mercredi, 20 septembre 2017
 

Mauritanie : Grève des étudiants, l’UFP demande au pouvoir de privilégier le dialogue

Depuis l’intervention musclée des forces de sécurité le deux février dernier, dans l’enceinte de l’université de Nouakchott, le calme n’est pas revenu aux abords des facultés. Pour la reprise des cours, les étudiants exigent la libération de tous leurs camarades détenus et la réintégration de ceux exclus.

Les étudiants renvoyés définitivement par le conseil de discipline de l’Université n’ont pas été réintégré. Les arrestations, elles continuent. « La police nous cherche partout, nous ne pouvons même pas dormir chez nous de peur d’être arrêtés. Ils demandent a ceux qui sont arrêtés ou se trouve Bakary Bathily » dit un étudiant. Bakary Bathily, depuis la dispersion du sit-in du deux février, est activement recherché par la police.

C’est lui Bakary qui avait été violemment pris a partie il y a quelques mois a Kaédi par le directeur régional de la sûreté au cours de manifestations du mouvement « Touche pas à ma nationalité. » Il s’en était tiré avec une longue hospitalisation et des séquelles.

Les étudiants arrêtés sont dispersés dans différents commissariats de Nouakchott. La nouveauté : la police n’hésite pas à embarquer des étudiantes. Les mamans de six filles ont manifesté ce mercredi 15 février devant un commissariat au Ksar pour demander la libération de leurs enfants. Les six étudiantes sont « Khdaijetou Ngaïdé, Kadiata Bocar Ba, Amy Dieng, Anthiata Diagana, Fatimata Diop dite Coumbis et Mariam Ball. » Revendications

Au départ les revendications des étudiants étaient, entre autres, une augmentation et généralisation des bourses. L’administration de l’université de Nouakchott accuse les étudiants grévistes d’avoir « profané » le drapeau national et d’avoir fait physiquement obstacle au déroulement normal des cours dispensés au non grévistes. Les heurts entre étudiants et forces de l’ordre dans les rues de Nouakchott, ont par moment, pris des proportions graves avec étudiants blessés, bus de la société nationale de transports incendiés…

L’UFP, Union des forces de progrès, dans une conférence de presse organisée mercredi 15 février, demande au pouvoir « d’arrêter la répression et de privilégier le dialogue pour trouver solution aux revendications des étudiants. »

Pour Moustapha Ould Bedredine, les manifestations des étudiants se déroulent dans un contexte particulier marqué par une « crise institutionnelle, économique, sociale politique et sécuritaire grave. » Et, le régime actuel, « responsable de cette crise multiformes, ne semble plus capable de faire face aux manifestations pacifiques et aux revendications légitimes que par la répression aveugle et disproportionnée. »

C’est ainsi a dit Ould Bedredine que le deux février, « les forces de sécurité ont pris d’assaut l’université de Nouakchott et réprimer avec une grande brutalité les étudiants en sit-in. » Une répression « au vu et au su d’un groupe de parlementaires qui était venu apporter solidarité et nourriture aux étudiants. » Le responsable de l’UFP a rappelé la vingtaine d’interpellations d’étudiants le quatre février. Des interpellations qui continuent et qui ont atteint une trentaine, en majorité étudiants mais aussi quelques militants des droits de l’Homme venu les soutenir.

Selon Ould Bedredine, « de jeunes gens sont arrêtés et gardés au secret avec impossibilité des parents de savoir ou ils sont. Et, plus grave « il y aurait eu des cas de tortures, notamment sur Kadiata une étudiante détenue dans un commissariat a Dar Naim. » Bedredine a noté que les protestations ont eu lieu aussi a Tidjikja ou « le pouvoir en place a usé de la même violence à l’encontre des manifestants. Et face à cette situation « l’UFP exige la libération de tous les détenus, l’arrêt de la répression qui installe un climat extrêmement dangereux, la réintégration des étudiants exclus. »

L’UFP estime que « le gouvernement assume l’entière responsabilité de ces événements mais aussi les conséquences et éventuels dérapages qui pourraient en résulter » L’UFP demande au pouvoir « en lieu et place de la répression destructrice, d’engager un dialogue sérieux avec les étudiants pour trouver solutions à leurs revendications légitimes. »

Khalilou Diagana

Source : http://quotidien-nouakchott.com

 
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