samedi, 24 juin 2017
 

Claude MANGIN-ASFARI empêchée d’entrer sur le territoire marocain

Depuis hier soir 5 février, Claude Mangin-Asfari est bloquée à l’aéroport de Casablanca où elle est arrivée vers 18 h. On lui a pris son passeport, et signifié qu’elle n’avait pas le droit d’entrer au Maroc. Elle ne peut accéder à sa valise, car on veut l’inciter à remonter de suite dans l’avion. Mais elle refuse.

En effet, elle est l’épouse de Naâma Asfari, un militant sahraoui incarcéré depuis plus de 6 ans près de Rabat, condamné à 30 ans de prison par un tribunal militaire en 2013, et dont le procès – et celui de ses 23 co-accusés – a été cassé le 27 juillet dernier pour absence de preuves. Depuis 6 ans, elle est venue régulièrement visiter son mari à la prison, sans problème jusqu’à octobre 2016 : c’est un droit, un droit qui relève de la simple humanité.

Il faut dire que Naâma Asfari, arrêté en 2010 dans le cadre du démantèlement du camp de protestation pacifique de Gdeim Izik, a porté plainte pour torture auprès de la justice française et du Comité des Nations Unies contre la torture (CAT). Le 12 décembre 2016, ce dernier a dénoncé le Maroc pour avoir pratiqué la torture sur Naâma Asfari, et pour n’avoir procédé à aucune vérification des allégations de torture qu’il a énoncées. Il l’invite à faire une enquête approfondie et impartiale sur ces allégations, et lui recommande fortement de s’abstenir de « tout acte de pression, d’intimidation ou de représailles susceptibles de nuire à l’intégrité physique et morale du plaignant et de sa famille ».

Qu’est-ce que cette interdiction faite à Claude Mangin-Asfari de visiter son mari, sinon des représailles ?

A l’heure où les autorités marocaines organisent un procès en appel qui se veut transparent pour les 24 accusés sahraouis de Gdeim Izik (1ere audience le 26 décembre, seconde audience les 23-24 et 25 janvier, 3eme audience devant s’ouvrir le 13 mars), cette attitude dénote une incapacité chronique à respecter le droit, international en particulier. On peut vraiment s’inquiéter de la manière dont sera menée la prochaine audience du 13 mars, contre 21 prisonniers dont le procès cassé devrait avoir conduit à une mise en liberté, comme l’ont demandé Amnesty International et d’autres organisations internationales de défense des droits de l’homme.

En attendant, Claude Mangin-Asfari n’est pas disposée à se laisser faire. Elle réclame son droit, celui de visiter son mari. Et l’on veut espérer que les autorités françaises inciteront le Maroc à s’y conformer.

 
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