samedi, 23 septembre 2017
 

Mauritanie : Interview de l’UFP

Le Calame : Notre pays vient de célébrer son cinquantenaire. Qu’avez-vous retenu de cet évènement ?

Mohamed Ould Maouloud : Nous sommes heureux de pouvoir célébrer cette fête dans une Mauritanie qui reste unie et en paix, malgré les graves dérapages qui ont failli à plusieurs reprises la précipiter dans l’abîme : tensions et confrontations interethniques en 1966, 1980, 1986-1987, 1989-1990 ; guerre injuste d’annexion du Sahara ; succession de coup d’Etat militaires. Cet anniversaire doit remettre en mémoire la lutte héroïque menée par toute la jeunesse de notre pays de 1968 à 1974 pour que la Mauritanie se débarrasse de la tutelle persistante de la France dans tous les domaines, politique, économique et culturel. Lutte qui a eu gain de cause à travers les grandes réformes engagées au début des années 1970 : création de la monnaie nationale, l’ouguiya, révision des accords avec la France, nationalisation de la Miferma, réforme de l’enseignement dans le sens de la réhabilitation de l’arabe et de toutes les autres langues nationales, l’amnistie générale pour les délits politiques, la réintégration des centaines d’élèves, d’étudiants et de jeunes fonctionnaires renvoyés ou révoqués pour fait de grève. Pour des centaines de jeunes, élèves et étudiants, le sacrifice de plusieurs années de scolarité non seulement, de ce point de vue, n’a pas été inutile, mais dans la plupart des cas, ils réussiront en peu de temps à rattraper l’occasion perdue et à obtenir diplômes et succès dans la vie professionnelle. Cet anniversaire doit être pour nous l’occasion de rendre hommage à cette jeunesse et à Moktar Ould Daddah, le fondateur de la Mauritanie indépendante, qui malgré, leurs rapports conflictuels, ont pu développer une synergie réelle dans le sens de l’enracinement des idées de nation, de souveraineté et d’unité nationale. On ne peut également oublier de saluer la contribution fondatrice des premiers cadres de notre pays. A partir de rien, en cinquante ans, le jeune Etat surgi des sables a quand même fait bien du chemin dans de nombreux domaines. Pourtant, nous continuons à traîner cinq lourds boulets qui gênent considérablement notre marche en avant : l’extension continue de la pauvreté malgré un pays riche de ressources naturelles, la persistance de vestiges du système esclavagiste (pratiques et mentalités), la persistance de méfiance interethnique, le leadership de l’homme providentiel, objet du culte de la personnalité, qui infantilise le peuple et enfin le carriériste politicien qui instrumentalise les mauvais sentiments des foules (« il n’ y a que mon problème ou ma souffrance qui compte », « l’Autre différent de moi est forcément un démon à éviter et si possible à abattre »).

- Les rares téléspectateurs de la TVM ont du relevé la volonté du pouvoir de tronquer l’histoire de notre pays en ne retenant que deux moments : celui du père de l’Indépendance, Moktar Ould Daddah et celui de la Mauritanie Nouvelle, Mohamed Ould Abdel Aziz. Que pense l’historien que vous êtes de ce traitement de l’histoire d’une nation ?

C’est lamentable et puéril. Entre le fondateur de l’Etat indépendant, Moktar Ould Daddah et le président Mohamed Ould Abdel Aziz, la Mauritanie n’est quand même pas tombé dans un coma profond ! Pourquoi ignorer la contribution de la jeunesse patriotique des années 1970 ? Pourquoi passer sous silence les centaines de kilomètres de routes bitumées et autres infrastructures réalisées avant le 6 août 2008 ? Pourquoi laisser croire que la plupart des projets inaugurés à l’occasion du cinquantenaire sont à verser au mérite du pouvoir actuel, alors qu’ils avaient été lancés par ses prédécesseurs. Exemples : le projet Aftout es-Sahli, nappes du Dhar, projets miniers pour ne mentionner que les plus importants. Il est donc regrettable de constater la persistance d’un réflexe propre à tous les régimes autoritaires, qui consiste à déformer l’histoire et en extirper tous les prédécesseurs indésirables. Un tel discours sur le passé n’a vraiment pas grand-chose à avoir avec l’histoire. C’est plutôt de la propagande à l’ancienne qui joue sur l’ignorance des simples gens et prône le culte de la personnalité. Notre pays ne mérite pas, cinquante ans après, de retomber à ce niveau. La sagesse populaire ne recommande-t-elle pas de savoir « lâcher l’âge qui vous lâche ». Pourquoi revenir aux vielles méthodes si l’on prétend construire « une Mauritanie nouvelle » ?

- Dans son discours à la nation, le président de la République a réitéré son appel au dialogue avec l’opposition conformément aux accords de Dakar. A votre avis, qu’est-ce qui empêche le président d’amorcer ce dialogue que la classe politique réclame ? Où se situe le blocage si blocage il y a ?

C’est un discours-bilan. Le président Mohamed Ould Abdel Aziz a le droit de se prévaloir des réalisations de son gouvernement. Il donne l’impression d’avoir de l’ambition pour son pays et de vouloir réparer les injustices du passé. C’est bien. Nous avons noté également avec intérêt son appel au dialogue avec l’opposition, exprimé sans acrimonie ni défi et la COD ne peut que répondre positivement à cette offre qui donne l’occasion enfin de mettre en œuvre un engagement pris par toutes les parties dans l’accord de Dakar en vue de normaliser la scène politique. D’ailleurs notre réaction positive sera publiée avant la parution de votre édition en cours. Par contre, j’exprimerais notre désaccord avec trois approches préconisées dans ce discours. La première concerne la restructuration des quartiers précaires dont j’ai déjà dénoncé l’improvisation et la brutalité, ce qui m’a valu les foudres du pouvoir. Pourquoi abandonner la démarche méthodique qui a déjà fait ses preuves à Sebkha et à El Mina ? Est-il raisonnable de se précipiter et vouloir régler en un tour de main un problème si complexe ? Le citoyen est ainsi contraint, à cause de ces errements, de payer le mètre carré dans les zones populaires à un prix finalement supérieur au mètre carré dans le quartier résidentiel de Tevragh Zeina, si l’on tient compte de toutes les peines endurées et tous les frais engagés pour l’obtenir. Le déclanchement de l’opération en même temps dans tous les quartiers précaires et sa sur-médiatisation à des fins de propagande a provoqué un impressionnant exode rural, de l’ampleur même de celui de la sécheresse des années 1970. Partout à l’intérieur du pays, le tarif du transport a doublé, voire triplé. Champs, commerces, troupeaux ont été abandonnés. N’eût-il pas été plus indiqué de procéder autrement, de satisfaire la demande existante sans en provoquer de nouvelles ? Si on veut réellement en finir avec la « gazra », il faut non seulement fixer des règles nouvelles et claires pour l’accès à la propriété foncière, mais aussi restaurer une politique de l’habitat social qui distribue des logements plutôt que des terrains nus et encourager les populations rurales à rester dans leur terroir. La deuxième réserve concerne la « lutte contre la sédentarisation anarchique ». Pour ne pas avoir à les multiplier l’Etat veut conditionner l’accès aux services sociaux (écoles, dispensaires, forages etc.), par le regroupement des campements et hameaux dans de petites agglomérations urbaines. Je pense qu’en général, l’habitat suit l’activité économique, agricole et pastorale, dont cette approche semble faire abstraction. Ici, on n’a pas affaire à des campements de réfugiés, qu’il vaut mieux regrouper pour réduire les frais d’assistance. La dispersion est plutôt imposée par le mode de vie et l’activité. Si l’Etat tient à réduire les frais des services sociaux dans une zone rurale, il lui est loisible de les concentrer en un lieu donné à portée des différents hameaux ou campements, au lieu d’imposer aux populations le mode de vie urbain. Il est d’ailleurs à craindre que les « nouvelles petites villes » ne deviennent pour les populations ainsi déracinées rien d’autre qu’une étape sur le chemin de l’exode vers les grandes villes et notamment Nouakchott Le troisième reproche est de passer sous silence trois problèmes cruciaux. D’abord l’absence d’une stratégie de protection des jeunes et de lutte contre la consommation et le trafic de drogue à un moment où le fléau s’amplifie charriant dans le même temps flots d’argent facile et criminalité galopante. Autre objection, elle est relative à la situation du secteur de la justice. Nous contestons l’affirmation selon laquelle il est en voie de redressement. Aux dires de tous ses acteurs et notamment le barreau, la situation n’a jamais été pire, il est en déliquescence avancée. Enfin, je suis inquiet d’entendre le Président passer sous silence les graves risques que font peser les nouvelles industries extractives, surtout pétrolières et aurifères sur l’environnement et de ne pas envisager des mesures nécessaires.

- Pour marquer notre cinquantenaire, le pouvoir s’est lancé dans un vaste chantier de construction d’infrastructures. Quelle réflexion cela vous inspire ? A la place du président Mohamed Ould Abdel Aziz, auriez-vous cette priorité à Nouakchott alors que les conditions de vie n’arrêtent de se dégrader ?

On ne peut pas faire grief au pouvoir de construire une route ou une école. Mais on doit critiquer l’absence de vision globale, de plan, de programme d’ensemble dans lequel insérer de telles réalisations. L’improvisation coûte cher, il faut le savoir. On se retrouvera peut-être obligés de reprendre certaines routes mal tracées, mal situées ou mal construites. Il doit y avoir un ordre de priorité ; les réalisations de prestige passant après celles liées à la promotion de la santé, de l’éducation et de la relance de l’activité économique génératrices d’emplois.

- Toujours dans cette logique, on a constaté que l’UFP est le seul parti à dénoncer ou à protester par voie de communiqué contre la flambée des prix des produits de première nécessité et du carburant. Faut-il y voir la démission des autres partis de la COD ?

Non pas du tout. Cette situation ne fait l’objet d’aucune divergence entre les partis de l’opposition. Il est vrai, la COD était bloquée par des divergences internes. Mais je peux vous l’annoncer à présent ces divergences sont aplanies et la COD peut désormais prendre un nouveau départ, grâce à la bonne volonté de tous.

- La constance de la position de l’UFP fait dire aujourd’hui à l’opinion que vous êtes le seul parti d’opposition ; tous les autres sont tentés par le compromis avec le pouvoir. Partagez-vous cet avis ?

Non. Tous les partis de la COD, sauf, « Adil » sont actuellement sur la même longueur d’onde. Ils souhaitent tous un dialogue franc et sérieux fondé sur les engagements pris à Dakar et signé à rappelons-le à Nouakchott, pour l’avènement d’une démocratie apaisée. Mais aucun parti ne croit pouvoir se tirer d’affaire sans le concours des autres.

- Depuis quelque temps, et en absence d’un dialogue véritable, la scène politique nationale est marquée par des signes de rapprochement entre le pouvoir et le RFD et la récente présence de Messaoud Ould Boulkheir, président de l’Assemblée Nationale aux côté du président de la République lors de plusieurs cérémonies a été interprétée comme un geste d’ouverture de celui-ci. Ne craignez-vous pas que ces gestes affaiblissent l’opposition démocratique et à terme sabordent la COD ?

Faire des signes d’ouverture n’affaiblit pas l’opposition, surtout si cela est fait dans l’unité. De surcroît, le Président de l’Assemblée Nationale est une personnalité officielle soumise à des astreintes protocolaires. Ne mélangeons donc pas tout. Quant au RFD, je suppose que la dernière conférence de presse de son président lève toute équivoque à ce sujet.

- Nos forces armées sont engagées depuis des mois dans une guerre contre l’AQMI, dans le territoire malien. Les partis membres de la COD ont eu des appréciations différentes. Même si on enregistre des défections au sein de l’AQMI, la Mauritanie peut-elle, à elle seule, venir à bout de cet ennemi presque insaisissable ?

Bien sûr que non. Notre position sur cette question n’a pas changé. C’est celle de toute la COD actuellement. Notre pays doit adopter une stratégie défensive qui se concentre sur la sécurisation de notre territoire et la protection de nos populations et de nos hôtes étrangers. Quant à la pacification du nord du Mali, elle est de la responsabilité de l’Etat malien. La coopération régionale est nécessaire pour surmonter ce problème dont la dimension sécuritaire n’est pas la plus déterminante. Il faut s’attaquer aux causes politiques, sociales, culturelles de ce phénomène pour en venir réellement à bout.

- Dans son discours à la nation, le chef de l’Etat a révélé l’édification d’une nouvelle ville au nord de Nouakchott. Que vous inspire cette idée venue d’un président se voulant le président des pauvres ? Avons-nous besoin d’un Tevragh Zeina-bis ?

.Je ne sais rien sur ce projet révélé à la dernière minute. Mais à mon avis, la politique du pouvoir manque de cohérence et de justice en matière de gestion du patrimoine foncier. A El Hay Saken, certains ont été expropriés manu militari malgré leurs titres fonciers comme pour signifier qu’il y a pénurie d’espace et qu’il n’est plus désormais permis d’avoir de grandes concessions. Mais dans le même temps, de très grands terrains sont attribués ou maintenus au bénéfice d’autres dans les zones convoitées notamment en bordure de la ceinture verte et le long de la route de Nouadhibou. Ces vastes espaces ne sont bien souvent pas destinés à des projets d’intérêts économique ou social réels mais plutôt à enrichir davantage par la spéculation foncière ceux qui sont déjà suffisamment riches. Le ménage annoncé il y a quelques mois sur ce plan tarde fort à se manifester.

- Toujours dans son discours à la nation, le président de la République a réitéré sa volonté d’éradiquer la gabegie et la corruption, une croisade louable même si on peut ne pas partager la manière. N’avez-vous l’impression que cette croisade s’est essoufflée depuis plusieurs mois ?

La lutte contre la gabegie est une cause nationale. Et elle ne peut réussir que sur la base d’un consensus national, loin de toute instrumentalisation. Or elle ne s’est pas encore engagée sur cette voie, c’est pourquoi elle s’essouffle Discutons-en donc dans le cadre du dialogue envisagé si le pouvoir est réellement engagé à combattre ce fléau. Que la Cour des comptes et l’IGE soient libérées de toutes entraves et interférences et qu’il n’y ait plus deux poids, deux mesures dans le traitement des dossiers. L’objectif ne doit pas être de remplir les prisons mais d’instaurer durablement des règles de nature à assainir et à moraliser la gestion des biens publics.

- Dans une récente déclaration, le nouveau commissaire aux droits de l’homme de retour de mission à l’étranger a affirmé que le passif humanitaire est derrière nous alors que jusqu’ici, un seul volet a été entamé (indemnisation des ayant-droits des victimes) ? Partagez-vous son avis ?

Le Président Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi a courageusement lancé le processus de règlement du passif humanitaire. Mais cela n’aurait pas été possible sans le vaste consensus national laborieusement construit 17 ans durant par les forces vives du pays. Heureusement, les nouvelles autorités n’ont pas remis en cause l’option prise. Mais elle se ressent de l’improvisation et de leur style autoritaire. Ce qui explique la persistance de problèmes non réglés, de frustrations et d’insatisfaction chez les victimes et les ayants-droits. Il s’agit donc de continuer à approfondir et à préserver le consensus national sur cette question pour aller plus avant dans son règlement.

- Dans une récente déclaration, le vice président de l’UPR a exprimé le souhait de voir le parlement voter une loi réaménageant les conditions de création de partis politiques. Qu’en pensez-vous ?

Si un réaménagement est nécessaire à la normalisation et à l’assainissement de la scène politique, c’est bien celui d’en finir avec l’anomalie du parti-Etat. Il n’est pas normal de rééditer l’expérience du monstrueux PRDS, de caporaliser les fonctionnaires et de ramener la politique à 20 ans en arrière. La réforme démocratique la plus impérieuse serait notamment d’imposer dans ce sens une obligation de réserve à tous les hauts fonctionnaires de l’Etat et du secteur public et de restaurer les critères professionnels comme base pour le recrutement, la promotion ou la sanction.

- Lors de sa dernière conférence de presse, le président du RFD a demandé la révision des contrats de partage avec les sociétés minières et pétrolières opérant en Mauritanie. Estes-vous de son avis ?

Je pense qu’il faut différer l’exploitation du pétrole off-shore, jusqu’à ce que les conditions de protection de l’environnement soient mieux maîtrisées. Nous avons l’on-shore de Taoudenni, ne brûlons pas toutes nos cartes en même temps, laissons quelque chose en réserve. Quand aux sociétés de l’or de Tasiast et d’Akjoujt, elles me rappellent le pillage du minerai de fer par la Miferma au début des années 1960. A l’époque, l’Etat était au moins propriétaire de 5%. Par contre, dans le cas de ces sociétés, notre part atteint à peine 3%. Il n’est pas acceptable même aux termes des conventions actuelles que la hausse exceptionnelle du prix de l’or continue de profiter uniquement aux seules sociétés étrangères qui, de surcroît, ne consentent que le minimum pour protéger l’environnement de leurs déchets particulièrement dangereux. D’ailleurs, aucun contrôle sérieux ne s’exerce sur elles. Elles exportent comme bon leur semble et déclarent ce qu’elles veulent. A Tasiast l’or est expédié par avion à l’étranger, à partir du site même de l’usine, loin de tous les regards ? La renégociation avec ces sociétés s’impose dans l’intérêt même des deux parties.

Propos recueillis par Dalay Lam

Source : http://www.lecalame.mr/

 
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