lundi, 10 décembre 2018
 

Bulletin Afriques en lutte septembre- octobre 2009

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Edito : Grands sommets et méchantes combines

Les dirigeant-e-s des grandes puissances aiment se rencontrer en grands sommets, pour donner l’apparence de travailler à résoudre les problèmes du monde. En règle générale, il s’agit surtout de résoudre leurs propres problèmes, et certainement pas ceux des peuples. Pour preuve : le dernier sommet du G20 réuni à Pittsburgh, aux États-Unis, qui était censé prendre de « grandes mesures », sur fond de crise financière. Au final, aucun plafonnement des profits ni même des « bonus » des traders et autres managers de la finance n’a été adopté. La seule maigre concession accordée réside dans le « conditionnement » du versement des fameux bonus en fonction des profits des entreprises, et non pas des pertes. Ce qui revient en fait à stimuler encore plus l’agressivité des grands groupes financiers ! Et ce n’est pas l’annonce du remplacement du G8 par le G20 qui rendra plus crédibles les tentatives de faire croire à une meilleure « gouvernance » mondiale. Le cercle des bandits ne fait que s’agrandir un peu plus !

Du coup, comparées aux oripeaux dont tentent de se draper certain-e-s, d’autres grandes rencontres internationales peuvent avoir des allures plus sympathiques. Ainsi, le sommet « Amérique du Sud - Afrique » qui a eu lieu en septembre dernier au Venezuela et dont le principal objectif proclamé était le renforcement de la coopération Sud-Sud. Hugo Chavez y aura notamment annoncé la mise à disposition de plusieurs pays des recettes pétrolières du Venezuela et le renforcement de la coopération énergétique entre les deux continents.

D’autres propositions sont pourtant bien moins à l’avenant, comme celle de Lula, le président brésilien, de renforcer la position économique des pays africains « en leur ouvrant davantage les marchés (agricoles) des pays du Nord ». En clair, ça signifie surtout l’ouverture de milliers de km² de terres africaines à des monocultures intensives exclusivement destinées à l’exportation, comme au Brésil avec le soja et les «  agrocarburants ». Alors qu’elle subit de plein fouet les multiples crises alimentaire, énergétique et écologique, ce dont l’Afrique a le plus besoin aujourd’hui ce n’est pas de produire le nec plus ultra en matière d’OGM ou de fournir l’huile de colza qui fera fonctionner les voitures polluantes des grandes métropoles occidentales. Elle a besoin d’autosuffisance alimentaire et d’une véritable coopération, scientifique et technologique, qui permette le développement d’industries socialement utiles et écologiquement compatibles !

A Copenhague, du 7 au 18 décembre prochains, les « maître-sse-s du monde » se réuniront donc encore une fois, pour discourir sur la catastrophe climatique qui menace la Terre et ses habitant-e-s. En fait, il s’agira surtout de promouvoir un nouveau capitalisme « vert », à travers des solutions aussi peu écologiques que le marché de « droits à polluer » ou le développement de l’énergie nucléaire. Ca permettra certainement d’enrichir quelques privilégié-e-s, mais certainement pas de résoudre les graves problèmes écologiques, économiques, démographiques et sociaux auxquels fait face la majorité de la population, au Nord comme au Sud. C’est pourquoi, nous serons de celles et de ceux qui (se) mobiliseront à l’occasion du contresommet organisé également début décembre à Copenhague.

Comme nous sommes aux côtés de celles et ceux qui se battent pour la démocratie et la justice, de la Tunisie à la Guinée, de l’Égypte au Niger, de la Kanaky à la rue Baudelique, farouches et fièr-e-s bouts de bois de Dieu...

Bertold de Ryon et Kohou Mbwelili

 
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