lundi, 23 octobre 2017
 

Sénégal : SOUTENONS LA LUTTE DES TRAVAILEURS DE L’HOPITAL DE GRAND-YOFF !

La situation inextricable dans laquelle se débat l’Hôpital Général de Grand Yoff (HOGGY) est catastrophique à tout point de vue et appelle de la part de tout citoyen, de tout démocrate une attention toute particulière du fait des drames humains qu’elle entraîne.

Depuis des années, les mouvements de grève, des marches sont continuellement organisés par les travailleurs pour tirer la sonnette d’alarme et demander aux pouvoirs publics de résoudre les multiples problèmes qui se posent à l’hôpital et qui handicapent son fonctionnement. Mais rien n’y fait, les pouvoirs se complaisent dans une attitude d’esquive et de silence complice en mettant en application une politique de division du mouvement pour laisser pourrir la situation au grand damn des malades laissés à eux-mêmes..

L’attitude irresponsable du gouvernement

De 2001 à 2010, la subvention de l’Etat, dans le budget de 06 milliards de Hoggy, est resté dérisoire : 01,3 milliard, alors que le nombre de malades est multiplié par 5. Pendant ce temps WADE et sa famille organisent un festival mondial à raison de 70 milliards et érigent une statue de 14 milliards de nos francs. Par démagogie, ce gouvernement met en place un plan SESAME pour la prise en charge médicale des personnes du 3° âge, mais refuse de financer l’hôpital à hauteur des besoins qu’induise une telle politique. De surcroît, il ne reverse pas à l’hôpital les sommes dues : plus d’1,5 milliards.

La gestion clientéliste de la Direction

Le recrutement clientéliste est un des maux qui gangrènent Hoggy : les Directeurs Généraux mis en place par le pouvoir, en l’occurrence l’avant-dernier, en font une maison de recasement de parents et relations sans aucune qualification, avec des salaires qui défient toute norme et tout bon sens. Imaginez qu’un aide cuisinier puisse toucher près de 300 000F, plus qu’un infirmier ou un technicien supérieur. C’est proprement scandaleux ! Mais au royaume de Buur WADE, plus rien n’étonne plus. Sur 700 agents, les fonctionnaires, personnel de santé qualifiés ne font pas 300 personnes. Tout le reste est constitué de personnel (70 % du personnel recruté), sans aucune qualification médicale. Pour une structure médicale, c’est d’une absurdité dramatique.

Cette situation de tong-tong à Hoggy créée par l’ancien directeur s’est installée avec la complicité de certains agents et de soi-disant syndicalistes qu’il faut identifier et combattre pour les intérêts de Hoggy et ceux des populations, des patients en particulier.

L’impact sur le fonctionnement de Hoggy Tout manque à l’hôpital. C’est Les pénuries en tout genre :

- manque de réactifs pour le laboratoire pour assurer les meilleurs soins possibles ;
- manque de fils de suture pour assurer les soins d’urgence appropriés, outre les autres opérations plus difficiles.
- manque de produits anesthésiants pour les opérations chirurgicales.

Cette situation est sans commentaire. Des malades sont obligés de sortir de Hoggy pour aller vers d’autres centres hospitaliers. Cette situation de pénurie ne manque pas de susciter des actes de racket des malades par certains agents véreux qui exploitent et la crédulité et l’indigence dans laquelle est plongé Hoggy.

L’impact sur les agents

Une telle situation ne peut manquer d’impacter le sort des travailleurs de Hoggy. En effet, depuis 05 ans, les cotisations sociales des travailleurs ne sont versées ni à l’IPRES ni à la Caisse de sécurité sociale. De même, la Direction ne verse plus la quote-part de Hoggy destinée à la coopérative des agents de Hoggy, de sorte que les terrains attribués aux agents ont été repris à ceux-ci.

La Direction de Hoggy doit près de 100 millions à la pharmacie de L’IPM au point que celui-ci a fermé ses portes aux agents qui se retrouvent ainsi sans couverture médicale. Au surplus, elle reste devoir 12 mois d’arriérés d’indemnités aux travailleurs. Ceux-ci restent sans salaires jusqu’au 25 du mois. Des retraités se retrouvent, 17000F à la fin du mois par défaut de versement des cotisations de la part de la Direction à l’Ipres.

Ajoutons à tout ceci la somme de 01,5 milliard due par l’Hoggy dettes à ses fournisseurs. Ce qui plombe la fourniture de consommables nécessaires aux soins des malades admis à l’hôpital.

Les revendications des travailleurs

Aujourd’hui, la tension reste vive à Hoggy et ne pourrait, à coup sûr, se détendre qu’avec la résolution des revendications suivantes exprimées ouvertement par des agents soucieux du bon fonctionnement de leur outil de travail :

- 1- réintégration de Ousseynou SOW »délégué syndical licencié abusivement
- 2- éclairer la dette de 6 milliards que Hoggy doit aux fournisseurs
- 3- fournitures en consommables pour répondre aux besoins en soin des patients.
- 4- paiement des salaires à temps

Cela ne peut se réaliser sans une grande mobilisation impliquant les différents syndicats de la santé préoccupés uniquement par les intérêts des travailleurs et de leurs malades. Une telle option doit nécessairement rompre avec l’esprit du Pàccoo qui se fait toujours au détriment des populations dans le besoins de soins de santé. Une telle option est contraire aux actes posés jusqu’ici par les différents ministres de la santé de Wade, dont le dernier en date, Modou Diagne Fada n’st préoccupé que par le gain politique qu’il peut tirer de sa position. Lui aussi aurait placé au Ministère de la santé plus 100 personnes provenant de sa localité d’origine. Du reste, et il ne s’en cache pas le moins du monde, et proclamerait à tout va : « Dans tout acte que je pose je veux voir ce qu’il me rapporte politiquement ». Son projet s’inscrit dans celui de construire et de consolider, comme du reste tous les autres ministres-vassaux de WADE, sa clientèle politique pour mériter de son seigneur sa posture de ministre. Mais il n’y a là rien d’étonnant pour un disciple de WADE.

Pour le Rta-S, la seule mesure salvatrice pour tirer définitivement Hoggy de son coma, consiste dans la lutte pour dégager WADE et son régime afin de construire un système de santé viable permettant aux agents de la santé de prodiguer de meilleurs soins aux malades. Dans cette perspective, le Rta-S soutient la lutte légitime des agents de Hoggy autour de leur plateforme revendicative.

RÉEW DAÑ KOY PÉNCOO, KEN DU KO PÀCCOO !

Dakar, le 16 mars 2011

Le Secrétariat Politique

 
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