mercredi, 20 septembre 2017
 

Déclaration de l’UFP sur la hausse des prix

Les grands défis auxquels fait face notre pays ces jours-ci se ressemblent dans leur complexité, mais ils se distinguent par leur continuité, leurs effets et la force de leur impact sur la vie des gens.

Et du fatras des conséquences négatives de l’aggravation de la crise politique, l’aventure de la guerre par procuration contre Al-Qaïda et l’embrouillement des habitants des bidonvilles par des procédures improvisées, émerge l’indice des prix avec sa parabole horizontale croissante pour accroître les souffrances des citoyens, en l’absence de toute approche économique ou initiative politique de la part du système en place, en mesure de maintenir, au moins, la stabilité des prix des denrées de consommation de première nécessité.

Les prix de ces matières ont continué leur ascension sans relâche depuis le coup d’État militaire de 2008 dont les commanditaires avaient, justement, mis en avant les hausses des prix pour justifier leur putsch, pour en arriver ces jours-ci à des niveaux sans précédent, malgré la propagande médiatique tendancieuses par laquelle le système tente, en vain, de berner l’opinion publique et de la détourner par des duperies qu’il croit des réalisations, même si elles sont restées sans intérêt, n’ayant aucune incidence positive sur les conditions de vie des populations.

Le prix du sac de blé est arrivé, de nos jours, à 5700 ouguiyas, au lieu de 4850 ouguiyas la veille du coup d’Etat, et le sac de sucre à 11.600 ouguiyas au lieu de 8000 ouguiyas, tandis que le prix de l’huile de cuisine (la bouteille de 20 litres ) a atteint 6800 ouguiyas au lieu de 5700 ouguiyas en 2008, alors que le sac de lait en poudre de qualité supérieure (Celia Inco) est à 28 600 ouguiyas, au lieu de 19 000 ouguiyas près de deux mois avant le coup d’État. Et la liste est longue dans ce domaine.

Longue encore est l’attente pour obtenir une explication satisfaisante de la part du régime à cette vague de hausses de prix, en dehors de jeter l’entière responsabilité sur le marché international, sans tenir compte de :

- son incapacité à prendre des mesures sérieuses pour réduire la dépendance économique vis-à-vis de l’extérieur, telles que la subvention de l’agriculture, plutôt que de la combattre tantôt en annulant la campagne agricole, tantôt en la privant de crédit agricole ;

- L’absence de concurrence réelle en raison du monopole de l’importation de ces marchandises par un seul commerçant ou un petit groupe de commerçants, dont l’entente illicite permet d’imposer des prix monopolistiques qui leur garantissent des bénéfices élevés.

Du blé, par exemple, ils tirent un bénéfice de 18 700 ouguiyas par tonne vendue à 112500 ouguiyas aux petits commerçants, bien que son prix de revient à l’arrivée sur le marché local est de 93 800 ouguiyas, la même chose pour le sucre sur lequel ils gagnent 23500 ouguiyas par tonne, après sa vente aux petits commerçants à 228000 ouguiyas, bien que son prix de revient à son arrivée sur le marché local est de 204500 ouguiyas. Et les profits continuent d’augmenter avec le reste des denrées : 29600 ouguiyas par tonne de riz, 48200 ouguiyas par tonne de lait Celia,… etc.

L’UFP, face à la hausse spectaculaire des prix de ces matières et d’autres :

* Rend le régime responsable de cette hausse continuelle des prix et de sa désinvolture face aux pratiques monopolistiques qui ont permis la réalisation de ces bénéfices désavantageux pour les citoyens ;

* Réclame une protection intransigeante de la concurrence réelle par l’activation du rôle de la Société Nationale d’Import Export (SONIMEX) et la lutte contre toutes les ententes illicites, comme dans toutes les économies de marché ;

* Affirme la nécessité d’imposer un plafond fixe pour le taux de bénéfice des matières de base, au moins pour les maintenir à l’abri de la spéculation et du monopole.

Nouakchott, le 27 10/2010 Le Département de la Communication de l’UFP

 
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