jeudi, 15 novembre 2018
 

Maroc - Fès : Mort d’un prisonnier politique après 72 jours de grève de la faim

Les opposants au Maroc passent par des mauvais moments. Au lendemain de la condamnation de la militante Wafaa Charaf à une peine d’un an de prison ferme, une nouvelle encore plus tragique est tombée : l’étudiant et militant de gauche Mustapha Meziani est mort mercredi 13 août à Fès.

Il décède après une grève de la faim de 72 jours pour protester contre le refus des autorités de lui permettre de s’inscrire à l’université.

L’association marocaine des droits de l’homme (AMDH) qui avait déjà interpellé les autorités marocaines sur les risques encourus par Mustapha Meziani les rend responsables de la mort du jeune homme de 31 ans.

Mustapha Meziani, était détenu dans le cadre de l’affaire de l’étudiant du PJD, Al-Hasnaoui, tué dans des affrontements entre des groupes d’étudiants islamistes et marxiste.

Le jeune homme qui considérait sa détention comme une punition pour son activité militante était en grève de la faim pour protester contre sa détention, son exclusion de l’université et pour réclamer son droit à une réinscription à l’université.

es militants associatifs s’inquiétaient ces derniers temps des risques graves pesant sur la santé de Meziani dont la situation s’était dégradée.

Cela avait conduit à son transfert, le 4 août dernier, au CHU Hassan II de Fès où, selon le communiqué de l’administration pénitentiaire, il avait été placé en réanimation où, précise-t-elle, il a bénéficié "jusqu’à son décès de plusieurs soins et examens médicaux, dont les frais ont été pris en charge par l’administration de l’établissement pénitentiaire".

L’Association marocaine des droits humaines (AMDH) qui avait adressé une lettre ouverte au chef de gouvernement, Abdelilah Benkirane, sur la situation "inquiétante que connaissent certaines prisons du pays". Elle avait insisté sur le cas de Meziani et réclamait l’ouverture d’un dialogue avec lui pour "préserver son droit sacré à la vie".

Après l’annonce du décès de Meziani, l’AMDH a mis en cause la négligence avec laquelle les institutions de l’Etat, la chefferie du gouvernement, le ministère de la justice et l’administration pénitentiaire, ont traité les demandes du défunt.

L’AMDH rappelle qu’elle a saisi toutes les instances y compris le chef du gouvernement pour que la demande légitime d’une réinscription à l’université soit acceptée. En vain, indique l’AMDH, "comme si la vie humaine ne vaut rien chez l’Etat marocain qui prétend adhérer aux droits de l’hommes tel que reconnus universellement".

Source : Huffington Post

 
A propos de Afriques en Lutte

Afriques en lutte est un collectif de militant(e)s anticapitalistes membres ou non de plusieurs organisations politiques. Ce site présente les articles parus dans le bulletin (envoi gratuit sur simple demande) ou d’autres publications amies. Notre objectif est de diffuser, à partir d’un point de vue militant, un maximum d’informations (politiques, économiques, sociales et culturelles) sur le continent africain et sa diaspora.

Si les articles présents sur ce site reflètent une démarche volontairement ouverte et pluraliste, leurs contenus n’engagent, bien évidemment, que leurs auteur-e-s. Tous les commentaires sont bienvenus. La rédaction se réserve toutefois le droit de les modérer : les propos injurieux, racistes, sexistes, homophobes, diffamatoires, à caractère pornographique, pédophile, ou contenant des incitations à la haine ne seront pas publiés.

Pour nous contacter : afriquesenlutte@gmail.com

Fils de nouvelles RSS
Thèmes