vendredi, 6 décembre 2019
 

Est-il devenu impossible de manifester au Togo ?

Depuis les élections législatives du 20 décembre dernier, les manifestations sont régulièrement interdites. Dans le meilleur des cas, elles sont autorisées, mais sous contrainte. Dernières en date : les marches du Parti national panafricain (PNP) organisées le 13 avril dernier et qui se sont soldées par l’arrestation de 27 personnes dont 3 cadres du parti. Les organisations de la société civile togolaise et les partis d’opposition dénoncent une restriction au droit à manifester et fustigent ce qu’ils qualifient de « politique répressive du gouvernement. »

Les demandes de manifestation se succèdent. Et les réponses se ressemblent. Interdite, la marche contre la vie chère, prévue fin mars puis début avril par la Ligue des consommateurs du Togo. Retoquée, la demande de manifestation du mouvement Martin Luther King réclamant la démission de l’entraîneur des Éperviers.

« Les interdictions sont devenues systématiques », déplorent plusieurs partis d’opposition et organisations de la société civile. D’autant que « les dossiers sont déboutés pour des motifs fallacieux et arbitraires », estime un membre de l’organisation Togo Debout.

Quelques autorisations ont été accordées ces derniers mois, mais elles ont donné lieu à des rassemblements contraints par l’imposition d’itinéraires et par une forte présence militaire. Des militaires qui n’ont parfois pas hésité à faire usage de gaz lacrymogène. Alors que manifestants et organisateurs ont été arrêtés, comme ce fut le cas à l’issue des marches du Parti national panafricain, le 13 avril dernier.

« C’est clair, s’insurge un dirigeant de la Coalition d’opposition C14, le pouvoir veut étouffer tout germe de contestation. »

Au ministère de l’Administration territoriale, on balaye ces accusations. « Il ne s’agit ni d’interdiction délibérée ni de restriction, affirme le ministre Payadowa Boukpessi, mais d’une simple question de respect de la loi en vigueur. »

Je crois qu’aujourd’hui l’État utilise la justice togolaise et la prison pour asseoir sa politique répressive et restrictive des libertés des manifestations...

Maître Raphaël Kpandé-Adjaré, avocat au barreau de Lomé. Il est un des porte-parole du mouvement citoyen Togo Debout.

Source : http://www.rfi.fr/

 
A propos de Afriques en Lutte

Afriques en lutte est un collectif de militant(e)s anticapitalistes membres ou non de plusieurs organisations politiques. Ce site présente les articles parus dans le bulletin (envoi gratuit sur simple demande) ou d’autres publications amies. Notre objectif est de diffuser, à partir d’un point de vue militant, un maximum d’informations (politiques, économiques, sociales et culturelles) sur le continent africain et sa diaspora.

Si les articles présents sur ce site reflètent une démarche volontairement ouverte et pluraliste, leurs contenus n’engagent, bien évidemment, que leurs auteur-e-s. Tous les commentaires sont bienvenus. La rédaction se réserve toutefois le droit de les modérer : les propos injurieux, racistes, sexistes, homophobes, diffamatoires, à caractère pornographique, pédophile, ou contenant des incitations à la haine ne seront pas publiés.

Pour nous contacter : afriquesenlutte@gmail.com

Fils de nouvelles RSS
Thèmes