lundi, 22 juillet 2019
 

A propos de l’initiative du 28 septembre d’Afro manif

Le soutien ostensible du gouvernement Sarkozy aux dictatures africaines du pré carré français qui s’opposent violement aux exigences de démocratie des populations, alimente une colère croissante et légitime tant à l’intérieur qu’a l’extérieur de l’Afrique.

Nous sommes d’accord avec l’idée que la France, depuis les indépendances africaines est un obstacle au développement politique et économique des pays africains.

Aussi le NPA, à travers Afriques en Lutte, soutient l’ensemble des mobilisations contre l’impérialisme français même si parfois nous ne partageons pas totalement les appels. C’est le cas des deux communiqués pour la manifestation du 28 septembre publiés dans notre site.

En effet, il est écrit : « aux génocides orchestrés par la Françafrique »

Nous considérons que c’est faux pour deux raisons. D’abord « génocides » au pluriel, sauf si on intègre l’esclavagisme, ce qui ne semble pas être le cas ici puisque l’on parle de Françafrique. Il n’existe qu’un seul génocide, c’est celui de 1994 au Rwanda. Ensuite, il est faux de dire que c’est la France qui a orchestré le génocide. Elle s’est rendue coupable de complicité avec les génocidaires, inutile d’en rajouter sur un acte qui est d’une extrême gravité.

Concernant l’allusion à Obama : « Prenant également note des encouragements de Barack Obama au mois d’août 2010 demandant aux Africains, particulièrement la jeunesse africaine, de prendre ses responsabilités devant l’histoire pour la liberté, la démocratie et le progrès. »

Nous considérons la formule pour le moins malheureuse. En effet, le gouvernement Obama est un des piliers de la politique du FMI de la Banque mondiale qui affame les peuples. L’administration de Washington est partie prenante de la guerre en Somalie dont les principales victimes sont les populations civiles, enfin la chancellerie américaine soutient des gouvernements kenyan, ougandais, rwandais etc. qui ne sont pas, loin s’en faut, des modèles de démocratie et de transparence.

Dans le second communiqué, si l’idée de la lutte contre la Françafrique est totalement partagée, certaines propositions ne peuvent trouver notre accord. C’est le cas notamment lorsqu’il est mentionné : « s’attacheront à promouvoir d’autres partenariats économiques plus équitables (Amérique, Chine, Inde, Brésil, Afrique du Sud, etc.) ». Doit on rappeler que les entreprises extractives de ces pays là ne sont pas connues pour leur philanthropie ? Elles pillent aussi le continent africain, et l’importance grandissante de la Chine n’a rien changé dans la situation sociale des populations africaines.

La France et les autres puissances impérialistes sont toutes d’accord sur un point : faire de l’Afrique une réserve où les puissances impérialistes peuvent se ravitailler en matière première pour alimenter leur économie et générer leur profits. C’est précisément sur cette division internationale du travail que les anti-impérialistes doivent se battre, et non favoriser un impérialisme contre un autre, comme semble le proposer le second communiqué : « (…) promotion du détachement des pays africains de la France et du français en faveur de l’anglais et des sphères culturelles et économiques anglophones »

Mais les désaccords que nous avons brièvement mentionnés n’empêchent nullement notre organisation d’être partie prenante de cette initiative qui a le mérite de coordonner à l’échelle planétaire la lutte contre l’impérialisme français en Afrique.

Paul Martial

 
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