mardi, 28 mars 2017
 

Claude Mangin-Asfari, femme du prisonnier politique sahraoui Ennaâma Asfari, expulsée du Maroc

Avec ses affiches placardées dans le métro et sur les murs de nos villes, le pouvoir marocain vante la douceur de vivre au Maroc pour attirer touristes et investisseurs.

Mais il se garde bien de montrer l’envers du décor : au Maroc, on emprisonne, on torture, on interdit et on expulse !

Claude Mangin-Asfari, femme du prisonnier politique sahraoui Ennaâma Asfari injustement condamné à 30 ans de prison pour avoir défendu le droit à l’autodétermination, a été expulsée du Maroc le 20 octobre. Elle n’a donc pas pu rendre visite à son mari à la prison d’El Aarjate comme elle le fait régulièrement depuis six ans.

Vengeance du pouvoir marocain pour son interview au journal Libération (qui a été interdit au Maroc), sa participation au film « Dis-leur que j’existe » sur les prisonniers politiques sahraouis du groupe de Gdeim Izik condamnés à de lourdes peines de prison (de 20 ans à la perpétuité) et sa contribution à la mobilisation en faveur du peuple sahraoui. Représailles contre Ennaâma Asfari qui a porté plainte contre le Maroc pour torture auprès de la justice française et du Comité contre la torture de l’ONU à Genève !

Alertés, le gouvernement français et l’ambassade de France au Maroc n’ont pas réagi ! Contrairement à d’autres gouvernements qui, en cas d’expulsion de leurs ressortissants, protestent vivement auprès des autorités marocaines et convoquent l’ambassadeur du Maroc.

Cette expulsion n’est malheureusement pas la première. Elle fait suite à celles d’une journaliste du Monde en septembre et d’une délégation espagnole en octobre. Depuis avril 2014, près de 150 personnes de 14 nationalités ont été expulsées du Maroc et du Sahara occidental occupé, notamment des journalistes, juristes, syndicalistes et associatifs. Le Maroc impose un véritable blocus du Sahara occidental pour cacher la situation réelle : répression des manifestations ; arrestation et emprisonnement des militants sahraouis ; tortures dans les commissariats et les prisons ; procès inéquitables ; pillage des ressources naturelles

Le MRAP dénonce ces expulsions. Il réaffirme sa solidarité avec le peuple sahraoui qui lutte pour son autodétermination et la libération des prisonniers politiques sahraouis. Il demande au gouvernement français de changer de politique sur la question sahraouie et de ne plus soutenir le pouvoir marocain qui bafoue en toute impunité les droits de l’homme et le droit international.

Dans l’immédiat, il lui demande d’intervenir en urgence auprès des autorités marocaines pour que Claude Mangin-Asfari puisse voir son mari en prison.

 
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