vendredi, 24 novembre 2017
 

ELECTIONS LEGISLATIVES TOGOLAISES DU 25 JUILLET 2013 : LA CENI ORGANISE LA CONTREVÉRITÉ DES URNES !

Les élections législatives du 25 juillet 2013 ne peuvent que mal se passer au Togo. L’arbitraire, l’unilatéralisme, la discrimination dans le cadre d’une bipolarisation du jeu politique togolais permet de mesurer les capacités de nuisance, d’injustice en matière électorale du pouvoir en place. Mieux, la communauté internationale qui s’accommode un peu partout en Afrique de la contrevérité des urnes, ne s’intéresse souvent pas aux détails. Pourtant, c’est dans le détail que se cache le Diable, surtout au Togo, ce d’autant que face à la bipolarisation de fait du système politique (RPT/UNIR/UFC (Rassemblement du Peuple Togolais/Union pour la République/Union des forces du Changement) au pouvoir et CST (Collectif Sauvons le Togo) et CARC (Coalition Arc-en-Ciel) dans l’alternance). Cela n’a pas échappé au Collectif Sauvons le Togo qui par la voix de son Coordonnateur Zeus Ata Messan Ajavon a rappelé des faits gravissimes de discriminations à l’encontre des partis de l’opposition, de non-transparence du processus électoral, du manque absolu de fiabilité du système de transmission des résultats du vote des citoyens togolais par les bureaux de vote et surtout du rôle partisan de la Commission électorale nationale indépendante dans la Conférence de presse du 24 juillet 2013 (voir le lien électronique sur www.cvu-togo-diaspora.org/médias) 1.

1. LA PRESIDENTE DE LA CENI AUTORISE LA FRAUDE ELECTRONIQUE MASSIVE

Unilatéralement et sous les injonctions du pouvoir de Faure Gnassingbé, Mme Angèle D. Aguigah, l’actuelle Présidente de la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) – elle-même membre de la mouvance présidentielle, du (RPT) devenu l’Union pour la République (UNIR) – a choisi de cautionner l’instrumentalisation de la CENI sous sa propre autorité, pour faire gagner son parti. En acceptant d’exercer son mandat de manière partiale et non-consensuelle elle a perdu sa crédibilité, sa légitimité, son honneur et bien sûr son sens de la neutralité et de l’égalité de tous les citoyens devant les textes régissant l’organisation des élections au Togo.

C’est ainsi que pour tenter d’échapper à la vigilance des observateurs du scrutin législatif et surtout de la communauté internationale, elle décide unilatéralement de devenir juge et parti dans les élections législatives togolaises, sans que cela ne figure dans aucun accord entre les partis politiques togolais. Pour ce faire, elle décide à Lomé le 22 juillet 2013, soit 3 jours avant la date des élections de prendre de nouvelles dispositions, contenues dans la Directive numéro 25/2013/P/CENI (voir annexe) adressée aux membres des commissions électorales locales indépendantes répartis dans les 8 721 bureaux de vote. Les nouvelles procédures à suivre édictées de manière impérative et non-négociable, sèment la confusion, car elles ouvrent la porte à une fraude massive en offrant la possibilité :

1.1 D’exclure des bureaux de vote tous les membres du Collectif Sauvons le Togo (CST). La CENI leur interdit de siéger, c’est-à-dire de pouvoir être Président ou Rapporteur de Bureau de vote, pour procéder aux vérifications et comptages des bulletins de vote et surtout d’annoncer et de transmettre les résultats ;

1.2 De faire croire à des possibles dysfonctionnements lors de l’authentification du bulletin de vote par l’apposition aléatoire d’un hologramme au cours de la procédure opérationnelle de validation des bulletins de vote pour invalider et discriminer le vote des citoyens togolais. En effet, dès lors que les membres des bureaux de vote auraient oublié de coller un hologramme sur le bulletin de vote, le vote du citoyen togolais ne comptera pas. Autrement dit, il suffit de ne pas coller l’hologramme pour invalider le vote des partis que les tenants du pouvoir (RPT/UNIR/UFC) souhaitent voir éliminer (CST) puisque le vote effectué par un citoyen togolais lambda sans hologramme sera systématiquement invalidé. En effet la CENI considère que « seuls les bulletins de vote authentifiés par l’hologramme… – sur un des six emplacements réservés à cet effet et tirés au sort -, seront considérés comme valides par les membres d’un bureau quasi-exclusivement RPT/UNIR, ce alors que les membres du CST sont ou seront unilatéralement exclus d’office, si besoin manu militari ;

1.3 D’invalider la plupart des votes par procuration dès lors que les membres du bureau de vote RPT/UNIR/UFC pourront à loisir – puisque seuls habilités à siéger dans les bureaux de vote -déterminer si les fiches de procuration utilisées ont été « signées avec un cachet frais (il faut comprendre ici timbre humide) par le Président et le Vice-Président de la CENI », qui de plus « devront être légalisées par les autorités compétentes », autrement dit le pouvoir autocratique de Faure Gnassingbé. Il y a donc de fortes chances que ceux qui votent par procuration au niveau des partis d’opposition voient leur vote invalidé pour « non fraicheur du tampon de la CENI ». Mme Aguigah n’a pas précisé s’il fallait apporter son réfrigérateur ou ‘climatiseur’ avec soi pour procéder à un vote par procuration. Même ceux qui auraient prévu ce cas pourront voir le vote par procuration invalidé car les agents de Faure Gnassingbé déguisés en CENI, CELI et Autorités compétentes peuvent à tout moment refuser de légaliser le vote effectué par procuration. Il s’agit en fait essentiellement d’exclure les membres de la Diaspora, les personnes malades et handicapées, les personnes âgées et les personnes analphabètes, notamment en zones rurales, soit près de 3 millions de personnes sur les 7 millions d’habitants estimés par les organisations internationales au Togo ; et enfin ;

1.4 De permettre à des centres de vote fictifs de transférer par voie électronique dans le cadre d’un réseau fermé (Intranet) exclusivement contrôlé par le pouvoir RPT/UNIR/UFC, des bulletins de vote préalablement authentifiés par le pouvoir RPT/UNIR/UFC.

Dans la mesure où les autorités – dites compétentes notamment les CELI et la CENI – ne sont composées exclusivement que de membres du RPT/UNIR/UFC, seuls autorisés à siéger, il y a de grandes chances pour que les votes massifs des citoyens togolais en faveur des candidats autres que RPT/UNIR/UFC soient systématiquement invalidés. La version électronique de la liste électorale pourra alors être affichée car dépourvue de tous contrôles contradictoires par les partis d’opposition. Ces votes pourront d’ailleurs être complétés selon les vœux du pouvoir RPT/UNIR/UFC par le jumelage électronique des fichiers électoraux réels avec ceux des votes électroniques fictifs.

Il suffit alors d’appeler les observateurs, complètement « blousés », – surtout si certains se laissent séduire par les sirènes de la « ventrologie » afin de mieux « constater et avaliser » la fausse vérité des résultats électroniques créés de toutes pièces par le pouvoir RPT/UNIR/UFC -, pour que la magie de la contrevérité des urnes opère pour la énième fois consécutive au Togo. Il suffit qu’un Président occidental, pressé de défendre les intérêts bien compris de son secteur privé et de préserver son pré-carré, pour que les élections législatives togolaises soient déclarées conformes « à l’africaine » avec en filigrane le maintien du statu quo. Un Gouvernement dit d’Union nationale, excluant vraisemblablement les principaux membres de l’opposition viendra clôturer le processus et le tour sera joué avec un parlement togolais disposant de vrais faux représentants du peuple togolais issus du vote « électronique ».

2. RECOMMANDATIONS DU CVU-TOGO-DIASPORA

Compte tenu des possibilités de fraude massive, institutionnalisée par le Président de la CENI, dans les 8 721 bureaux de vote, le CVU-TOGO-DIASPORA exhorte les citoyens togolais, les Communautés africaines et internationales, les partis politiques adeptes de la démocratie (la vraie) dans leur ensemble :

2.1 de ne pas cautionner les résultats électroniques des élections législatives togolaises du 25 juillet 2013 dès lors que la CENI et les CELI n’auront pas de procès-verbaux signés par l’ensemble des représentants des partis de l’alternance (CST et CARC) ;

2.2 de constater les résultats de tous les procès en discrimination et exclusion à l’encontre des représentants des partis de l’alternance dans les bureaux de vote, les CELI et au sein de la CENI ;

2.3 de considérer la procédure établie par la Présidente de la CENI à Lomé le 22 juillet 2013, contenue dans la Directive numéro 25/2013/P/CENI et permettant l’institutionnalisation d’un système de fraude et d’invalidation des bulletins de vote à grande échelle, comme invalide, de conclure aussi à l’invalidation des élections législatives du 25 juillet 2013 au Togo avec possibilité de poursuites pour trafic d’influence, à l’encontre des auteurs de cette décision pour impartialité en agissant comme juge et parti ;

2.4 de constater par tous les moyens de preuve la mise en place d’un système de fraude massive sur l’ensemble du territoire national, destiné à permettre la validation de la contrevérité des urnes par les observateurs indépendants, qui seront, de fait, dans l’incapacité matérielle d’effectuer le constat des manipulations intervenues en amont du processus, notamment le nombre incalculable d’invalidations par des techniques de l’arbitraire électoraliste du RPT/UNIR/UFC ;

2.5 de systématiquement rechercher, acter et documenter les dysfonctionnements, abus de droit et autres fraudes électorales, notamment les centres pilotes de bourrage d’urnes (souvent de simples ordinateurs avec des bases de données jumelées) afin de lancer des contentieux à tous les niveaux pour démontrer la gouvernance de la voyoucratie dans le pays phare de la contrevérité des urnes, et enfin

2.6 de se préparer à porter plainte contre tous ceux qui sont de près ou de loin impliqués dans les transferts de données électorales frauduleuses, de manière physique comme électronique, pour se prémunir et éviter de voir le PNUD (programme des Nations Unies pour le Développement) venir s’excuser à postériori – bien que prévenu des risques et des mécanismes mis en place par RPT/UNIR/UFC avant la tenue du scrutin – et coller sur le dos d’un expert, la responsabilité d’un dysfonctionnement des transferts de données électorales, coupures d’électricité et disparition de nombreux bulletins de vote, comme lors des élections législatives de 2007 ;

2.7 d’attendre le rapport et/ou la conférence de Presse du Conseil Mondial de la Diaspora Togolaise (CMDT) qui a lancé une grande opération d’observation des élections législatives avant de conclure à l’invalidation des élections législatives du 25 juillet 2013 au Togo pour manque de transparence et discrimination envers les partis de l’alternance et des personnalités indépendantes.

25 juillet 2013.

Dr Yves Ekoué AMAÏZO

Coordonnateur Général

 
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