jeudi, 17 janvier 2019
 

TOGO : Le film de la manifestation à Sokodé

La journée du jeudi 21 juin 2012, la ville de Sokodé (380 km au nord de Lomé) a été atteinte par la fièvre de revendications enclenchée à Lomé par le Collectif « Sauvons le Togo ». Une manifestation réprimée dans le sang par les forces de sécurité.

En marge de la série des manifestations entamées à Lomé pour exiger un catalogue de revendications compilées dans une plate-forme citoyenne, le Collectif « Sauvons le Togo » a annoncé des manifestations dans les villes de l’intérieur du pays. A ce titre, une délégation du Collectif « Sauvons le Togo » partie de Lomé, a rencontré le mardi 19 juin 2012 le préfet de Tchaoudjo. Une audience à laquelle avaient assisté les responsables de la police et de la gendarmerie, des chefs traditionnels, ainsi que les responsables locaux des formations et organisations membres du CST. Une marche suivie d’un sit-in était programmée pour le jeudi 21 juin 2012.

Le mercredi 20 juin 2012, les responsables du CST à Sokodé sont allés réitérer au préfet le maintien de la manifestation. Une manifestation que le préfet et les chefs traditionnels ont demandé au CST de sursoir. « Nous leur avons dit que la loi sur les manifestations nous autorise à manifester pacifiquement pour exprimer nos revendications et que la manifestation était maintenue », nous a indiqué le président de la jeunesse de l’Alliance Nationale pour le Changement (ANC)-Sokodé.

Mais tôt dans la matinée de la journée de mercredi, les chefs cantons de la ville ainsi qu’un chef spirituel ont fait diffuser un communiqué pour dissuader les populations de participer à la marche. Mais tôt dans la matinée de jeudi, les manifestants se sont massivement mobilisés au point prévu pour le départ de la marche, à côté du Stade municipal de la ville. En face, les forces de sécurité déployées en grand nombre n’ont pas tardé à disperser la mobilisation à coup de grenades lacrymogène et de matraques. Mais les manifestants se sont redéployés au niveau du rondpoint en face du marché, où ils ont érigé des barricades. Là également, ils ont été violemment dispersés.

Les jeunes manifestants ont réagi par des jets de pierres. On signale de nombreux blessés admis au Centre Hospitalier Universitaire de Sokodé, dont le président local de l’ANC El Hadj Mourtala, molesté par les forces de l’ordre. Le marché de la ville a été fermé de même que les boutiques. Les services de l’administration publique ont également connu beaucoup de perturbation. Mais tout a été fait pour épargner les élèves qui passaient les examens (CEPD e BAC II).

« Les centres d’examen ne se situent pas au centre-ville où se déroulent les manifestations. Nous avons pris les dispositions pour que nos frères qui passent les examens ne soient pas perturbés », nous a confié un responsable local du CST.

Les témoins rapportent de nombreuses arrestations dont celle du vice-président du bureau local de l’ANC, Tchagno Essowazina. Ce dernier serait gardé à la brigade de gendarmerie de la ville. Un calme précaire est revenu aux environs de la mi-journée. Mais les forces de sécurité toujours aux aguets ont continué par circuler dans la ville.

Aghu

Source : http://koaci.com

 
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