dimanche, 20 mai 2018
 

Guerre contre la liberté d’expression en Tunisie et au

Alors que la télévision et la presse sont aux mains du pouvoir tunisien, ce dernier veut réduire au silence toutes les voix discordantes ou oppositionnelles. La dernière période de répression, si elle n’est pas exceptionnelle, a néanmoins été justifiée et revendiquée officiellement par la dictature. Ecroués : Taoufik Ben Brik et Zouhaïer Makhlouf, journalistes. Interpellée et poursuivie : la blogueuse Fatma Riahi. Agressés : les journalistes Mouazz Elbey et Slim Boukhdhir. Harcelés : les journalistes Lotfi Hajji et Mouldi Zouabi. Refoulée en France : Florence Beaugé, journaliste. Expulsée : Manuela Gumucio, journaliste. Condamné à quatre mois d’emprisonnement : Mohammed Soudani, qui avait accordé une interview à une journaliste étrangère. Censurée : la chaîne satellitaire El Jazira. Effacés : les blogs kitab.nl, moncefmarzouki.com, fatma-arabicca.blogspot.com, elclandestin.blogspot.com, rafiik.blogspot.com, ou encore dawwen.blogspot.com. Hackés : les sites internet nawaat.org et Réveiltunisien.org. Saisi, le numéro préélectoral de Ettarik Eljadid. Assiégés  : les locaux de Radio 6. Sans compter les mesures qui perdurent : privation de passeport pour Slim Boukhdhir et Mokhtar Yahyaoui (blogueur) ; déférée en justice : Sihem Ben Sedrine : fondatrice de Radio Kalima ; banni au sud du pays : Abdallah Zouari, journaliste ; condamné par contumace et contraint à la clandestinité : Fahem Boukaddous, journaliste. Un constat guère plus riant au Maroc, où il ne fait pas bon évoquer la famille royale. Un véritable harcèlement orchestré par le Palais témoigne de la crispation du pouvoir sur les lignes rouges et déclenche l’instrumentalisation de la machine judiciaire : emprisonnement, amendes, fermetures de locaux, saisie de publications...Au mois d’Août, les revues Tel Quel et Nichane ont été sanctionnées pour avoir réalisé en partenariat avec le journal Le Monde, un sondage sur le bilan des 10 ans de règne de Mohamed VI. Bien que les résultats s’apparentaient à un plébiscite, 100 000 exemplaires ont été détruits et Le Monde interdit. En octobre, Tawfik Bouachrine, directeur de Akhbar Al Youm, et Khaled Gueddar, caricaturiste se sont vu infliger des peines de prison avec sursis et 270 000 euros d’amende, ce qui met la survie du journal en danger. Poursuivis à la fois par le ministère de l’intérieur pour atteinte à l’emblème du royaume, et par Moulay Ismaïl, cousin du roi et sujet du dessin, pour non respect dû à un membre de la famille royale, c’est pour eux la double peine au nom de la sacralité de la monarchie. Un an de prison ferme pour le patron de l’hebdo Al Michaal, et 3 mois pour 2 de ses journalistes, avec amende, pour avoir évoqué l’état de santé du roi et une éventuelle prise de cortisone. Accusés de publication de mauvaise foi et allégations erronées ! Et c’est au prétexte de l’intégrité territoriale que le journaliste sahraoui Mustafa Abdedayem est détenu depuis octobre 2008 ; les maltraitances subies en prison ont entrainé des pathologies qui ont nécessité son hospitalisation à Tiznit. D’autres journaux sont asphyxiés financièrement par des amendes faramineuses pour n’avoir pas ménagé les puissants. C’est en soutien de cette presse en danger que le collectif Maghreb Solidarité a appelé à un rassemblement mercredi 18 novembre place de l’Opéra à Paris.

Gisèle Felhendler et Luiza Toscane

 
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