jeudi, 17 août 2017
 

Maroc : la répression envers les mouvements sociaux s’intensifie

Le 27 avril 2014, Wafa Charaf, a été enlevée et séquestrée à Tanger. Elle dépose plainte contre X le lendemain pour enlèvement, séquestration et menaces. Wafa, militante associative et politique, revenait ce 27 avril d’un rassemblement de soutien aux membres du bureau syndical de la multinationale Greif, licenciés pour avoir créé une section syndicale.

Elle a déclaré avoir été séquestrée plusieurs heures, questionnée sur ses activités militantes et insultée, avant d’être abandonnée hors de la ville de Tanger. De victime, Wafa deviendra accusée. Comme sa famille et ses camarades, elle sera convoquée plusieurs fois par semaine au commissariat et harcelée de questions alors que la police n’avançait pas sur l’identité des responsables de l’enlèvement. Wafa a été condamnée le 11 août à un an de prison ferme et à 1000dh d’amende et 50 000dh (5000€) de dommages pour « mensonges et diffamation », au cours d’un procès inéquitable alors que Boubker Khamlichi, ex-detenu politique accusé de complicité avec Wafa est acquitté. Le procès en appel sera reporté 3 fois et le tribunal double la peine de Wafa, condamnée à deux ans de prison tandis que Boubker était condamné à un an avec sursis ; les amendes et dommages étant maintenus.

A l’approche des dates de leurs jugements en appel, tout un groupe de détenus d’opinion au Maroc a entamé une grève de la faim illimitée depuis plusieurs semaines. Il s s’agit essentiellement de jeunes étudiants, militants de l’Union Nationale des Etudiants du Maroc (UNEM), emprisonnés à Kenitra, Fès, Marrakech et Oujda. Les grévistes de la faim réclament de pouvoir poursuivre leurs études, d’être regroupés dans la même prison et surtout de passer rapidement devant le juge en vue de leur libération puisque leurs dossiers sont vides. Ces jeunes ont été arrêtés pour avoir participé à des manifestations pacifiques au sein des universités.

La liberté de manifester a encore été bafouée à deux occasions différentes, le 18 avril : à Smara au Sahara, où la police a violemment dispersé des manifestants et à Rabat, où le rassemblement, organisé par le Réseau marocain de solidarité avec les peuples, contre l’intervention militaire au Yémen, a été violemment réprimé par les forces de l’ordre. Plusieurs défenseurs des droits de l’Homme ont été pourchassés et blessés, ce qui a nécessité leur admission à l’hôpital. L’ASDHOM renouvelle son soutien à tous les prisonniers politiques et est plus que déterminée à poursuivre sa campagne de parrainage qu’elle a lancée en novembre 2012 en leur faveur.

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