés en règle

Conquérir le pouvoir pour satisfaire les besoins de la population ne semble plus être la préoccupation des partis politiques mais plutôt le chemin le plus rapide vers l’ascension sociale et le moyen d’acquérir des privilèges et de s’enrichir.

Cette image des hommes politiques est perçue et analysée par la population comme une attitude négative qu’elle condamne avec vigueur. Ce qui fait le jeu de la société civile qui, l’ayant bien compris, a pris le peuple en otage par des manipulations et jeu de dupe pour accéder, aussi, au sommet.

Ainsi, en plus de la trentaine de membres du gouvernement, le président a nommé plus d’une dizaine de ministres conseillers parmi lesquels on retrouve des amis , des alliés politiques du second tour et des opposants farouches à l’ancien régime qui sont rattrapés par le poids de l’âge et la maladie, comme Ameth Dansokho, secrétaire général du Parti du travail et de l’indépendance qui avait démissionné lors du dernier congrès de son parti et qui est revenu sur le devant de la scène lors des élections de 2012 au détriment du secrétaire général élu, Maguette Thiam.

La pléthore de ministres, de directeurs d’agence, le népotisme et le clientélisme critiqués sous le règne de Wade sont toujours érigés en règle.

Les libéraux : une famille minée par les querelles

C’est ainsi que dès la chute de Wade, le Parti démocratique sénégalais (PDS) s’est réorganisé pour rebondir politiquement au moment où n’existe quasiment pas d’opposition forte qui puisse affronter la coalition au pouvoir. Harcelés par le gouvernement en place, les libéraux de l’époque, avec l’exil de leur mentor en France, mènent la résistance face aux accusations d’enrichissement illicite.

Le régime libéral actuel et ses alliés, au pouvoir depuis mars 2012 ont fini par mettre aux arrêts le fils de l’ancien président, Me Abdoulaye Wade. Ce dernier sanctionné par le peuple est parti pour n’avoir pu résoudre les besoins élémentaires des Sénégalais (fourniture correcte en électricité des ménages, réduction du prix des denrées de première nécessité, chômage des jeunes, non-orientation des bacheliers) mais aussi en raison d’un règne marqué par l’impunité et l’insolence.

Son fils est accusé de s’être enrichi illégalement en accumulant un gros capital et d’avoir dissimulé ses avoirs dans des paradis fiscaux, des sociétés de couverture ou d’être propriétaire de grandes multinationales. Ses anciens collaborateurs sont ainsi poursuivis pour détournement de fonds, malversations financières, fuite de capitaux, marchés de gré à gré, enrichissement illicite, etc.

La complexité du dossier dit « des biens mal acquis », de la nébuleuse qui l’entoure et les contradictions des procédures judiciaires font penser que le pouvoir actuel a un autre but, non avoué, l’élimination d’un adversaire politique.

Car cette fameuse bataille autour des biens supposés mal acquis oppose deux tendances de la famille libérale : le PDS avec à sa tête le coordonnateur Omar Sarr poursuivi lui aussi dans cette affaire et l’Alliance pour la République (APR) dont le chef, l’actuel président, avait été destitué de la présidence de l’Assemblée nationale par une loi dénommée Sada Ndiaye, votée par ses amis de l’époque.

Cette famille libérale a été minée par des querelles et des positionnements bien avant les élections. Son éclatement est plus le résultat de mécontentements pour privilèges non obtenus que de questions d’orientation politique.

Ainsi, naquit le groupe Bokk Guiss Guiss qui a quitté aussi le navire du PDS. Il est dirigé par l’ancien président du Sénat, Pape Diop, avec ses amis comme Mamadou Seck, dernier président de l’Assemblée. Il rejette toute alliance pour les élections municipales à venir et refuse de s’accommoder avec le PDS dirigé par Omar Sarr. Les dirigeants de Bokk Guiss Guiss étaient contrariés du choix d’Omar Sarr par leur secrétaire général national, le Pape du Sopi1[i], Aboulaye Wade.

Idrissa Seck, quant à lui, a quitté le parti depuis ses premiers déboires avec Wade et créé le Reew-mi. Il se réclame de la famille libérale et s’est présenté aux deux dernières élections présidentielles sans succès. 2012 a été sa plus grande déception. Le contexte aidant, il a rejoint la coalition Benno Bokk Yaakar malgré lui et sa rancune envers l’actuel occupant du palais ne tarit pas. En témoignent ses attaques du gouvernement de coalition dont son parti est solidaire.

De nombreuses divisions dans la coalition Benno Bokk Yaakar

Benno Bokk Yaakar est plus proche de la division que du resserrement des rangs pour les futures échéances électorales. Les sources de divisions sont d’abord le mandat du président de l’Assemblée nationale, la décision du président sur la réduction de son mandat à cinq ans mais aussi les élections locales prévues l’année prochaine. Les partisans de Maky Sall veulent le maintien du mandat à un an pour le président de l’Assemblée mais les autres membres de BBY soutiennent que c’est une loi antidémocrate qui avait été votée uniquement pour éliminer un potentiel adversaire à l’époque et qu’il faut y mettre un terme.

L’attitude des militants de l’APR se comprend puisqu’ils ne sont pas du même camp que Moustapha Niasse, secrétaire général de l’Alliance des forces du progrès, et ils ont peur que ce dernier ne soit dans une position avantageuse avec son parti si le mandat revient à 5 ans.

Ce même comportement se lit dans un discours qui demande au président de ne pas renoncer au septennat pour pouvoir profiter encore longtemps des privilèges et des plaisirs du pouvoir.

A la base, les militants des autres partis membres de BBY sont sur le qui-vive et réclament à leurs responsables de se prononcer clairement sur ces questions et de ne pas faire de compromission au nom de la solidarité gouvernementale.

D’ailleurs le dirigeant de Reew-mi n’en tient pas compte, lui qui a des ministres dans ce gouvernement. Il attaque de front le régime et dénonce les erreurs et les mensonges qui sont faits au jour le jour même si ses intentions sont connues de tous.

Museler l’opposition, un souci majeur

On note, actuellement, un recul de l’application des droits et libertés démocratiquement acquis après plusieurs années de lutte.

Le nouveau gouvernement s’est mis à interdire les marches et manifestations, l’organisation de ces manifestations est reconnue et autorisée par la Constitution sur simple lettre d’information à l’autorité publique. Mais cette dernière les interdit sous prétexte de troubles à l’ordre public ou de manque de sécurité pour encadrer les marches et manifestations. Mais le souci majeur est de museler l’opposition ou les mouvements sociaux et les empêcher d’exprimer leur libre opinion sur la gestion contestée du régime et sur l’impopularité de ce dernier malgré toute la communication déployée pour tromper l’opinion.

Par ailleurs, le Sénégal, réputé terre d’accueil et d’hospitalité a failli dans sa mission de champion des droits de l’Homme dans la sous-région, en expulsant le Gambien Koukoï Samba Sanyang et le blogueur tchadien Maikaïla, opposants au régime autoritaire de Yaya Jammeh en Gambie et d’Idriss Déby au Tchad.

Le gouvernement libéral de Maky Sall doit répondre de cet acte anticonstitutionnel devant les peuples sénégalais, gambien et tchadien. La France consolide ses positions en Afrique de l’Ouest Sous le magistère de Wade et de Gbagbo, la France avait perdu ses puissants leviers en Afrique de l’Ouest : la Côte d’Ivoire et le Sénégal qui avaient privilégié la coopération Sud-Sud (Chine, Brésil, Afrique du Sud et les pays arabes).

Le démantèlement des bases françaises à Dakar, le rejet de la politique françafricaine par Gbagbo avaient donné à la France l’occasion d’armer et d’intervenir en Côte d’Ivoire lors de l’élection présidentielle pour faire tomber le gouvernement social-démocrate et installer le libéral Alassane Ouattara. Le nouveau gouvernement ivoirien et l’arrivée de Macky Sall lui redonnent la possibilité de reprendre en main et de consolider ses positions en Afrique de l’Ouest, a fortiori avec l’intervention au Mali. Alors que les peuples veulent voir les troupes françaises hors d’Afrique.

C’est par une rupture audacieuse qu’on enverrait la Françafrique au musée. Mais ces gouvernements fantoches, à la solde de l’impérialisme français, ne sont pas près de rompre mais plutôt de s’y arrimer de plus en plus. Hier, la France décidait seule d’intervenir en Afrique quand ses intérêts étaient menacés ; aujourd’hui, on met en avant des armées africaines qui seront appuyées par la France.

Le comité de suivi (article 5 du traité de coopération militaire entre le Sénégal et la France, signé le 18 avril 2012 par Macky Sall et Nicolas Sarkozy), renvoie encore au monstre de « Monsieur Afrique ».

Une économie plombée par 12 ans d’errements

Un an après avoir fait partir Wade, les Sénégalais, fatigués et appauvris restent toujours dans le doute face à un bilan économique et social mitigé. Dirigé par une coalition pesante, le gouvernement de Macky Sall, incapable de mettre en orbite une économie plombée par 12 ans d’errements de tous ordres n’a d’autre recours que les emprunts obligataires sur le marché de l’UEMOA et un retour sous le diktat de la France et des institutions financières internationales.

Plus de 60 % de la population durement frappée par la crise. « Le pays va mal ». Oui le Sénégal va mal, il faut oser le dire, tous les clignotants sont au rouge. Selon l’étude menée par le réseau Afrobaromètre, dans son rapport de 2013, 78 % des Sénégalais apprécient négativement les efforts du gouvernement pour réduire le fossé entre « riches et pauvres ».

Ainsi le peuple pense que l’économie du pays est mal gérée par les autorités et que les politiques de création d’emploi, d’amélioration des conditions de vie, de réduction/stabilité des prix et de sécurité alimentaire sont inefficaces. Le président n’a pas respecté ses engagements, seules les prix de certaines denrées ont baissé de façon dérisoire, par exemple le riz de qualité inférieure. Par ailleurs, le gouvernement de Macky Sall entend résoudre la pauvreté en allouant 100 000 FCFA par an et par famille pour 1000 000 familles démunies. Or la crise a frappé durement plus de 60 % de la population, soit plus de 7 millions de personnes.

Cette disposition maintient la politique d’appauvrissement de la population rurale, victime de campagne agricole ratée de même que cette grande majorité des Sénégalais victimes de la crise et renforce au sommet le clientélisme politique et maraboutique en allouant, en même temps, de gros avantages à ses représentants politiques (Assemblée nationale, Conseil économique social et environnemental).

Cette bourse équivaut à 8333 FCFA par mois (soit environ 12 euros) ou tout simplement à 278 FCFA par jour. C’est une misère comparée aux salaires, indemnités, privilèges faramineux octroyés aux ministres, députés, directeurs d’agences et conseillers. Et tous ces avantages sont supportés par le peuple travailleur qu’on continue d’opprimer.

Les déclarations du ministre de la Justice dans son interview (Soleil, 1er juillet 2013) sont humiliantes à l’égard du peuple : « Un paysan après avoir travaillé tout l’hivernage, gagne 100 000 FCFA pour vivre toute l’année. Si le gouvernement lui alloue 100 000 FCFA, il double ses revenus. Avec cette bourse, le gouvernement donne des possibilités supplémentaires aux familles bénéficiaires et c’est sous cet angle qu’il faut voir cette politique. » L’initiative gouvernementale de 100 000 FCFA par famille et par an n’est que de la poudre aux yeux pour les masses.

Avec un Premier ministre et un ministre des Finances, banquier par essence et à la solde du grand capital, le peuple travailleur n’est pas prêt de voir le bout du tunnel. La situation est sans issue, le programme de Benno Bokk Yaakar et Yoonu Yokouté du président élu mène à l’impasse.

Éducation et formation : le programme décennal n’a pas résolu les problèmes majeurs

Les enseignants qui s’étaient engagés à suspendre leur grève à la demande du nouveau pouvoir qui leur avait promis de satisfaire leurs revendications, ont repris la lutte car ils se sont sentis floués par les nouveaux arrivants. Ces derniers ont poussé la provocation très loin en menaçant les enseignants de les remplacer par leurs collègues retraités lorsqu’ils ont décidé de ne pas participer à l’organisation des examens et concours.

Ce régime n’a pas de solution immédiate pour résoudre les problèmes de l’école. L’avenir de notre système éducatif est inquiétant. Un budget insuffisant, des enseignants et des élèves et étudiants placés dans des conditions difficiles sans qu’aucune solution sérieuse et adaptée ne soit apportée. Le programme décennal de l’éducation et de la formation n’a pas résolu les problèmes majeurs et le programme d’amélioration de la qualité, de l’équité et de la transparence (Paquet), présenté comme une « grande réforme » du système éducatif « qui reposera sur une gestion axée sur les résultats » est considéré pour le moment comme un programme de plus, sans espoir de réalisation.

Depuis les états généraux de l’éducation en 1981, le secteur est allé de mal en pis du fait de la politique d’austérité dictée par le FMI et la Banque Mondiale pendant 20 ans. Avec l’alternance en 2000 sous l’ère Wade, la politique de recrutement des volontaires et vacataires inaugurée par Mamadou Ndoye de la Ligue démocratique1 au début des années 90 dans le gouvernement élargi du socialiste Abdou Diouf, s’est poursuivie.

L’inégalité criarde de traitement des agents dans la fonction publique verra l’émergence d’un syndicalisme fort et neutre idéologiquement avec le Syndicat national de l’enseignement moyen et secondaire et le Syndicat autonome des enseignants du moyen secondaire du Sénégal regroupés dans un premier temps dans le Cadre unitaire syndical de l’enseignement moyen secondaire (Cusems). Avant l’éclatement qui donnera le Cusems de Mamadou Mbodj et le Saemss-Cusems de Mamadou Lamine Dianté.

Dans l’élémentaire, le Syndicat des enseignants libres du Sénégal dirigé par Souleymane Diallo deviendra le plus représentatif. En même temps, on assiste au déclin des organisations inféodées à des partis staliniens comme la Ligue démocratique avec l’Union démocratique de l’Éducation nationale et le PIT avec le Syndicat unique et démocratique des enseignants du Sénégal mais aussi des syndicats affiliés au PS comme le Syndicat national de l’enseignement élémentaire et le Syndicat des professeurs du Sénégal.

Le peuple espère, en élisant l’actuel président, sortir de la misère Malgré les tentatives de musellement, les manipulations et les appels du pied, le véritable mouvement social et les militants convaincus restent vigilants et ripostent à chaque fois qu’il y a nécessité.

Ainsi le mouvement Y en a marre, avec à sa tête Fadel Barro et le rappeur Thiatt, reste sur ses gardes. Et refusant de s’atteler au gouvernement lors de sa nomination, il continue de réclamer une position de sentinelle pour veiller à l’application des engagements du candidat-président élu.

Le Mouvement du 23 juin (M23) s’est scindé en deux organisations. Des militants qui ont refusé de s’arrimer au pouvoir libéral en refusant une part du gâteau qui leur est offert et ont mis en place un mouvement combatif et alternatif face à un groupe qui a voulu rejoindre le pouvoir et collaborer, à l’image d’Alioune Tine de la Raddho (Rencontre Africaine pour la défense Des Droits de l’Homme) qui a accepté d’être mis à la tête du comité sénégalais des droits de l’homme par le régime de Sall et d’autres membres d’organisations de la société civile qui se sont fondus dans les méandres du nouveau pouvoir.

Dans les syndicats traditionnels, comme le Syndicat unique des travailleurs de l’électricité (Sutelec), c’est la rébellion contre l’éternel secrétaire général Mademba Sock, qui connaît désormais les délices de la participation au pouvoir. Il veut en effet continuer sur sa ligne et refuse de quitter la barre après plus d’une décennie d’exercice. Une scission est née avec le groupe d’Aliou Ba engagé dans le mouvement social et qui est décidé à ne pas faire de cadeau.

L’Union des syndicats autonomes du Sénégal, la centrale que dirige le même éternel et « has been » M. Sock est en remous : il y est aussi contesté qu’au Sutelec.

Les classes moyennes placées dans la précarité se révoltent. Les marchands ambulants de Dakar, constitués de jeunes chômeurs, d’élèves et étudiants qui veulent supporter leurs études, de ruraux qui fuient les zones arides et viennent en ville pour survivre, et face à la complicité de l’État et des collectivités locales, refusent d’être parqués dans des sites qui les éloignent de leur source de revenus.

Sous prétexte de dallage et d’embellissement de la ville de Dakar, les autorités centrales maintiennent cette frange importante du secteur informel qui contribue grandement au PIB, dans une instabilité économique qui les écrase.

Les étudiants et élèves, inquiets, se mobilisent contre la nouvelle réforme de l’université proposée en mars. Dans ce document, le comité de pilotage propose de diviser l’université Cheikh Anta Diop de Dakar en quatre, d’harmoniser les inscriptions pour tous les étudiants issus de l’espace UEMOA et d’augmenter les droits d’inscription pour les Sénégalais. Il est aussi proposé dans ce document une internationalisation de l’université. De plus, le baccalauréat ne doit plus être la clé de l’université, les bacheliers devant être soumis à un test qui permettra de sélectionner les meilleurs et les orienter. Il propose aussi que les bourses ne soient plus généralisées.

En fait, ce que réclame le peuple sénégalais, c’est la résolution de ses problèmes immédiats. Son espoir, en élisant l’actuel président, est une meilleure prise en charge de ses besoins pour lui permettre de survivre et sortir de la misère dans laquelle le régime wadien l’avait enfoncé. Ce qui n’est pas compliqué : la diminution réelle des prix des denrées de première nécessité, une fourniture régulière en eau et en électricité, une politique agricole conséquente.

Les tergiversations, les lenteurs, le silence sur certaines questions essentielles, les déclarations techniques ou laborieuses des ministres pour expliquer au peuple qu’il faut patienter, ont renforcé les Sénégalais dans leur conviction que le pays s’enlise.

Jacques Sall et Pape Demba Soumaré

[i] Sopi (« changement » en wolof) est la coalition électorale de Wade lors des élections présidentielles de 2000

http://www.afriquesenlutte.org/notr...

 
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