lundi, 18 mars 2019
 

Solidarité avec les travailleurs de l’OCP en lutte

Depuis juillet 2009, 850 travailleurs de l’Office Chérifien des Phosphates (OCP) sont en lutte continue contre leur licenciement abusif par leur employeur, géant groupe étatique qui domine le marché mondial du phosphate. L’OCP, à travers sa filiale SMESI, n’a pas hésité à licencier les 850 travailleurs parce qu’ils ont décidé de créer un bureau syndical affilié à l’Union Marocaine du Travail (UMT), pour défendre leurs droits. Derrière cette décision se cache les finalités de la direction de l’OCP qui veut surtout augmenter sa rentabilité et remettre en cause tous les acquis sociaux des phosphatiers gagnés dans le passé aux prix de luttes ouvrières dures (plus de 3 mois de grève continue). Les dirigeants de l’OCP veulent remettre en cause la stabilité de l’emploi en supprimant les CDI et imposer une flexibilité-précarité à outrance notamment en multipliant les CDD par l’intermédiaire des sociétés d’intérim. Les travailleurs licenciés se sont organisés pour défendre leurs droits et exiger de la part de la direction de l’OCP leur réintégration et leur titularisation. Un comité de solidarité national (Comité de Solidarité avec les Ouvriers de la SMESI – CSOS) a vu le jour, regroupant des militant-e-s de différentes villes du Maroc et de différentes forces de la gauche radicale et des représentants des travailleurs en lutte. Plusieurs initiatives ont été prises : manifestations et rassemblements notamment à Khouribga, ville minière et centre de production du phosphate, à Casablanca devant le siège de l’OCP, et à Rabat devant le ministère de l’énergie et des mines (ministère de tutelle) et devant le siège du parlement. Une caravane de solidarité a également été organisée par l’Association Marocaine des Droits Humains (AMDH) et a connu un net succès. Le pouvoir marocain, face à ces revendications légitimes, n’a apporté qu’une seule réponse : la répression contre les ouvriers, leurs familles et toutes les personnes solidaires de leur lutte. Plusieurs interventions musclées ont eu lieu contre les manifestations pacifiques organisées par les ouvriers en lutte, faisant des dizaines de blessés. Des poursuites judiciaires à l’encontre des manifestants sont également en cours. Cette violente réponse s’inscrit pleinement dans la logique de la politique du pouvoir d’user de la force répressive contre tout mouvement contestataire. Le pouvoir au Maroc prouve encore une fois qu’il n’a pas changé de nature, dix ans après la mort de Hassan II : une dictature répressive qui défend les intérêts du grand capital, applique rigoureusement les politiques libérales des institutions financières internationales au dépend des intérêts de la population, emprisonne les militant-e-s (le groupe des étudiants de Marrakech – groupe de Zahra Boudkour – et d’autres détenus politiques croupissent encore dans les geôles du pouvoir marocain), bafoue la liberté d’expression et interdit les journaux indépendants (fermeture du « Journal Hebdo », titre phare de la presse indépendante),… Dans le contexte actuel marqué par une situation économique qui ne cesse de se dégrader et des inégalités Politique, économie et société sociales qui ne cessent de se creuser, et face à la répression et au bafouement continu des droits fondamentaux des classes laborieuses, les luttes sociales au Maroc ne cessent de s’amplifier. Les travailleurs de l’OCP continuent à lutter pour le respect de leurs droits, convaincus que seule la lutte paie. Les diplômés chômeurs organisés dans plusieurs associations (et notamment l’Association Nationale des Diplômés Chômeurs – ANDCM), malgré la répression féroce et les procès iniques, continuent à lutter depuis des années. Les habitants des quartiers populaires à Casablanca, les sans-logements à cause des intempéries, s’organisent pour exiger que l’Etat prenne ses responsabilités. Le mouvement étudiant, malgré la répression et les arrestations, continue sa lutte contre la réforme de l’enseignement qui a transformé les universités en des usines à chômeurs ou à main d’oeuvre pas cher et corvéable à souhait. Le mouvement de grève dans l’éducation nationale, à Zagora et ailleurs, continue sans relâche pour la gratuité de l’enseignement. Les militant-e-s politiques et syndicalistes « lutte de classe », les militant-e-s des droits humains (notamment l’AMDH), le mouvement altermondialiste (Attac-Maroc),… continuent à lutter au quotidien contre les politiques libérales préconisées par les institutions financières internationales et mises en oeuvre par le gouvernement marocain ; contre la politique répressive du pouvoir marocain ; pour défendre les intérêts des classes populaires. Face à cette situation, la solidarité internationale doit continuer et s’amplifier car il s’agit d’un moyen de pression important sur le pouvoir marocain, mais également un élément important d’encouragement des travailleurs en lutte.

Mahmoud Tawri

 
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