samedi, 16 décembre 2017
 

Togo : COMPTE RENDU DE LA SERIE DE REUNIONS DU 05 MAI 2010 A BRUXELLES

Suite aux rendez-vous obtenus par Mathieu CICHOCKI, du mouvement citoyen Peuples Observateurs, une délégation togolaise issue de la Diaspora a fait le déplacement de Bruxelles afin d’assister à une série de réunions, destinées à porter à la connaissance des parlementaires européens, la réalité de la situation de crise politique du Togo. Une crise aggravée par les nombreuses irrégularités qui ont entaché l’élection présidentielle du 4 mars 2010.

Cette délégation a ainsi transmis un message politique qui tranche singulièrement avec le satisfecit général exprimé par certains officiels africains et de l’UE à l’issue du scrutin contesté du 04 mars dernier. Il existe de trop nombreuses contrevérités sur les éléments mis à la disposition des Parlementaires européens. C’est ce qui a conduit à des analyses fondées sur des informations incomplètes, et à des décisions allant contre l’intérêt des populations togolaises et la vérité des urnes.

Après s’être accordée sur les questions de préséance, la délégation togolaise composée de quatre représentants a été confiée à M. Eric FABRE de Sursaut-Togo. Les autres membres de la délégation sont M. Elom SOWOU et Elliot MABLE du MoLiTo (Mouvement du 4 mars pour la Libération du Togo) et M. Sylvestre APEDO du CVU (Collectif pour la Vérité des Urnes). La délégation a pu rencontrer respectivement :

Le Cabinet de M. Heidi HAUTALA, Président de la sous-commission des droits de l’Homme, le Cabinet de Mme Marie-Christine VERGIAT, membre de la sous-commission des Droits de l’Homme, membre suppléante de la délégation à l’Assemblée parlementaire ACP-UE, le Cabinet de Mme Nicole KIIL NIELSEN, membre de la Commission des Affaires étrangères, membre de la Commission des Droits de la Femme et de la Commission des Droits de l’Homme, le Cabinet de M. Michael GAHLER, Président de la délégation des relations avec le Parlement panafricain, Chef de la délégation courte des parlementaires au Togo pendant l’élection du 04 mars 2010, le Cabinet de Mme Isabelle LOVIN, membre de la délégation des députés court séjour, observateurs durant l’élection du 04 mars, le cabinet de Mme Catherine GREZE, membre de la Commission du développement.

Malheureusement, les députés furent ce jour-là retenus en séance dans l’hémicycle à Strasbourg, en raison d’un vote important consécutif à la situation monétaire de l’Union européenne, suite à la crise de la dette publique qui affecte la Grèce. La délégation fut donc reçue par leurs collaborateurs directs.

Les discussions ont essentiellement porté sur les violations des droits de l’homme et les violences postélectorales au Togo. En raison de l’absence des députés, la délégation n’a pas obtenu de réponses immédiates aux questions et demandes qu’elle a formulées, ses interlocuteurs promettant de tout transmettre à qui de droit afin de lui apporter des réponses en temps opportun.

De toutes les rencontres, la réunion la plus attendue était celle prévue avec le bureau de Monsieur Michael GAHLER, Président de la délégation des relations avec le Parlement panafricain, Chef de la délégation courte des Parlementaires au Togo pendant l’élection du 04 mars 2010, compte tenu de sa présence effective sur le terrain.

Nous avons eu un échange très fructueux avec son assistant, qui connaissait bien le dossier togolais. Après un entretien d’une heure, les documents d’analyse fournis par le CVU lui furent remis et il a réitéré sa promesse de faire un compte rendu détaillé à Monsieur GAHLER retenu à Strasbourg, qui a néanmoins tenté d’honorer le rendez-vous.

QUE RETENIR DE CETTE JOURNEE

1. Elle a permis de se concerter, d’échanger et de faire entendre un autre son de cloche très différent du discours officiel relayé par Mr Louis Michel qui a dû quitter le Togo sous la pression lors des évènements postélectoraux du 4 mars 2010, aux assistants de certains députés du parlement européen. Même si ces derniers ne constituent pas une force politique majoritaire dans l’hémicycle européen, ils pourront relayer utilement les informations reçues. Cette initiative des mouvements citoyens offre l’occasion aux partenaires en développement d’avoir les informations appropriées sur la situation au Togo, et de pouvoir écouter des alternatives en termes de sortie de crise pacifique dans notre pays.

2. Elle marque le début d’une série d’actions que les mouvements citoyens doivent engager dans le but d’apporter dans la durée une expertise alternative et contradictoire à celle proposée par certains observateurs mal informés dont l’efficacité reste mitigée et l’objectivité, sujette à caution.

LE MESSAGE QUE NOUS AVONS FAIT PASSER

Communément accepté par l’ensemble des participants, le message transmis par le CVU aux différents interlocuteurs, avait pour objet de les convaincre que le règlement de la crise politique actuelle dépasse largement le cadre et le champ d’action de la seule force des partis politiques. Ce qui justifie la démarche des mouvements citoyens venus en appui aux forces politiques républicaines et démocratiques de notre pays. Il s’agit de faire entendre aux Parlementaires de l’UE le cri de détresse du peuple togolais en souffrance et sans véritable perspective de mieux-être.

Nous avons également fait la proposition d’établir un groupe de contact permanent entre le Parlement européen et les mouvements citoyens togolais, pour permettre l’échange d’informations et l’organisation d’initiatives communes, dans le cadre du renforcement du processus démocratique au Togo.

Le CVU a remis à l’ensemble des interlocuteurs un document d’orientation et de propositions de sortie de crise, qu’il a élaboré spécialement dans le cadre de ces rencontres.

En conclusion, nous avons donc précisé notre proposition de sortie de crise, qui appelle à la formation d’un Gouvernement de Transition, à terme et mandat précis, après une réunion d’experts de haut niveau internationaux et togolais.

C’est le lieu de rappeler notre attente quant à la publication du rapport définitif de la Mission d’observation électorale de l’Union Européenne (MOEUE).

Nous appelons toutes les filles et tous les fils du Togo tout entier, à mettre en place avec nous, le réseau de la « confiance en l’avenir et de la reconnaissance de l’histoire », arrimé à la vérité des urnes et des comptes.

Paris, le 11 mai 2010.

 
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