vendredi, 20 octobre 2017
 

Sénégal : Déclaration de Yoonu Askan Wi

DECLARATION DU SECRETARIAT DE YOONU ASKAN WI : LEURS VACANCES, NOTRE CALVAIRE

Est il acceptable, pour un Etat organisé et responsable, de laisser pourrir des conflits potentiellement explosifs, dans le laxisme voire le mépris et le pilotage à vue, jusqu’à en arriver à faire fermer une radio et une télévision, WAL FADJ’RI en l’occurrence, qui contribuent indéniablement à la création d’emplois et à l’effectivité du droit du citoyen à l’information ? Quitte pour cet Etat à se dédire en prenant une décision de justice, pour ensuite ordonner le contraire par une autre décision de justice, dans l’espace de moins d’une semaine ? Quand l’incompétence et la déliquescence règnent au plus haut sommet de l’Etat, gouvernance rime inévitablement avec incohérence. Souvenons- nous : est- il supportable de voir des artistes illustres finir leur vie dans le dénuement, la maladie et la misère, à l’image de Pape SECK, Aminta FALL, Nduaga MBAYE, Laba SOSEH, Makhourédia GUEYE et tant d’autres ? Les artistes sont des travailleurs culturels, c’est-à-dire aussi des milliers et des milliers de travailleurs tout court. Les droits d’auteur représentent en quelque sorte le salaire différé des artistes, qui doivent pouvoir vivre des fruits de leur création. La nation entière leur doit une reconnaissance méritée, ces ambassadeurs qui contribuent dignement à assurer le rayonnement du Sénégal un peu partout à travers le monde. Respecter les droits d’auteur et les payer aux artistes relève du principe, de la justice et du bon sens.

Est- il aussi acceptable que dans un Etat qui se dit de droit, les travailleuses et travailleurs d’AFRICAMER puissent rester 49 mois sans être payés par un employeur, qui se prévaut de protections au plus haut sommet pour agir ainsi impunément ? Est- il acceptable qu’un journaliste, Abdou Latif GUEYE, reçoive des menaces de mort parce que simplement, dans le respect des règles d’éthique et de déontologie de sa profession, il a ‘’osé’’ révéler, au nom du combat citoyen pour la transparence et la gestion vertueuse des deniers publics, les vérités qu’il fallait sur les « contes et mécomptes de l’ANOCI », ce gouffre à milliards d’agence, dirigée par le fils du Président de la République et ci devant Ministre d’Etat ? ‘’Wiiri wiiri jaari ndaari’’, Monsieur Karim WADE n’échappera pas : aujourd’hui ou demain, il rendra obligatoirement des comptes au peuple sénégalais. Par ailleurs, sauf à confondre l’Etat avec la personne des autorités, signe d’un totalitarisme rampant, est- il acceptable de convoquer des journalistes à la Division des Investigations Criminelles (DIC) pour avoir écrit que des filles de ministres seraient mêlées à une banale affaire privée de coups et blessures portée devant le tribunal, alors qu’un simple démenti dans le même journal aurait amplement suffi si besoin était ?

Il faut le dire, c’est à la fois une faute économique lourde, une insouciance politique grave et un mépris social révélateur, nourris par un mimétisme culturel tenace, que de voir nos dirigeants, ceux d’un pays sahélien à prédominance agricole, fortement tributaire des aléas climatiques liés en particulier à l’hivernage, calquer leurs vacances sur celles de leurs ‘‘amis’’ des pays européens, la France notamment. « PAS DE VACANCES GOUVERNEMENTALES PENDANT L’HIVERNAGE » devrait être pourtant une mesure de bon sens pour des autorités tant soit peu soucieuses du développement réel du Sénégal et du sort de ses populations meurtries, d’autant que l’expérience des intempéries et calamités répétitives tout le long des hivernages de ces dernières années est suffisamment éloquente pour qui veut bien entendre les cris de détresse du peuple souffrant.

Les délestages intempestifs devenus des privations endémiques d’électricité, au grand désarroi des ménages et des entreprises, les inondations récurrentes dans la banlieue de Dakar et dans diverses autres localités du pays, ne font que traduire l’échec d’un pouvoir qui n’a réussi qu’à aggraver les tares héritées de l’ancien régime, privilégiant ses lubies propres, ses complexes de grandeur, son enrichissement personnel et rapide au détriment des vraies priorités des populations. Et de grâce qu’on cesse d’accuser ces braves populations d’être elles mêmes la cause de leurs malheurs du fait d’occupations et de constructions irrégulières ! Un exemple : sur les 15 Unités des Parcelles Assainies de Keur Massar, 12 pataugent dans les eaux, et pourtant il s’agit là de terrains lotis et viabilisés, de cités construites et mises en vente, par l’Etat, par le biais de la SNHLM, sans plan d’assainissement véritable, sans système d’égouts ni réseaux d’évacuation des eaux pluviales. Peut on espérer régler durablement le problème des inondations ou des privations d’électricité dans l’improvisation ou le par à coups à la ‘’bëcëg juroom’’, c’est-à-dire sans une stratégie globale d’assainissement, sans un programme d’approvisionnement maîtrisé en combustibles, àmoyen et long terme ?

En vérité, au regard des graves périls qui pèsent sur le Sénégal, ceux qui méritent de passer devant la DIC, ne sont autres que les principaux dirigeants de ce pays : pour le salut de nos concitoyens et concitoyennes, ils doivent être démis de leurs fonctions, jugés et punis pour incompétence et incurie, non assistance à peuple en danger et pillage des ressources nationales. Toutes les énergies doivent être tendues vers la réalisation de cet objectif : il y va, ici et maintenant, du sort des générations présentes et à venir.

Fait à Dakar le 1er Septembre 2009

Le Secrétariat de Yoonu Askan Wi

Contact : Madièye MBODJ, porte parole national / Tél : 22177 644 18

 
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