samedi, 16 décembre 2017
 

Solidarité avec les résistances sociales au Maghreb

Organisation politiques à la gauche du PS, syndicats, associations de défense des Droits de l’Homme, syndicats étudiants, tous les acteurs majeurs de la solidarité se sont rencontrés pour analyser, agir et avancer ensemble : c’est le rejet sans conditions des politiques néo colonialistes et ultralibérales qui gangrènent cette région du monde. Pour la première fois, les révoltes en cours en Algérie, en Tunisie et au Maroc témoignent d’une réelle convergence : les mêmes causes (chômage, corruption, népotisme) produisent les mêmes effets a Oran, Gafsa ou Sidi Ifni. Le mouvement de colère est porté par les jeunes, diplômés, chômeurs, actifs, étudiants, syndicalistes en rupture avec la ligne officielle de l’UGTT, femmes, et se trouve agressé par des gouvernements autoritaires, répressifs et policiers, soutenus par les impérialismes occidentaux. Cette prise de conscience globale se fait malgré l’hypocrisie, qui confine à la désinformation, des média, qui, quand ils veulent bien les évoquer, dénaturent et minimisent les faits pour ne pas ternir l’image d’un paradis pour touristes.

Un nouvel espace politique se définit a l’échelle de cette région ; les formes de ce processus anticapitaliste, internationaliste et solidement ancré à gauche sont en train de se préciser. Et c’est le rôle des travailleurs et des révolutionnaires de soutenir ce combat pour les droits humains et la démocratie. De fait, la question de l’immigration, entachée d’alliances euro-maghrébines toxiques, se pose de façon accrue. Car les enjeux sécuritaires, sous le fallacieux prétexte de contrer le terrorisme, entraînent la maîtrise violente des flux migratoires, et interdisent la libre circulation des populations, surtout les plus pauvres. L’élan de solidarité unitaire mobilise autour des revendications justes, et concrétise la construction d’un front unique de résistance à la répression. Le sort monstrueusement inique réservé aux opposants est cruellement symptomatique de cette lutte pour la dignité. J’en veux pour exemple Ess’gaier Belkhiri, immigré tunisien résidant à Nantes, incarcéré puis libéré au bout d’un mois grâce a la solidarité internationale. Et aussi Zakia Difaoui, militante des droits de l’Homme condamnée en appel a 4 mois 1/2 de prison ferme par les autorités tunisiennes. Dernière tentative en date d’intimidation, preuve de l’inquiétude des pouvoirs dictatoriaux, l’inculpation éhontée, pour financement d’association de malfaiteurs, de Mouhieddine Cherbib, président de la Fédération des Tunisiens pour une Citoyenneté des Deux Rives (FTCR), vivant en France.

Il est simplement intolérable que ces régimes policiers menacent les soutiens, criminalisent leur action et tentent sans vergogne de réduire la contestation au silence, à la torture et à la mort. C’est à nous qu’il revient d’exiger la garantie des libertés essentielles et le respect des droits sociaux et humains. A Paris et Nantes, des groupes de travail unitaires sur ces questions ont vu le jour. C’est pourquoi, plus que jamais, il est temps de renforcer l’unité, d’encourager les initiatives communes et de multiplier les campagnes de solidarité, pour ne pas laisser la peur et la résignation détruire cet espoir naissant.

 
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