lundi, 25 mars 2019
 

Victoire de l’insurrection populaire contre la dictature de Ben Ali : Bravo, Admirable peuple de tunisie !

English version below

En moins d’un mois de soulèvement populaire et au prix de luttes héroïques, le peuple tunisien a mis fin à des décennies de pouvoir autocratique. Ce régime policier et dictatorial, incarné depuis plus de vingt ans par le président BEN ALI tuait, emprisonnait, brutalisait, bâillonnait le peuple, les démocrates, les révolutionnaires. Pendant ce temps, ce régime bénéficiait d’une bonne presse dans les milieux gouvernementaux américains et européens, dans les milieux de la haute finance internationale, en un mot dans les milieux impérialistes. Ce régime était également cité en exemple par des dirigeants de chez nous. Laurent Dona FOLOGO, actuel président du conseil économique et social, successivement publiciste des régimes Houphouët-Boigny, Bédié, Gbagbo n’a jamais tarit d’éloges à l’endroit de ce régime.

Une petite chronologie permet de voir comment un peuple lorsqu’il décide de prendre son destin en mains peut venir à bout des régimes réactionnaires les plus « solides ». C’est à partir du 17 décembre 2010 qu’éclata une révolte populaire contre le chômage, l’exclusion, la pauvreté, la vie chère, l’exploitation éhontée, la corruption, l’injustice et la tyrannie. La révolte a été accélérée par l’immolation par le feu d’un jeune diplômé chômeur excédé par le cynisme du régime BEN ALI. Rappelons que les protestations populaires étaient parties de la ville de Sidi-Bouzid pour s’étendre à toutes les régions du pays.

Comme à son habitude, le régime policier et dictatorial n’a eu qu’une seule réponse : la répression. Des tirs à balles réelles sur des manifestants aux mains nues, ont fait de nombreux morts au fil des jours. Des leaders de partis politiques démocratiques et révolutionnaires ont été arrêtés. Ce fut le cas de notre camarade Hama HAMMAMI, porte parole du Parti Communiste des Ouvriers de Tunisie. Le régime qui escomptait étouffer le mouvement de protestation par la répression s’est rapidement trouvé confronté à son extension et à son approfondissement. Les manifestants ont transformé leurs revendications de caractère social au départ en exigences politiques, exigences pour les libertés jusqu’à la revendication du départ de BEN ALI identifié comme l’origine des souffrances du peuple tunisien. A partir de là, les promesses démagogiques de BEN ALI ont été toutes rejetées les unes après les autres. Les promesses de quitter le pouvoir en 2014, de ne plus autoriser les tirs à balles réelles, d’organiser des élections anticipées, de procéder à un remaniement ministériel, etc., ont toutes été vigoureusement rejetées. BEN ALI n’a eu alors d’autre choix que de prendre la fuite. Le peuple tunisien venait ainsi de faire sa révolution. Le Parti Communiste Révolutionnaire de Côte d’Ivoire dit bravo au peuple tunisien.

Cette victoire du peuple tunisien a, en effet, valeur d’exemple pour le peuple ivoirien en butte depuis de longues années à un régime de même nature, maffieux, répressif, spécialiste des exécutions sommaires et extrajudiciaires. Le régime Gbagbo a plongé notre pays dans une phase aiguë de la crise du système néocolonial depuis une dizaine d’années. Ce régime a toujours claironné que la seule expression de la volonté populaire qui vaille est celle se réalisant par la voie des urnes. Son candidat vient de perdre de façon claire et nette l’élection présidentielle du 28 novembre 2010, mais celui-ci refuse de céder le pouvoir préférant exposer le pays à un rebondissement de la guerre civile réactionnaire déclenchée en 2002. Par la magistrale leçon qu’il vient d’administrer, le peuple tunisien nous montre la voie : le bulletin de vote n’est pas le seul moyen démocratique ; l’insurrection populaire en est un autre. Il appartient au peuple ivoirien d’en tirer toutes les leçons lui permettant d’enrichir sa propre expérience pour se débarrasser de ses oppresseurs.

Fait à Abidjan, le 19 janvier 2011.

Le Parti Communiste Révolutionnaire de Côte d’Ivoire

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VICTORY OF THE PEOPLE’S UPRISING AGAINST THE DICTATORSHIP OF BEN ALI : BRAVO, ADMIRABLE PEOPLE IN TUNISIA !

In less than one month’s popular uprising and the price of heroic struggle, the people of Tunisia brought an end to decades of autocratic rule. This police state and dictatorship, played for over twenty years by President Ben Ali, killed, imprisoned, assaulted, gagged people, democrats, revolutionaries. Meanwhile, the regime had a good press in the U.S. and European government circles, in circles of international high finance, in a word in the imperialist circles. This scheme was also cited by leaders here. Laurent Dona FOLOGO, current president of the Economic and Social Council, publicist successive regimes Houphouet-Boigny, Bedie, Gbagbo has never dried up praise to the place of this regime.

A little chronology shows how a people deciding to take its destiny can overcome the most reactionary regimes "solid." It is from the December 17, 2010 a popular revolt broke out against unemployment, exclusion, poverty, cost of living, the shameless exploitation, corruption, injustice and tyranny. The revolt was precipitated by the self-immolation of a young graduate unemployed exceeded by the cynicism of the Ben Ali regime. Remember that popular protests were part of the city of Sidi Bouzid to extend to all parts of the country.

As usual, the police state and dictatorship has been only one answer : the repression. Firing live ammunition on unarmed demonstrators, have caused many deaths throughout the day. Leaders of political parties and democratic revolutionaries were arrested. This was the case of our comrade Hama Hammami, spokesperson of the Communist Workers Party of Tunisia. The regime expected to stifle protest by repression was quickly confronted with its extension and deepening. Protesters turned their claims initially in social policy requirements, requirements for the claim to liberties from BEN ALI identified as the source of the suffering of the Tunisian people. From there, the demagogic promises of BEN ALI were all rejected one after the other. Promises to relinquish power in 2014 not to allow the firing real bullets, to organize elections, to conduct a reshuffle, etc.. Have all been vigorously denied. BEN ALI had no other choice than to flee. The Tunisian people came together to make his revolution. The Revolutionary Communist Party of Côte d’Ivoire says bravo to the Tunisian people.

The victory of the Tunisian people, in fact, an example for the Ivorian people to confront for many years to a regime similar, mafia, law enforcement, expert summary and extrajudicial executions. Gbagbo regime has plunged our country into an acute phase of the crisis of neo-colonial past ten years. This regime has always trumpeted that the only expression of popular will of real value is being realized through the ballot box. His candidate has lost a clear-cut presidential election of 28 November 2010, but he refused to cede power preferring expose the country to rebound reactionary civil war broke out in 2002. By the masterly lesson he has to administer the Tunisian people show us the way : the ballot is not the only democratic popular uprising is another. It is for the Ivorian people to draw all the lessons it can enrich their own experience to get rid of their oppressors.

Done at Abidjan, January 19, 2011.

The Revolutionary Communist Party of Côte d’Ivoire

 
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