jeudi, 15 novembre 2018
 

Togo : Les femmes de l’ANC, du FRAC et du CST exigent la libération de tous les détenus politiques

Le jeudi 03 octobre 2013, le Bureau National de l’Alliance Nationale pour le Changement (ANC), a, au cours d’une conférence de presse tenue au siège du parti, fustigé les situations incongrues et tragiques que vivent les personnes arbitrairement détenues et leurs familles ainsi que les personnes inculpées abusivement, portées disparues ou contraintes à l’exil, afin qu’ensemble, les forces démocratiques, les organisations de défense des droits de l’Homme et les populations, se mobilisent pour y mettre fin.

Depuis lors et malgré les appels pressants et incessants ainsi que les manifestations pacifiques demandant la libération immédiate de tous les détenus politiques, notamment dans l’affaire des incendies des marchés de Kara et de Lomé, le régime RPT/UNIR/UFC se contente de faire disparaître le corps du délit et de procéder à trois nouvelles inculpations de responsables politiques de l’opposition.

Prenant la mesure de cette situation scandaleuse, qui affecte particulièrement les femmes et mères de famille que nous sommes, le Bureau des Dames de l’ANC (DNC), a pris cette initiative de mobiliser toutes les femmes militantes et sympathisantes de l’ANC, du FRAC et du CST, ainsi que l’ensemble des populations de Lomé et de ses environs, pour prendre part, ce vendredi 29 novembre 2013, à la grande marche pacifique de protestation et de revendication, qui nous conduit à ce meeting de circonstance au lieudit Akassimé.

En effet, depuis des mois, des chefs de famille, nos maris, nos frères et nos enfants sont arbitrairement détenus dans diverses prisons du pays et soumis à des traitements inhumains et dégradants, alors que leurs geôliers et tortionnaires savent très bien qu’ils doivent chercher ailleurs les vrais auteurs de ce dont ils les accusent.

Nous sommes donc venues nombreuses cet après-midi en ces lieux, pour crier notre douleur mais aussi notre colère, notre ras-le-bol et notre détresse. Nous sommes en colère et nous souffrons en raison de l’attitude scandaleuse du gouvernement qui, au lieu de diligenter une enquête sérieuse pour rechercher la vérité, s’accroche à de sordides spéculations politiciennes, pour maintenir injustement en détention ou inculper arbitrairement, des personnes innocentes, d’honnêtes citoyens.

Nous sommes en colère, nous souffrons et nous pleurons de la misère grandissante dans nos foyers déjà précaires, et de surcroît privés depuis des mois, des maigres sources de revenu des petits boulots de nos maris, jetés en prison.

Libérez-les parce qu’ils n’ont rien fait. Ils sont innocents. Libérez-les au nom de la justice pour qu’ils rentrent à la maison s’occuper de leurs femmes et de leurs enfants. Nous n’en pouvons plus de porter toutes seules et injustement, le fardeau d’une sordide machination politicienne orchestrée par des criminels bien connus mais protégés par une garantie d’impunité.

Etienne YAKANOU est mort entre les mains de la gendarmerie qui l’a privé de soins médicaux. Il n’avait rien fait. Il criait son innocence. En vain. Aujourd’hui, le pouvoir RPT/UNIR/UFC, seul et entièrement responsable de ce drame, abandonne sans aucun soutien, sans aucun secours, même moral, la veuve et trois orphelines.

C’est le lieu de saluer la publication du rapport d’enquête du CST sur les incendies des marchés de Lomé et de Kara. Les femmes de l’ANC, du FRAC et du CST apportent leur plein soutien aux auteurs et aux signataires de ce rapport et les remercient pour leur travail de salubrité publique !

Le rapport d’enquête rendu public par le CST, le 11 novembre 2013, a l’avantage d’édifier l’opinion nationale et internationale qu’il existe bel et bien, dans cette affaire incendies des marchés, une piste plausible et crédible, au demeurant plus sérieuse que les faits grossiers et abracadabrantesques, fabriqués de toutes pièces, par trois capitaines de la gendarmerie nationale et des services de renseignement, et que des jeunes gens manipulés et abusés, ont été contraints d’endosser sous la torture.

Il revient donc au Procureur de la République, d’ouvrir une information judiciaire, au lieu de balayer du revers de la main cet important rapport d’enquête.

Les femmes de l’ANC, du FRAC et du CST dénoncent et condamnent avec force, le manque de volonté affiché par le pouvoir RPT/UNIR/UFC, pour œuvrer, d’une manière républicaine, à l’apaisement des tensions sociopolitiques et à l’assainissement du climat politique dans le pays.

Nous demandons instamment au Chef de l’Etat et au gouvernement de comprendre le désarroi des femmes et de répondre aux attentes des populations togolaises, en faisant cesser les menaces de l’explosion sociopolitique qu’ils font planer sur le Togo depuis quelques années et qui augurent une réédition des exactions de 2005, avec leur cortège de morts, de blessés, de mutilés, de déplacés, de réfugiés et d’exilés.

Les femmes de l’ANC, du FRAC et du CST lancent aux confessions religieuses togolaises ainsi qu’à la communauté internationale un appel pathétique et désespéré. Un appel au secours.

Nous demandons particulièrement au Clergé Catholique, aux Eglises Méthodiste et Presbytérienne et à la Communauté Musulmane, d’une part, à la France, à l’Allemagne, aux Etats-Unis d’Amérique, au PNUD, à l’UE, à la CEDEAO et à l’OIF, d’autre part, d’user de leur audience et de leur influence dans notre pays, pour amener les autorités togolaises :

- à prendre conscience des souffrances portées par les populations togolaises en général et par les femmes togolaises en particulier et à s’investir résolument dans le règlement de la crise togolaise, en faisant droit aux revendications légitimes des populations ;

- à libérer sans délai, toutes les personnes détenues arbitrairement et pour des raisons politiques ;

- à mettre fin à toutes les poursuites en cours et à lever toutes les inculpations abusives qui frappent les dirigeants, les militants et sympathisants de l’ANC, du FRAC et du CST, notamment dans l’affaire des incendies des marchés ;

- à mettre en place une commission internationale d’enquête, crédible et impartiale, pour faire toute la lumière sur cette affaire d’incendies ;

- à prendre conscience du caractère délétère de la situation sociopolitique togolaise et de l’impérieuse nécessité d’œuvrer, toutes affaires cessantes, à la mise en place d’un accord politique sur les réformes constitutionnelles, institutionnelles et électorales, préconisées par l’APG, d’une part, et les missions d’observation électorale de l’UE, d’autre part, afin d’organiser les élections locales dans les meilleurs délais, avant la présidentielle de 2015.

Enfin, les femmes de l’ANC, du FRAC et du CST demandent à toutes les forces vives de la nation, notamment, aux femmes des secteurs publics et privés, aux femmes des marchés, aux élèves et étudiantes, à toutes les femmes des villes, des campagnes et de la diaspora, de demeurer vigilantes et de se mobiliser pour exiger l’adoption et à la mise en œuvre consensuelles des réformes politiques ainsi que l’organisation rapide des élections locales.

Fait à Lomé, le 29 novembre 2013

Pour les Dames de l’ANC,

La Vice-Présidente,

Signé

Mme Antoinette NAHM-TCHOUGLI

 
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