samedi, 23 septembre 2017
 

YAW Sénégal : DECLARATION DE LA DELEGATION EXECUTIVE NATIONALE : ERIGER LE M23 EN CONSEIL CONSTITUTIONNEL POPULAIRE

La 3ème session ordinaire de la Délégation Exécutive Nationale (DEN) de YOONU ASKAN WI se félicite des leçons de choses politiques administrées avec maturité par le peuple sénégalais, durant toute la période en cours, à l’ensemble des acteurs politiques et sociaux.

Première leçon de choses :L’autonomie de décision populaire est en marche Le 23 Juin, sur la place Soweto, devant l’Assemblée nationale, le peuple mobilisé, exerçant la démocratie directe, a voté en toute souveraineté contre le

projet de loi monarchique de Me Abdoulaye Wade : le Président de la République et

ses députés, entérinant la décision du peuple, ont retiré leur projet de loi, contraints et forcés. A cette occasion, la conscience politique des citoyens sénégalais a fait une grande enjambée dans la marche vers la nouvelle étape de la transformation sociale, citoyenne et républicaine, en propulsant l’autonomie de décision populaire comme nouvel archétype collectif de l’engagement populaire. Rien d’étonnant alors que les tentatives, de la part du pouvoir, d’effacer cette journée historique des mémoires, soient restées vaines, en dépit de la débauche d’argent et de moyens.

Deuxième leçon de choses :Le peuple seul détient la paternité de sa constitution Il est normal que les citoyens agissent en conformité avec les règles édictées par les institutions ; mais la constitution est au dessus des institutions qui lui donnent corps et le peuple, le peuple seul, détient la paternité de sa constitution. Dès lors, il a la latitude de prescrire à toute institution et à tout acteur, l’injonction suivante : « touche pas à ma constitution ! » Une telle directive est valable, non seulement pour les acteurs nationaux, mais plus encore pour les puissances étrangères. Il est parfaitement inadmissible, à cet égard, que les autorités françaises, tout en préparant ouvertement par ailleurs leur propre solution de rechange, se permettent d’inviter le peuple sénégalais à laisser violer sa constitution en acceptant la candidature de Wade à un 3ème mandat présidentiel.

Troisième leçon de choses : le peuple a un droit de regard sur le pouvoir judiciaire, notamment sur les décisions attendues du Conseil Constitutionnel.

Les institutions sous Wade sont structurées et orientées pour délibérer, non au nom de l’intérêt général, mais plutôt pour préserver les intérêts de clan d’une minorité parasitaire, dont une bonne partie est constituée de parvenus et de nouveaux enrichis illicites. Elles se prêtent à cet effet aux manipulations auxquelles se livre le régime libéral du clan Wade, quitte à violer la charte fondamentale du pays qu’est la constitution, tout en se prévalant de légalité et d’ordre républicain.

Le Conseil Constitutionnel et chacun des cinq magistrats qui le composent, se trouvent face à l’histoire autour de la question de l’inconstitutionnalité et de l’irrecevabilité de la candidature de Wade à un troisième mandat, à 90 ans de surcroît. Saura-il résister aux pressions pour dire le droit, rien que le droit ?

Faudra t-il, pour rendre grâce à la vérité et à la justice, que le peuple en arrive à se doter d’un conseil constitutionnel populaire alternatif ? Après que Wade a clairement et sans ambages dit lui-même qu’il ne pouvait plus briguer un autre mandat, après que la quasi-unanimité des constitutionnalistes sénégalais voire étrangers ont confirmé cette disposition, le peuple a le droit de se conformer à son statut, transcendant les limites de n’importe quelle institution, pour assumer son rôle historique de décideur souverain. La DEN de Yoonu Askan Wi appelle toutes les forces populaires, politiques, sociales et citoyennes, réellement attachées à la démocratie et à la république, à ériger d’ores et déjà le M23 en conseil constitutionnel populaire et citoyen. Le M23 argumentera juridiquement pour constituer un document, dont la teneur scientifique incontestable établira le rejet officiel de la candidature de Wade.

Il n’acceptera du Conseil Constitutionnel institutionnel aucune autre décision que celle-là. Il prendra des mesures afin de concrétiser l’attente du peuple de voir Wade se limiter à organiser des élections régulières, libres et démocratiques, pour passer le témoin dans la paix. En même temps, le M23 devra introduire dans sa plateforme la résolution de la grave crise qui sévit en Casamance comme une question nationale prioritaire à prendre à bras le corps. Il œuvrera activement au renforcement du front des forces vives pour une république nouvelle et contribuera ainsi à engager le pays dans la voie de la renaissance authentique et du développement multidimensionnel effectif.

Quatrième leçon de choses , comme conclusion : Abdoulaye Wade ne prépare pas une élection régulière, transparente, démocratique et pacifique. Il s’emploie à réussir par tous les moyens un hold up électoral parfait, un coup de force lui permettant d’imposer son clan. Tous les vrais démocrates et patriotes doivent s’organiser et faire face. Le peuple est la seule constante, le seul garant et la sentinelle toute désignée de l’architecture fondamentale de notre société. Les voyous de la république devront payer leurs crimes et les voleurs, hors de toute forme d’impunité, devront rendre gorge. Yoonu Askan Wi rejette avec force toute velléité d’absoudre les auteurs de crimes d’ordre politique, économique, et autres forfaits ou actes délictuels graves, quel que soit leur statut. La panique s’est emparée ces jours-ci des principales places financières aux USA, en Europe et en Asie. Mais la panique a pris aussi dans ses filets les griots et autres souteneurs de Wade, les amenant à déblatérer sur de prétendus lobbies de francs-maçons et homosexuels qui auraient infiltré le M23 ! Waxi tiitànge, waxi ku daanu ci saret ! Ceux qui plaident la cause d’un "candidat qui défend les principes religieux" (sic) nous expliqueront probablement comment mentir de façon éhontée en versant dans le " WAX WAXEET", comment voler sans vergogne les ressources du pays tous les jours que Dieu fait, comment assassiner impunément d’honnêtes citoyens, comment se livrer à la corruption jusqu’aux plus hauts sommets de l’Etat à travers des mallettes à la SEGURA, comment assurément ces pratiques- là "défendent les principes religieux" ! Dans ce contexte de périls que vit notre pays, la Délégation Exécutive Nationale de Yoonu Askan Wi insiste sur le rôle incombant aux forces acquises à l’émancipation totale du peuple. Elle soutient en conséquence les efforts en cours pour l’émergence d’un camp de la Gauche fort, uni et conscient de ses responsabilités, pour une orientation populaire à l’exigence de front démocratique national œuvrant à l’avènement d’une république nouvelle. Elle appelle les forces démocratiques et patriotiques à contribuer d’arrache pied à ce que les perspectives politiques consécutives aux luttes en cours, soient réellement conduites de façon inclusive et participative avec les populations de base et les laissés pour compte, au profit des intérêts du peuple, de la nation et du pays.

Fait à Dakar le 09 Août 2011 La Délégation Exécutive Nationale

 
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