vendredi, 24 novembre 2017
 

FILIERE DU COTON AU TOGO : A QUAND LA FIN DE L’ANGOISSE ET L’ARMERTUME DES PRODUCTEURS

VERS UN BOYCOTT DE LA CAMPAGNE D’ACHAT 2013 DANS LE VILLAGE D’ADANGBE (P / ZIO) QUI HAUSSE LE TON ET MENACE

Introduction

La filière du coton au Togo n’est jamais si secouée, mouvementée et la situation est prête à l’éclatement et l’explosion.

Dans notre rapport du 08 juillet 2013, intitulé l’heure de la révélation des vastes magouilles et la corruption du MAEP et l’ARMP a sonné, le MMLK La Voix des Sans Voix, a eu à éclairer l’opinion publique sur ces pratiques ennemies du développement de notre chère patrie, le Togo.

Dans le village d’ADANGBE KPEVE dans la préfecture de Zio, les producteurs viennent de confirmer ces faits iniques de ces individus et autorités indélicates, et n’ont pas caché leur angoisse, indignation et amertume contre les administrateurs du secteur au Togo. Ils menacent, haussent le ton et sont prêts à boycotter la campagne d’achat du coton-graine de l’année en cours.

Présentation du village d’Adangbé Kpévé

Situé à une trentaine de km de Tsévié qui est le chef-lieu de la région maritime, il est une ferme agricole, un grenier des vivriers. En plus de ses terres très riches, il se fortifie d’un brassage ethnique enviable où les Kabyè, les Losso, les Ewé, les Mina se retrouvent en toute harmonie et symbiose.

L’agriculture et l’élevage constituent leurs principales activités. Le maïs et le coton sont les cultures de rente et occupent le premier choix, puis viennent le manioc, l’igname, l’arachide, le haricot, le mil et l’ananas. Il dispose de trois (03) groupements de producteurs à cet effet.

Les faits

Sur demande des paysans et producteurs du coton, le MMLK La Voix des Sans Voix, s’est rendu le 21 Octobre dernier au dit village. Au menu des échanges, se trouvent leurs conditions de vie et de travail après tant d’années consacrées à la culture du coton. Le village en produit des centaines de tonnes par an et est reconnu par l’administration centrale de la NSCT et fait partie de la FNPCT.

La centaine de personnes qui forment les trois (03) groupements de producteurs du coton de la zone,

ont tour à tour raconté les méthodes injustes : de mise à disposition tardive ou en quantité insuffisante des intrants agricoles et des produits phytosanitaires, leurs prix élevés, absence de magasin de stockage, la fantaisie et le retard du prix d’achat et les traitements inhumains dont ils sont victimes de la part des officiels (Encadreurs, Chefs secteur, Equipe d’achat et autres) depuis la campagne des graines jusqu’à l’achat du coton.

Périodes des semences et leur entretien

Comprise essentiellement entre mai et juillet, elle très éprouvante pour les paysans producteurs ; car pour des calculs diaboliques, les graines sont mises à disposition tardivement et/ou en quantité insuffisante qui sont synonymes d’une faillite inévitable. Leur sort étant déjà scellé par les insatiables bureaucrates, les pauvres paysans, n’ont aucun droit de refus ou de boycott, aucune autre source d’approvisionnement ni défenseur ou protecteur ni faire entendre leurs voix ; ils continuent toujours par souffrir en silence. La subvention de l’engrais par l’Etat n’est que bluff. Dans les régions maritimes et plateaux, le prix du sac de 50kg de NPK 15-15-15 ou de l’Urée est de 12 à 13 500F et dès fois après âpres négociations, alors quelque fois c’est les paysans qui vont les chercher avec leurs propres moyens dans les magasins de l’Etat, faute de camion ou voie d’accès périlleuse. En plus du doute qui plane sur le poids du sac, sa composition surtout le NPK, est à revoir ; car c’est les mêmes intrants qui s’utilisent pour les légumes et leurs produits vivriers, alors qu’ailleurs ce n’est pas le cas.

La solde de la campagne d’achat de la saison passée ne suffit pas à éponger les charges financières de la main d’œuvre, le règlement des intrants et produits phytosanitaires, le bail ; et ne disposant d’aucune assistance financière si ce n’est les usuriers du village, ils descendent involontairement et doucement dans un abime sans fond.

Et comme si cela ne suffisait pas, leurs produits vivriers supposés nourrir leurs familles sont bradés pour arrêter la fureur de ses usuriers, les métayers, etc.

Les soins médicaux en cas de maladie, la scolarité des enfants et d’autres besoin de subsistance sont carrément ignorés ou relevés aux calendes grecques.

Eu égard à sa petitesse et son état primitif et délabré, le magasin de 6m de long, 4m de large et 3m de hauteur, vulnérabilise la vie de ces paysans qui l’avait construit en banco par leurs petits besoins. A ce jour, il n’arrive plus à contenir tous les intrants agricoles ni le coton récolté. Chaque paysan est obligé tout stocké chez lui avec tous les risques et conséquences, vu la dangerosité de ces produits.

Indispose plus d’un, le refus de l’administration de la SNCT de fournir aux paysans des équipements de sécurité et de protection contre les effets des insecticides sur la vie des utilisateurs.

Le manque de visite ou d’accompagnement des agronomes et experts sur le terrain pour les conseils pratiques en vue d’un bon rendement.

Et d’année en année, ils recommencent malheureusement le même cycle avec les mêmes conditions ; et souvent sur l’encouragement verbal et trompeur ou la menace de leurs bourreaux.

Comment peut-on comprendre que les retombées économiques massives que rapportent ces paysans à cette société, ces derniers puissent être lésés et abandonnés ?

Périodes de la récolte et la campagne d’achat

Comme mentionné plus haut, le défaut l’absence d’assistance financière aux paysans par la NSCT, les expose à d’énormes difficultés pour la récolte qui nécessite de considérables moyens financiers. Alors dans le souci d’être dans le délai de la récolte, honorer ses engagements financiers, ils liquident tout, ils cherchent de l’argent partout et à n’importe quel prix.

Les éléments suivants constituent la procédure de l’achat du coton :

- L’équipe d’achat composée des délégués des groupements et des superviseurs de la SNCT.

- Le lieu d’achat souvent aménagé pour la circonstance.

- Les équipements notamment le poids bascule, les bâches pour emballer et envelopper le coton et le véhicule pour contenir les ballots, une fois pesés.

- L’annonce du prix du kilo (Toujours 230F/kg). Au cours de cette procédure, les paysans sont sollicités et mis à contribution pour mener à bien la campagne d’achat.

Le jour J, c’est le grand jour des calculs : Calculs à plusieurs équations et peur au ventre pour les pauvres paysans et le déclic du système de vol, de fraude, d’abus et d’escroquerie pour la NSCT :

* Avant de servir ou dès fois prendre en compte le paysan, il faut offrir des dons au chauffeur du véhicule et les superviseurs (volailles, vivriers, fruits, etc.).

* Pour des raisons encore inconnues et non élucidées, l’achat est partiellement payé, le reste : 04mois après sans intérêt.

* Le déclassement

Quelques jours après l’achat, les bureaucrates indélicats de la NSCT chutent le prix convenu, justifié et arrêté l’achat par ses superviseurs et partiellement payé. Du premier choix (230F/kg), on passe au deuxième choix (150F/kg) ou du deuxième choix au troisième. Dès fois c’est le silence total jusqu’au jour de la solde où on présente aux pauvres paysans une dette, remboursable immédiatement sous peine d’être poursuivi ou de ne pas être pris en compte la saison prochaine ; parce qu’à l’usine la qualité de leur coton a été déclassée.

QU’EST-CE QUI SE PASSE, UNE FOIS ARRIVE A L’USINE, ALORS QUE LE PRIX DU KILO EST DEJA OBJET DE CONTESTATION ET REVENDICATION ?

… DU MANQUE A GAGNER POUR LES PAYSANS ET DU GAIN POUR LA NSCT, ON PRETEND AIDER ET ACCOMPAGNER CES DERNIERS

Pour le MMLK La Voix des Sans Voix, ce déclassement de la qualité du coton à l’usine par les administrateurs de NSCT et ses associés, est une surprise désagréable résultant d’un système lugubre pour faire croire aux paysans l’imaginaire et les convaincre de l’utopie. Aucun témoignage ou justificatif ne vient jamais contredire le pesé, la valeur et la valeur établis ensemble sur le lieu de l’achat. Ce n’est pas qu’une conspiration contre ses frères.

Plate forme revendicative des paysans d’Adangbé Kpévé

1/ Revoir à la baisse le prix des intrants agricoles

2/ Revoir à la hausse le prix du kilo du coton (350F/kg proposé)

3/ Mettre fin au déclassement de la qualité du coton acheté

4/ Paiement total et immédiat à l’achat du coton avant l’enlèvement

5/ Fourniture en temps réel et précis des intrants agricoles

6/ Construire un grand magasin pour le stockage des intrants et le coton récolté

7/ Mise en place d’une micro finance rurale spécifique au préfinancement des paysans

8/ Rapprocher l’Administration de la NSCT des paysans d’Adangbé Kpévé en ouvrant un sous secteur

9/ Construire un bâtiment scolaire

10/Revoir la composition de NPK 15-15-15 pour sauver nos terres, car le rendement diminue d’année en année même on y met plus d’intrants.

11/ Aménager la piste rurale Adangbé- …

12/ Enlever toute opposition aux paysans de se constituer en syndicat.

Cette plate forme revendicative est commune et valable à tous les producteurs du coton. Car il est manifeste de constater que dans toutes zones de productions de coton, la NSCT n’investit pas en conséquence en tenant compte des rendements économiques et financiers que ces paysans lui ont rapportés. Il n’y a aucun doute que les recettes générées par les producteurs du coton ne leur ont pas profité tant individuellement que collectivement. Ils sont plutôt appauvris et les infrastructures routières, scolaires, sanitaires, économiques et financières n’ont pas véritablement servi. Ces zones réputées abandonnées et laissées pour compte, alors qu’ils contribuent considérablement à enrichir la NSCT et ses associés.

Conclusion

La situation des producteurs du coton devient de plus en plus préoccupante et les campagnes à

venir promettent de vives tensions et explosions, si leur prise de conscience sur les conditions de vie de travail misérables se généralisent, c’est la preuve que l’étau se resserre entre eux et la NSCT.

Longtemps contraint à demeurer dans le mutisme face à leur misère, les producteurs de coton, même si par section comme le cas d’Adangbé Kpévé, commencent par découvrir les magouilles et les actes de la roublarderie des administrateurs de la NSCT.

A quand la fin de leur angoisse et leur détresse, se demandent-ils ?

Les cotonculteurs du village d’Adangbé entendent prendre le taureau par les cornes en bravant le mythe pour faire entendre leur voix. En signe de protestation, ils haussent le ton et envisagent un boycott pure et simple de la prochaine campagne d’achat de coton-graine.

Cette menace, va-t-elle se généraliser et partant, paralyser la prochaine compagne ? Selon ces producteurs, la réponse à leur revendication en dépend.

Le président

Pasteur EDOH K. KOMI

 
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