mardi, 20 août 2019
 

50ème anniversaire de la mort de FANON, l’homme intégral

Fanon était-il Français, Martiniquais ou Algérien ? Certainement les trois à la fois et même plus que ça d’ailleurs. Fanon n’avait pas de patrie ou alors sa patrie était celle de tous les damnés et les opprimés de la terre. Il avait choisi d’être Algérien pour se battre contre la colonisation et les injustices qui en émanaient mais il aurait tout aussi bien été Congolais s’il avait été témoin sur place de l’injustice coloniale au Congo ou encore Indochinois. L’auteur de « peau noire, masque blanc (1952) », « L’an V de la révolution algérienne (1959) », « Les damnés de la terre (1961) », « Pour la révolution africaine (publié en 1964) » était avant tout un homme d’action, un homme de dépassement, un sans patrie bref un homme au sens le plus global de ce terme, un homme intégral.

La France lui en voudra jusqu’à l’effacer complètement des manuels scolaires tandis que les Martiniquais semblent avoir du mal à comprendre ce qui a poussé cet homme du pays à épouser la cause algérienne, la cause des Arabes. Les Algériens quant à eux n’ont pas oublié le rédacteur en chef de leur journal Al Moudjahid et un de leurs représentants au congrès panafricain d’Accra (Ghana) en 1959 avant d’être ambassadeur du Gouvernement provisoire de la République algérienne en 1960. Et ils lui ont rendu hommage à l’occasion des 50 ans de sa mort à Alger tandis qu’Abdel Kader Benarab[i] vient de publier un livre hommage à Fanon qu’il considère comme un visionnaire surtout à l’aune des révolutions arabes actuelles.

Atypique, en avance sur son temps, Fanon, qui est mort à 36 ans (en 1961) avant d’avoir vu l’Indépendance de son pays d’adoption l’Algérie, a passé les derniers moments de sa vie à écrire la bible des peuples colonisés, l’Évangile des damnés de ce monde[ii]. Revisité aujourd’hui par les Américains mais aussi les Indiens, Fanon n’a pas fini de nous parler. Les Africains aussi ont fait de Fanon un des leurs depuis longtemps et son oeuvre ne cesse d’influencer le combat anti colonial qui ne s’est en réalité jamais arrêté. Son combat si juste est un combat universel pour tous ceux qui souffrent à cause de l’Impérialisme et de la raison du plus fort. Fanon serait-il Palestinien aujourd’hui ? Très certainement car le combat de sa si courte vie ne s’arrête pas puisque Frantz Fanon inspire tous ceux dans ce monde ne supportent pas le capitalisme et l’injustice et qui bien sûr comme le disait si bien Frantz Fanon, ont choisi comme lui leur camp, celui des opprimés de ce monde.

Moulzo

[i] Il est directeur de la collection Voix exilées aux éditions Gnosis-Editions de France, depuis 2010. Docteur en littérature française à la Sorbonne.

[ii]Les damnés de la terre, La découverte, 1961.

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