samedi, 25 novembre 2017
 

Mauritanie : Communiqué de l’UFP sur la répression des ouvriers à Zouerate

Au moment où les travailleurs aspiraient au lancement d’un dialogue social sérieux et porteur qui aboutisse à la satisfaction de leurs revendications légitimes et leur permette de recouvrir leurs droits essentiels spoliés ;

au moment où l’opinion publique nationale fonde de réels espoirs sur la volonté de dialogue annoncée par l’ensemble des acteurs nationaux, le pouvoir en place réussit, une nouvelle fois, à décevoir les attentes des Mauritaniens par des pratiques inopportunes et injustifiées.

Ainsi, a-t-il réprimé avec violence, une manifestation pacifique des travailleurs (journaliers) qui s’étaient réunis dans les locaux de la coordination régionale de la confédération générale des travailleurs de Mauritanie (CGTM) après avoir été délogés de la grande place publique où ils avaient l’habitude de se regrouper.

Le siège de la CGTM a alors été pris d’assaut par des unités de la garde nationale qui ont agressé, brutalement, les travailleurs, les ont molestés avant de noyer le siège sous une pluie de grenades Lacrymogène faisant plusieurs blessés et arrêtant plusieurs travailleurs.

Les autorités locales ont ensuite interpellé le coordinateur de la CGTM, Monsieur Mohamedou O/ Nahah pour lui signifier l’interdiction, totalement injustifiée, de participer à toute réunion publique comme elles ont interdit aux journaliers de manifester.

Faut-il rappeler que les récentes protestations des travailleurs temporaires (journaliers) étaient une réaction au non respect par le pouvoir et ses protégés des engagements qu’ils ont pris, dans le cadre de l’accord conclu et qui, en son temps, avait été l’objet d’un tapage médiatique qui est sans doute pour beaucoup dans le sentiment de désillusion qui prévaut.

En quoi la violation du droit des syndicats à poser leurs revendications légitimes, la violation de leurs locaux, la destruction de leurs enseignes et banderoles, sont-elles compatibles avec le dialogue, la volonté de réformes ou la lutte contre la gabegie ?

Est-il raisonnable que la ville de Zouératt vive un état d’urgence qui ne dit pas son nom sans aucune justification ?

Le sentiment désormais largement répandu, est qu’il s’agit là d’une nouvelle approche délibérée de la dictature en place, consistant à réprimer et à museler toutes les forces vives qui manifestent des velléités d’indépendance et à leur tête, les syndicats, à l’avant-garde d’un mouvement de protestation et de revendication de plus en plus visible dans tous les secteurs.

Il faut noter, en outre, que c’est le premier pouvoir, dans l’histoire de l’Etat Mauritanien qui, plutôt que de saisir les préavis de grève comme une opportunité de négocier et de discuter avec les organisations syndicales, choisit de les réprimer et de chercher à les diviser par des manÅ"uvres scandaleuses et irresponsables. L’Union des forces de progrès (UFP), en condamnant fermement ces pratiques anachroniques du pouvoir en place :

1) réaffirme son entière solidarité avec l’ensemble de travailleurs et particulièrement les journaliers, dans leur lutte pour arracher leurs droits spoliés ;

2) réclame la libération immédiate des travailleurs arrêtés et met en garde contre toute violation de leurs droits ;

3) appelle le pouvoir a engager, sans délai, des négociations sérieuses avec les travailleurs ;

4) souligne que ces agissements sont révélateurs du désarroi d’une régime qui a fait de la manipulation et des petites combines un procédé de traitement des partenaires ce qui a conduit, fatalement, a instaurer un climat de suspicion entre les acteurs.

Nouakchott, le 18/07/2011

 
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