jeudi, 23 novembre 2017
 

Arrêtez le tout répressif sur la jeunesse togolaise !

Le CMDT interpelle le Gouvernement togolais sur les événements survenus ces derniers jours au campus de Lomé

Nous avons visionné les images des événements survenus ces derniers jours au campus de Lomé (Togo) et c’est avec une grande stupeur et une forte émotion que le Conseil Mondial de la Diaspora Togolaise (CMDT) livre ici son analyse et ses propositions.

1. La Jeunesse togolaise est-elle une menace pour le Togo pour que l’Etat togolais lui oppose systématiquement une violence inouïe ? Pourquoi, la liberté d’expression des étudiants n’est-elle pas respectée ? Et la franchise qu’offre un campus universitaire, n’a-t-elle pas aussi droit de cité au Togo ? Les revendications des étudiants n’étant pas satisfaites, ces derniers ont-ils le droit de constater la défaillance de l’Etat togolais ?

Non, la jeunesse n’est pas une menace pour le Togo, elle est au contraire une opportunité, l’avenir de ce pays, et aucun délit aussi important soit-il, n’autorise personne à exercer une violence si inouïe sur ces citoyens, l’élite de la nation ! Ce n’est pas acceptable !

D’une part, l’Etat togolais n’est-il pas finalement responsable et coupable des faits survenus ? Car si les étudiants ne peuvent s’organiser dans l’espace universitaire qui leur est dévolu, où iront-ils le faire ?

D’autre part, pourquoi un usage si disproportionné de la force pour empêcher une simple Assemblée Générale d’étudiants ?

Visiblement, il y a donc abus à tout égard de la part de l’Etat togolais, du fait de l’extrême violence déployée sur des étudiants comme s’il y avait une volonté délibérée de les réduire à néant.

2. Le CMDT constate que l’Etat togolais semble privilégier la division au sein de la jeunesse togolaise, des étudiants et de leurs représentants ; ceux alignés sur le pouvoir par rapport à ceux indépendants, comme au demeurant cela se fait avec la Diaspora, une technique bien rôdée. Aussi, faut-il que la communauté internationale sache que l’Etat togolais choisit de s’appuyer sur des représentants d’étudiants alignés sur le pouvoir au point d’utiliser les forces militaires et de sécurité pour contrer toute velléité d’organisation d’autres étudiants libres et indépendants.

3. Et ce n’est pas la première fois ! C’est pourquoi, fort de ses valeurs, l’Etat de Droit, l’Intérêt général et le Développement harmonieux du Togo, notre Bien Commun, le CMDT tient à alerter la communauté internationale que la situation sociale au Togo s’étant fortement dégradée, les forces de sécurité togolaises n’hésitent plus à abuser de leurs forces, de la violence et de toutes sortes de subterfuge pour stopper toute organisation qui se veut indépendante, en l’occurrence celle des étudiants empêchés de tenir une Assemblée Générale sur leur campus. Dans cette affaire, il faut par ailleurs savoir que certaines autorités universitaires à la solde du pouvoir et qui savent exceller dans leur zèle habituel, ont choisi vraisemblablement de donner des informations erronées pour faire croire que les étudiants étaient en train de dégrader des équipements et de porter atteinte à l’ordre public. Il s’avère que ce dernier point n’est pas avéré et que les étudiants ne présentaient aucun danger pour l’ordre public. N’est-ce pas pour ces raisons que les autorités de l’université, ayant choisi de ne pas faire constater la régularité d’une Assemblée Générale et poussant les forces de Police à agir brutalement, ont conduit aux réactions des étudiants que l’on sait ?

4. Pour trouver dorénavant une solution pacifique respectant l’Etat de droit, le CMDT propose que le Gouvernement accepte le principe des réunions de travail entre les représentants de l’Etat et ceux de tous les étudiants. Et si les acteurs le désirent, la Diaspora, notamment le CMDT, pourrait se porter Conseil.

Afin d’en finir au Togo avec de telles pratiques qui ne nous honorent pas, il va de soi que le CMDT n’hésitera pas à saisir la Cour africaine des Droits de l’Homme et des Peuples, l’ONU, la CEDEAO, l’Union africaine et de montrer que le Président en exercice de la CEDEAO, Mr Faure Gnassingbé, commet des abus de droits et des violences sur la jeunesse togolaise. Aussi, est-il demandé à l’ensemble des chefs d’Etat de la CEDEAO de regarder l’extrême violence avec laquelle les étudiants et la jeunesse togolaise sont traités, seule réponse à leurs simples revendications de droits élémentaires faisant l’unanimité en leur sein. Même si nous nous réjouissons de la mise en liberté des deux derniers étudiants arrêtés, par contre, c’est que par-dessus leurs brimades subies et passées par pertes et profit, ces étudiants écopent de surcroît, d’une peine de 12 mois avec sursis, ce qui est surréaliste ; une condamnation aux ordres ! Voilà peut-être l’image du Togo que veut imprimer Mr Faure Gnassingbé pour sa mandature à la tête de la CEDEAO !

5. Le CMDT adresse à la jeunesse togolaise toute sa solidarité et son soutien dans ses revendications sectorielles, connaissant les difficultés qui sont les siennes aujourd’hui à faire face à ses préoccupations vitales ; aussi, fait-il de sa cause, une cause majeure et nationale, dans un cadre qu’il voudrait légal et légitime !

Fait à Paris, le 27 juin 2017

Pour le Conseil Mondial de la Diaspora Togolaise,

Raymond AYIVI, Coordinateur Général.

 
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