samedi, 16 décembre 2017
 

Sénégal : Le M23 sceptique sur l’avenir du pays

”Il y a visiblement un affrontement entre les forces ayant la volonté de s’installer dans le cadre monarchique d’avant le 25 Mars 2012 et le Peuple réclamant la matérialisation de l’esprit du 23 Juin”.

Pour une piqûre de rappel, c’en est une. En prélude à la commémoration du 23 juin, le mouvement éponyme (M23) exprime sa vive préoccupation par rapport à la situation socio-politique du pays. Des ”agressions contre les magistrats et des unités de l’institution Judicaire” aux ”coupures d’eau et d’électricité” en passant par le ”refus explicite de rendre compte à la justice (cour des comptes)”, ou encore aux dérives ”des élus municipaux, des chefs coutumiers (qui) se substituent à la loi pour « faire régner l’ordre », les actes posés par le régime actuel n’inspirent apparemment pas confiance Mamadou Mbodji et Cie. Dans un communiqué parvenu à Actusen, le M23 qui, rappelle au passage les conditions douloureuses de sa naissance, invite Macky Sall et son gouvernement ”au respect du mandat populaire du 23 mars 2012”.

Nous publions in extenso ledit communiqué.

COMMUNIQUE DU M23 EN PRELUDE DE LA COMMEMORATION DU 23 JUIN

Le 23 juin 2011 les forces vives de la nation, dans toutes leurs composantes, leur diversité, leurs contradictions, tous corps de métiers, catégories sociales, et toutes générations confondus, se sont mobilises pour s’opposer
- à la loi anti républicaine préparant une passation de pouvoir à caractère dynastique.
- à la tentative d’affranchir l’Assemblée nationale de la volonté populaire aux fins d’adoption du projet relatif au ticket et à la suppression du quart bloquant .Si cette loi était passée avec 34% des voix, 19% des inscrits le Président sortant passait dès le premier tour ! Et nous serions devenus des sujets !
- à la volonté du Président de la République sortant de décider seul du contenu de notre Loi Fondamentale en modifiant unilatéralement la Constitution consensuelle ment élaborée par les représentants des forces vives de la nation en 2000 ! Ce mouvement des forces vives de la nation, du 23 juin 2011 constituait le paroxysme de la résistance dont avait fait montre les mobilisations.
- des ruraux contre les expropriations foncières intempestives et meurtrières du foncier agricole et du foncier pastoral (Fanaye, Nginth ,Ronckh Bambilor …) par la seule volonté du Président sortant et de ses courtisans. !
- des populations urbaines contre les expropriations massives relevant de la seule volonté du Prince (Yoff, Ouakam, Université…..)
- de l’opinion nationale contre les tentatives d’expropriation de l’état par le gouvernement (Université, lycée Lamine Gueye , Claudel)
- des diplômés chômeurs contre les embauches népotistes dans la Fonction Publique.
- des étudiants, enseignants et des travailleurs de la santé contre le non respect systématique de ses engagements
- du peuple sénégalais dans sa totalité contre l’accaparement des ressources et biens publics nationaux prélevés comme TRIBUT !
- des populations rurales et urbaines contre les coupures d’eau et d’électricité Au-delà de la spécificité de chaque situation c’est bien le Contrat Social et le caractère républicain de l’Etat qui faisaient l ‘objet d’une violation rappelant les heures les plus sombres du moyen âge sénégalais. Aujourd’hui en ce vingt et unième siècle largement engagé,
- des appels répétés au Président en exercice pour qu’il attente à l’Independence de décision des juges et de l’institution judicaire.
- des agressions contre les magistrats et des unités de l’institution Judicaire, s’ajoutent à un refus explicite de rendre compte à la justice et partant au peuple sénégalais (cour des comptes).
- du dilatoire systématique au détriment des corps de contrôle de la République (OFNAC, IGE…).
- des élus municipaux, des chefs coutumiers se substituent à la loi pour « faire régner l’ordre »
- les coupures d’eau et d’électricité reprennent.
- les engagements pris à l’égard des enseignants et travailleurs de la santé font à nouveau l’objet du dilatoire.
- le Président dénonce la persistance de la corruption à un niveau élevé ! Ainsi malgré des mesures incontestables et incontestées les conditions ayant présidé à la naissance du M23 sont en grande partie d’actualité ! Il y a visiblement un affrontement entre d’une part les forces ayant la volonté de s’installer dans le cadre monarchique d’avant le 25Mars 2012 et d’autre part le Peuple réclamant la matérialisation de l’esprit du 23Juin (2011). Il s’agit de prendre notre destin en main et en opérant courageusement les ruptures tant au niveau des gouvernants qu’au niveau des gouvernés. Le respect du Mandat Populaire du 25Mars 2012, c’est-à-dire :
- la défense du caractère républicain de l’Etat
- le respect de la parole publique et des engagements du gouvernement
- le recouvrement des ressources nationales accaparées par les nouvelles aristocraties
- l’égalité des citoyens et des terroirs devant l’Etat
- l’indépendance des gouvernants par rapport aux lobbies étrangers, coutumiers, maraboutiques, affairistes.
- la défense de la propriété nationale de la terre (y compris le littoral) La poursuite de la répression de l’enrichissement illicite Les réformes institutionnelles et constitutionnelles dans un cadre consensuel.

NB : Le bureau national du M23 tiendra sa session du comité de coordination le samedi 27 juin 2015, à son siège.DAKAR LE 22 JUIN 201 LE BUREAU NATIONAL

Source : http://www.actusen.com

 
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