dimanche, 20 août 2017
 

Brèves manifestations au Caire contre le pouvoir

Des dizaines de personnes ont manifesté hier au Caire contre le gouvernement du président Abdel Fattah el-Sissi.

Pour ce 25 avril, jour férié commémorant la restitution du Sinaï par Israël en 1982, plusieurs mouvements laïcs et de gauche avaient appelé à manifester contre la politique répressive du gouvernement, prenant prétexte de la rétrocession controversée il y a deux semaines de deux îles de la mer Rouge, Tiran et Sanafir, à l’Arabie saoudite.

Le président Sissi, dont le pouvoir réprime violemment toute opposition, avait prévenu dimanche, comme le ministère de l’Intérieur, que la police et l’armée empêcheraient tout rassemblement, par la force au besoin.

Dans les jours qui ont précédé, les forces de l’ordre avaient tout mis en œuvre pour réduire à néant les possibilités de se rassembler. Elles avaient arrêté en quatre jours dans des rafles des dizaines de jeunes opposants, d’avocats et de responsables d’organisations de défense des droits de l’homme qui appelaient à manifester, selon ces ONG. Et, policiers et soldats massivement déployés au Caire avaient bouclé dès dimanche soir tous les quartiers dans lesquels devaient avoir lieu les manifestations.

Mais, vers 16h00 hier, une cinquantaine de manifestants ont fait irruption par surprise sur une petite place du centre de la capitale. Quelques minutes plus tard, un premier camion de police arrivé en trombe a essuyé des jets de pierre et les policiers ont riposté par des tirs de grenades lacrymogènes, provoquant la débandade des protestataires.

Les forces de sécurité ont arrêté plusieurs personnes, des journalistes égyptiens et étrangers, notamment.

D’autres petites manifestations ont été également rapidement dispersées dans au moins deux autres quartiers et plus aucune n’était signalée en fin de journée. « Le niveau de panique du gouvernement montre qu’il se sent menacé et pense qu’il n’a d’autres options que la répression », commentait pour l’AFP en tête de manifestation Leila Seif, une figure de la dissidence. Son fils Ala’ Abdel Fattah, un des jeunes leaders de la révolte de 2011 qui a chassé Hosni Moubarak du pouvoir, est emprisonné depuis juin 2014 pour avoir bravé une interdiction de manifester.

Source : L’Orient le Jour

 
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