samedi, 20 janvier 2018
 

SIERRA LEONE : La position du peuple

Nous publions une prise de position du PACM, qui nous paraît intéressante dans l’analyse des élections dans les pays africains et par les revendications qui y sont avancées.

Le Pan African Community Movement (PACM) est une communauté pan africaniste de la base, nouvellement formée et qui comprend les jeunes, les étudiants, les femmes, les employés et les chômeurs de la Sierra Leone rurale et urbaine. Nous promouvons et croyons en une idéologie panafricaine pour la libération totale de l’Afrique, son unité et sa transformation socialiste.

Nous soutenons l’auto-émancipation et l’autodétermination des masses africaines opprimées et exploitées sur le continent et à l’étranger. Nous sommes opposés à la privatisation, au racisme, au sexisme, au néocolonialisme et aux guerres impérialistes par procuration en Afrique. Nous faisons partie de la résistance mondiale au néolibéralisme, la lutte pour une justice économique et sociale globale et le mouvement pan africaniste mondial.

A la veille du 17 novembre, jour des élections présidentielle, parlementaires et municipales en Sierra Leone, PACM croit que la démocratie signifie plus que des votations tous les cinq ans. Pour nous, la démocratie signifie une émancipation totale, l’implication et la réorganisation de la société dans la sphère aussi bien économique que sociale et politique. La démocratie n’est pas un évènement quinquennal, mais un processus de lutte pour que la population obtienne le bénéfice entier de son travail et la richesse de sa terre. Elle doit aussi obtenir l’émancipation totale et complète des femmes, les libérer des obstacles traditionnels arriérés et sociaux qui entravent leur progrès et doit garantir que le pouvoir politique est exercé par et pour le peuple.

La vérité c’est que depuis les élections de 2007, il n’y a guère eu de changement dans la vie de la majorité des gens de Sierra Leone. Plus de 70% de la population vit toujours dans la pauvreté, avec des violences structurelles, la corruption, l’inégalité. Les identités politiques demeurent inchangées ce qui fait des affirmations du président Koroma, qui dit "avoir apporté la transformation en Sierra Leone", des mensonges. Nous, membres du PACM, sommes horrifiés qu’aucun des partis politiques n’a inclus dans son manifeste un plan clair pour éradiquer l’analphabétisme. Le taux de 65% d’analphabétisme dans le pays est inacceptable. Il semble que le régime APC-SLPP soit content de perpétuer l’analphabétisme afin continuer à dominer la population et de régner en faveur de leurs intérêts et de ceux de leurs supporters étrangers, les grandes compagnies minières, les accaparateurs de la terre, etc.

Nous, membres du PACM exprimons aussi une grande préoccupation concernant le silence de tous les partis politiques sur la question l’accaparement incontrôlé des terres à grande échelle par des multinationales de connivence avec nos dirigeants. Nous notons que cette tendance de aggrave la pauvreté, augmente la souffrance, la violence, la faim, les paysans sans terre, l’aliénation sociale et la perte des moyens de subsistance parmi les paysans ruraux pauvres.

Le PACM note avec consternation le silence de la part des politiciens et des partis politiques qui n’abordent pas la question brûlante de la justice économique ou de savoir comment la population pourrait mieux profiter des extractions minières, du pétrole et d’autres ressources naturelles.

DEMOCRATIE LIBERALE OU DEMOCRATIE DE MASSE PARTICIPATIVE

Trois élections post-conflit n’ont pas apporté de changements fondamentaux dans la vie des gens ordinaires. La récente épidémie de choléra témoigne d’une négligence de l’APC-SLPP à l’égard de la population et dont ils doivent assumer l’entière responsabilité. L’approvisionnement pour satisfaire les besoins les plus fondamentaux de la vie - eau, assainissement, soins de santé, nourriture, instruction et logement – a été négligé au profit d’une politique basée sur l’ethnicité, la corruption d’opposants politiques et la violence étatique à l’égard du citoyen ordinaire. De plus, le PACM :
- condamne les actuels partis politiques et leur pratique persistante de politique basée sur l’ethnie. Les politiques identitaires ont débuté avec le colonialisme et il en est toujours fait usage par l’actuelle classe néocoloniale dirigeante afin de servir de puissants intérêts économiques et politiques ;
- fait appel aux citoyens ordinaires de la Sierra Leone pour qu’ils demandent des comptes aux "représentants élus". Nous faisons appel à la population pour qu’elle exige des rapports (mensuels) des députés au niveau des districts. Aujourd’hui, les députés ne sont intéressés que par leurs seuls intérêts personnels et ceux des grandes compagnies minières, les accapareurs de terre, etc. ;
- fait appel aux citoyens pour qu’ils exigent que toutes les lois soumises au parlement soient d’abord soumises à la population du district, discutées et votées avant que d’être votées au parlement, afin d’augmenter la participation démocratique de masse.
- presse aussi les citoyens de la Sierra Leone d’exiger une entière démocratisation et une responsabilité de toutes les institutions étatiques, y compris le judiciaire, le policier, le militaire, etc. ;
- demande aussi la possibilité pour les citoyens de destituer à tout moment un député, un conseiller, un maire ou même le président s’ils l’estiment inadéquat ou ne travaillant pas dans leur intérêt ;
- condamne toute tentative d’instigation ou de recours à la violence au cours des élections. Les jeunes ne sauraient être blâmés pour la violence quand ce sont les politiciens qui sont les véritables instigateurs à des fins égoïstes ;
- appelle les masse à lutter pour leurs propres intérêts ; eau potable pour chaque citoyen, des logement décents conformes à la dignité humaine, une instruction de qualité, des salaires décents, un environnement propre, etc. ;
- soutient que les travailleurs sont la clé de la transformation sociale. Les travailleurs doivent exiger une meilleure vie pour eux-mêmes et s’engager dans la lutte des classes, le processus par lequel les travailleurs exploités et corvéables à merci et la lutte des paysans contre l’exploitation par les propriétaires de banques, d’usines et de mines, exigent une distribution équitable de la richesses et la propriété collective des moyens de production. La victoire de la classe ouvrière mène toujours à l’amélioration des conditions de vie des travailleurs, des paysans et des masses en général.
- demande la reconnaissance pleine et entière du droit des travailleurs, une fin de la précarisation de l’emploi, des salaires qui permettent de vivre pour tous les travailleurs et le droit d’organiser et de former des syndicats ;
- demande la nationalisation de tous les minerais - gisements de fer, de rutile, de diamants, d’or, de pétrole, de gaz - et autres domaines économiques stratégiques pour les mettre sous le contrôle des travailleurs et des communautés afin de servir les intérêts socio-économiques des gens ordinaires ;
- fait appel aux travailleurs pour qu’ils exigent des congés de maternité payés de six mois et obtiennent des crèches dans les places de travail ;
- fait appel aux travailleurs, aux chômeurs, au paysans, aux étudiants, aux jeunes, aux groupes de la base afin qu’ils élaborent une organisation de masse pour exiger l’intégralité de leur droits politiques, économiques et sociaux.
- fait appel aux masses de la Sierra Leone afin qu’elles défendent et luttent pour une société égalitaire et juste

A bas la violence électorale

Le Peuple uni ne sera jamais vaincu !

Source : http://www.pambazuka.org/fr

 
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