lundi, 25 mars 2019
 

Le double langage du pouvoir marocain

Le processus revendicatif fut enclenché par la jeunesse marocaine à travers son « Mouvement du 20 février », dont la mobilisation pacifique s’enracine et s’élargit de jour en jour pour toucher l’ensemble des masses populaires et ses forces vives malgré la répression, l’intimidation et les arrestations.

C’est dans ce cadre que ce dimanche 13 mars, comme chaque dimanche, plusieurs rassemblements pacifiques eurent lieu dans différentes villes du Maroc. Ils ont tous été réprimés, avec une rare violence, par les forces de l’ordre. Des centaines de manifestants ont été arrêtés et d’autres blessés, dont certains dans un état grave.

Si la répression policière a été tout particulièrement féroce dans des villes comme Asilah, Al Mohammedia, Oued Zam, Berkane…. elle a pris une allure toute particulière à Casablanca. Suite à une première intervention des forces de police pour disperser les manifestants rassemblés sur la grande place devant la préfecture, quelques 2000 manifestants se sont regroupés devant le siège du Parti Socialiste Unifié, pour continuer leur rassemblement avec toujours les mêmes revendications :

- Une nouvelle constitution qui répond à la volonté populaire pour la liberté, l’égalité et la justice sociale…,

- Une réelle séparation des pouvoirs,

- La lutte contre l’impunité et le jugement des responsables de la torture, des disparitions forcées,

- L’arrêt de la corruption et la saisie des richesses accaparées de manière non légale ou indécente,

- L’accès équitable aux moyens audiovisuels (radio-TV surtout), pour toutes les forces représentatives de l’opinion nationale,

- La vérité sur les disparitions forcées, la libération des prisonniers politiques et le retour des exilés.

Face à ce rassemblement pacifique, les forces de l’ordre se sont déchaînées contre les manifestants, les poursuivants à l’intérieur du local du PSU qui tenait une réunion de son Conseil National, dont plusieurs de ses membres ont été victimes des attaques sauvages des forces de la répression, ainsi que des militants des partis de L’alliance et du Rassemblement de la Gauche Démocratique qui étaient, soit avec les manifestants, soit invités à participer aux débats du CN du PSU. Les membres du CN du PSU et les militants et responsables des autres partis de gauche présents, ont décidé de ne pas quitter les lieux avant la libération de l’ensemble des personnes arrêtées.

Que signifie ce comportement qui consiste à faire des discours à double langage ? Au moment où le monarque acculé à faire un discours pour octroyer une constitution, les forces de l’ordre répriment avec une rare violence les manifestations pacifiques, dont les revendications ne dérogent en rien aux bases les plus élémentaires d’un état de droit.

Les partis de gauche, signataires de ce communiqué, dénoncent le double langage du pouvoir marocain, dont le premier consiste à vendre un état makhzen autocratique à l’opinion internationale, sous l’emballage d’un état de droit, et l’autre qui dénie la citoyenneté au peuple marocain et qui consiste à le garder dans un état de sujet, servile et dominé.

- Nous exprimons notre solidarité avec les victimes de la répression,

- Nous exigeons la libération de tous les prisonniers,

- Nous dénonçons ce double langage et la répression qui l’accompagne,

- Nous rejetons l’état makhzen, corrompu, despotique, antidémocratique et antipopulaire,

- Nous revendiquons une constitution pour le peuple et par le peuple, respectant ses aspirations à la Liberté, l’Egalité, la Dignité, et la Citoyenneté,

- Nous exigeons le droit de manifester et l’accès aux moyens audiovisuels de l’Etat qui dénigre les revendications populaires et manipule l’opinion nationale,

- Nous exigeons la libération de tous les manifestants arrêtés et tous les prisonniers d’opinion ;

- Nous appelons les militants et démocrates marocains à participer ou à créer des comités de soutien et de solidarité avec le mouvement marocain du 20 février

Nous appelons l’ensemble des épris de justice à manifester Dimanche 20 Mars 2011 au :

Parvis des droits de l’homme/Ambassade du Maroc à 15 h

Paris 16éme, métro Trocadéro

En face de l’ambassade du Maroc en Belgique de 12h à 13h30

Boulevard Saint-Michel à 1040 Bruxelles

Manifestation nationale à 14h

Gare du Nord

Vive la lutte du peuple Marocain

Gloire aux martyrs de la Liberté et la Démocratie

Paris le 13 mars 2011

Le Parti Socialiste Unifié (PSU) / Coordination Europe

Le Parti de l’avant-garde Démocratique et Socialiste (PADS - Fédération Europe)

Le Parti de la Voie Démocratique (ANNAHJ) / Région Europe

 
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