lundi, 20 novembre 2017
 

Togo : Non à la protection de la faune au détriment de la vie et de la dignité humaines

Le vendredi 6 et le samedi 7 novembre 2015, les forces de défense et de sécurité ont réprimé dans le sang, une manifestation pacifique des populations de l’Oti, massivement mobilisées dans les rues de Mango, pour protester contre la réinstauration des mesures de délimitation des aires de faune au détriment de l’espace vital des êtres humains.

Le bilan officiel est de 5 morts, des dizaines de blessés, notamment par balles, ainsi que des dizaines de personnes interpelées. Les forces de défense et de sécurité n’ont pas hésité à foncer sur la foule avec des véhicules blindés, écrasant des manifestants. Elles se sont également livrées à des violations de domiciles, et à des exactions de toutes sortes sur les occupants.

CAP 2015 réitère ses condoléances, sa compassion et sa solidarité aux familles des victimes et à l’ensemble des populations de l’Oti affligées et outragées. Il exige

- · l’indemnisation des familles des victimes,
- · la prise en charge des blessés,
- · la libération de tous les manifestants détenus,
- · la levée de l’état de siège imposé à la ville de Mango et de ses environs,
- · la fin des harcèlements et des kidnappings des jeunes dans la préfecture de l’Ôti.

CAP 2015 rejette les explications fallacieuses et maladroites du gouvernement qui tente de justifier devant l’assemblée nationale, les actes criminels commis de sang-froid par des éléments des forces de défense et de sécurité. CAP 2015 exige la mise en place d’une commission indépendante en vue d’établir les responsabilités et de permettre la poursuite des auteurs et commanditaires de ce massacre.

CAP 2015 fustige encore une fois l’incurie du régime RPT/UNIR qui n’a d’autre vision pour ces populations que le retour aux pratiques avilissantes, humiliantes et traumatisantes, qui ont caractérisé naguère, la politique de protection de la faune dans l’Oti, la Kéran et le Kpendjal.

En effet, depuis plusieurs mois, des opérations musclées de déguerpissement des populations, conduites par des unités des forces armées ont commencé dans la préfecture de l’Oti, où le village de Maboulkou dans le canton de SAGBIEBOU a été détruit, les cases, les greniers incendiés et le bétail dispersé.

Une mission de soutien et d’information, dépêchée à Mango par CAP 2015, s’est également rendue à Maboulkou, où elle a rencontré les populations encore sous le choc, pleurant leur village rasé et leurs maigres biens ainsi que tous leurs documents administratifs emportés par les flammes.

CAP 2015 dénonce et condamne fermement les initiatives meurtrières du Ministre de la Sécurité et de la protection civile, qui n’hésite pas à envoyer des détachements de la police, de la gendarmerie et de l’armée, munis d’armes et de matériels de guerre, pour réprimer dans le sang, des manifestations publiques pacifiques.

CAP 2015 met en garde le gouvernement contre les pratiques permanentes de la violence et de la brutalité policière qui ne peuvent conduire qu’à l’embrasement du pays. Des pratiques protégées par une impunité qui encourage les récidives. Les évènements de Mango rappellent ceux de Dapaong qui ont coûté la vie aux élèves Anselme Sinandaré et Douti Sinanlengue. Ils rappellent également les tueries de Datcha et de Gléï, de Sokodé, d’Anèho, de Bassar, etc. A cet égard CAP 2015 dénonce la duplicité du régime RPT/UNIR qui, malgré ses nombreux engagements nationaux et internationaux, se refuse à combattre l’impunité.

CAP 2015 s’indigne de ce que, incapable d’assurer la sécurité des personnes et des biens sur l’étendue du territoire national, le gouvernement n’a d’autres préoccupations que de rechercher obstinément une hypothétique légitimité internationale, en courant après l’organisation, à coup de milliards, d’une conférence sur la sécurité maritime.

C’est en vue de protester contre les tueries de Mango et de soutenir les populations de l’Oti meurtries, que l’Alliance Nationale pour le Changement (ANC), la Convention Démocratique des Peuples Africains (CDPA), le Pacte Socialiste Républicain (PSR) et l’Union des Démocrates Socialistes du Togo (UDS-Togo), regroupés au sein de la coalition CAP 2015, organisent ce jour, 21 novembre 2015 à Lomé, une grande marche suivie de meeting.

CAP 2015 réitère son appel aux forces démocratiques afin qu’elles s’unissent pour mettre fin au régime RPT/UNIR qui n’a de cesse de cultiver l’impunité, de bafouer la dignité humaine et de faire couler le sang des Togolaises et des Togolais pour se maintenir au pouvoir.

Le temps est venu d’opérer les réformes politiques et électorales prescrites par l’APG et permettant l’organisation d’élections propres dans notre pays. Le temps est venu de respecter les engagements n°s 1.6 et 1.7 pris à Bruxelles en 2004 et maintes fois renouvelés et relatifs à l’organisation des élections locales et à la mise en place d’une administration locale légitime au Togo.

Fait à Lomé, le 21 novembre 2015

Pour CAP 2015 La Présidente

Signé

Brigitte ADJAMAGBO-JOHNSON

 
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